‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 262 sur 277 · TREMBLEMENTS S · texte numérisé non relu

TREMBLEMENTS S

plectiformes, de troubles oculaires et de nystagmus, d'exagérations des réflexes et quelquefois de paralysie spasmodique, de lenteur et de scansion de la parole.

b) On conclura au tremblement héréditaire (hérédité similaire ou névropathique), quand le tremblement est nul à Tétat de repos complet, à oscillations rapides, se développant à l'occasion des mouvements, mais ne s'exagérant pas au cours de leur exécution, occupant surtout les membres supérieurs, les paupières, les lèvres, la face, et a débuté lentement dans l'enfance ou à l'âge adulte. Il existe parfois légèrement à l'état de repos.

c) Les tremblements toxiques (alcool, café, thé, plomb, mercure, etc.), sont rémittents et intentionnels, de rythme moyen, peu marqués ou absents au repos ; une enqXiête commémorative rapide asso-ra à l'ordinaire le diagnostic. Ce sont de beaucoup les plus fréquents de tous les tremblements.

B. Les tremblements au repos (statiques) sont peu ou pas influencés par les mouvements volontaires.

a) Ce type de tremblement est réalisé sous sa forme la plus caractéristique par la maladie de Parkinson. Contrairement au précédent, il est permanent pendant le repos et cesse (au moins au début de la maladie) pendant l'exécution des mouvements volontaires. C'est un tremblement lent, quatre à cinq oscillations à la seconde, de faible amplitude, coordonné, simulant l'exécution infiniment répétée de mouvements volontaires (roulage de pilules, dévidage de fil, émiettement de pain, masturbation, etc., etc.).

Il prédomine aux membres supérieurs, le cou et la tête étant relativement indemnes. Il s'accompagne d'une rigidité musculaire particulière, d'une lenteur de mise en train, qui donnent à la marche une allure lente et scandée tout à fait spéciale. A noter une sensation subjective de chaleur et un besoin maladif de locomotion.

Grasset attire l'attention sur deux régions anatomiques fréquemment trouvées altérées :

1° Région de la myélite péri-épendymaire (avec oblitération du canal central) ;

2° Centres bulbo-protubérantiels automatiques et région capsulothalamique.

b) Le plus fréquent de ces tremblements est peut-être le tremblement SÉNILE, qui, par définition môme, frappe surtout des sujets âgés, est d'un rythme relativement lent et, frappant surtout la tête et le cou, donne au tremblement l'allure si originale d'une afiirmation sans trêve ou d'une négation continue (tremblements d' « affirmation » ou de « négation »).

c) La MALADIE deBasedow. — Ici le tremblement est de rythme rapide. Il coïncide à l'ordinaire avec la triade symptomatique : tachycardie, goitre, exophtalmie. La triade peut manquer ou être fruste ; dans ce cas on recherchera les autres signes d'hyperthyroïdie (tachycardie,

tremblement, hyperidrose, exagération des réflexes, flux diarrhéique).

d) Tumeurs du pédoncule. — Dans les tumeurs du pédoncule, le tremblement présente les caractères du tremblement parkinsonien, mais le plus souvent le tremblement est unilatéral.

e) Le TREMBLEMENT POST-HÉMIPLÉGIQUE scra suflisammcnt caractérisé par les antécédents hémiplégiques et l'exagération des réflexes.

/) Le TREMBLEMENT DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE PROGRESSIVE CSt de

rythme rapide; il s'accompagne d'un embarras spécial de la parole, de troubles pupillaires (signe d'Argyll Robertson), d'altérations particulières et caractéristiques de l'intelligence.

in. Tremblement hystérique. — Une place à part doit être faite aux iremblemenls hystériques. Ils ne rentrent dans aucune des catégories susdécrites. Leurs différentes modalités imitent en effet à s'y méprendre la plupart des autres tremblements. Comment donc les différencier des divers tremblements et plus particulièrement des tremblements toxiques, basedowiens, parkinsoniens, etc., etc.? Le problème est souvent d'autant plus délicat que l'hystérie est fréquemment associée aux intoxications et aux névroses les plus diverses.

Dans l'ensemble le diagnostic se basera sur deux séries de symptômes :

Les premiers positifs: début brusque, à la suite d'attaques convulsives, chez un sujet porteur de stigmates sensitivo-sensoriels, modification possible de la modalité des tremblements, action curative de la suggestion.

Les autres négatifs: absence des signes habituels de l'hyperthyroîdie, de la sclérose, de l'exagération des réflexes, etc., etc.

Dans la pratique, la fréquence relative des divers treml^leinents nous paraît être la suivante :

Tremblements toxiques (alcool, thé, café).

Tremblements basedowiens.

Tremblements névrosiques, hystériques.

Tremblements séniles.

Tremblements héréditaires.

Tremblements parkinsoniens.

Tremblements sclérosiques (sclérose en plaques).

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