II. - AURICULAIRES
Vkrtige de Ménièrk. — Vkrti(;k labyrinthiquk (1).
{Par le />'' G. LAU1{H.\S),
Oi K FATT-iL FNTi:NDRr: PAR i.K vkrti(;k DE l'oreille? — Très simplement ceci. Vous savez (ju'uue partie de l'oreille interne sert à V audition, l'autre à Véquilibration, c'est-à-dir(^ à l'orientation de la tête, qui joue
(I) l'iXlrait de Lalhkns, loc cil., p. 13"2 et suiv.
VERTIGES
un grand rôle dans l'équilibre du corps. Ces deux parties sont indépendantes :
La lésion de l'une entraîne la surdité et les bourdonnements ;
La lésion de l'autre, des vertiges.
Qu'est-ce que la maladie de Méniêre? — Il y a près de cinquante ans, Ménière a décrit une maladie caractérisée par les trois symptômes suivants: vertiges^ surdité^ bourdonnements^ et, à l'autopsie des rares malades qui servirent de base à son mémoire, il constata une hémorragie de l'oreille interne. Donc, un tout petit nombre de faits a servi à la description de cette maladie.
tcorce cérébraU
Depuis, on a généralisé, et, chaque fois qu'un malade présente des vertiges auriculaires, on dit qu'il est atteint de la maladie de Ménière. -C'est une erreur, car, si le symptôme est le même, la lésion est différente et il est bon de savoir que toute lésion de Voreitte (externe, moyenne, interne, conduit auditif, tympan, caisse,... c'est-à-dire vulgaire bouchon de cérumen, otite suppurée) est susceptible de provoquer du vertige avec surdité et bourdonnements.
Et cela s'explique par l'irri- p.^ .^^ 5^^^^^^ ^^ ^^.tige de l'oreille. tation du labyrinthe. Suppo- ,, .„ . ^
, , , , Deux zones dans 1 oreille interne :
sez un bouchon de cérumen ^^ La zoae auditive, répondant au limaçon,
au contact du tympan, qui commandée par le nerf cochléaire ;
refoule ce dernier, ainsi que ,^' \^ f^'^^ de V équilibre, du sens de l'espace.
^ répondant au vestibule et aux canaux semi-circula chaîne des osselets : il en laires, et commandée par le nerf veslibulaire.
résulte une irritation du labyrinthe ; de même, quand il y a augmentation de la tension du liquide labyrinthique par le pus d'une otite ; quand il y a anémie, congestion, infection de l'oreille interne dans certaines maladies générales, par des intoxications médicamenteuses (quinine, salicylate de soude).
Pour conclure :
10 Le nom de maladie de Ménière doit être uniquement réservé aux vertiges déterminés anatomiquement par une hémorragie labyrinthique. Cette maladie est très rare ;
2° Il y a un syndrome de Ménière, ou plus communément des vertiges auriculaires, quand il y a une irritation du labyrinthe, quelle qu'en soit la cause.
Comment reconnaître un vertige auriculaire?
10 Par les troubles accusés par le malade ; 2° Par rexamen otoscopique.
10 Par les troubles accusés par le malade.
a) Tantôt, il vous racontera qu'au cours d'une bonne santé, sans cause appréciable, il a perçu une sorte de détonation, de bruit intense dans l'oreille. En même temps, boiirdonnenienis, vertiges, parfois chute à terre, avec ou sans nausées et vomissemenls. La crise dure de quelques minutes
à quelques heures ; dès qu'elle est terminée, le malade s'aperçoit qu'il est 3.....VV^> // /V sourd. Cette grande crise aiguë se ré-
pète parfois, très aiténuée.
Voilà UN CAS TYPE DE MALADIE DE MÉNIÈRE.
b) Tantôt, le sujet est un individu bien portant chez lequel les troubles vertigineux apparaissent sans la moindre cause, — et le cas est fréquent, — ^. „«^ ^ , .. parfois c'est un sourd, atteint de sclé-
Fig. 782. — Les causes du vcrligre ^ ... ,, ...
auriculaire. rose auriculaire, d une otite suppurée
,, â M lA. A !<. • aiguë ou chroniaue, ou encore, dans le
IlpeutcHre clétcrnnné : par une k^sion " o "- vi.ix^***v^i*v/, ^^ y. xv.v*vy, vm«iwo
de l'oreille externe (1) (corps étranger, cours d'uiic maladie générale infec-
cérumen au contact du tympan, etc.) : tiousc, quelquefois à la suite d'absorp- — par une otite luovenne ('2) ; - par ,. , ... . / • • i-
une 1.6morraRie labyiinlhiciue (.iialnclio f''"" ^0 medu-anients (quinine, sallCV-
d« Ménièrc) (.'!) ou par iuioiiiio, coiiiro- laie), il a été pris des mêmes sym-
tion,sup|.>,raiiun <iu laby.intiu' iniuM- ptônies précédents, c'est-à-dire :
calions nïeuicaiiK'iitcust's : inar.Hlirs «rc- ' *
néralos, infect itMi^e^^. C'est le vorlii:e Vertiges, provoquant la titubatioiu
auriculaire banal. ne disparaissant pas dans la position
couchée ou [)ar la fermeture des yeux^ entraînant le sujet du côté de l'oreille malade, durant quelques heures ; parfois déterminant un état de malaise, vertigineux, continu ; bourdonnements aigus, sifïlcmonts intenses; surdité de plus en plus accentuée. Cet cnscniblc est complété parfois j)ar des vomissements bilieux, apparaissant spontanément, sans le moindre cfTort, qui vous feront dire dyspepsie !
Voilà le vertige auriculaire banal. Il faut s'en assurer :
2^ Par l'kxamkn OTOscopiguE.
Vous verrez quelquefois un bouchon de cérumen, parfois une otite, dans d'autres cas enfin un tympan absolument normal : c'est que le vertige est d'origine labyrinthique.
VERTIGES 891