EXAMEN MICROSCOPIQUE ET SPECTROSCOPIQUE RAPPORT
Vhgdrurimélrie diurne el nocturne procure aussi des renseignements extrêmement précieux. Elle consiste à recueillir séparément les urines de douze heures de jour, 9 heures du matin à 9 heures du soir par exemple, et de douze heures de nuit, 9 heures du soir à 9 heures du matin. Les précisions ci-dessus mentionnées sont exactement applicables à cette observation comme à toutes celles qui vont suivre.
Il peut être parfois extrêmement intéressant enfin d'apprécier Vhydrurimélrie horaire^ c*est-à-dire le débit extemporané hydrurique limité à une période relativement courte, une à trois heures par exemple. Il conviendra simplement de faire vider avec soin la vessie, de noter l'heure au moyen d'un chronomètre et de recueillir l'urine après une période très précisément notée d'une demi-heure à une heure. On ramènera par un calcul élémentaire Thydrurimétrie à une heure ou à vingtquatre heures suivant la norme qu'on aura adoptée. Mais ici, abstraction faite des sujets à vessie parfaitement normale et non spasmodiques, il conviendra, pour obtenir des résultats un peu rigoureux, de vider la vessie par sondage. Le débit urinaire étant approximativement, chez un sujet normal et normalement alimenté, de 1 centimètre cube à la minute, on conçoit que. pour une période de temps si limitée, il suffît d'une différence d'évacuation de quelques centimètres cubes pour introduire dans les calculs une erreur grossière.
Ces observations hydrurimélriques spontanées seront particulièrement intéressantes si l'on est en état de leur juxtaposer le bilan approximatif de l'eau ingérée (eau des boissons, eau de constitution des aliments). Ce bilan sera d'autant plus démonstratif pour la pratique qu'il sera recueilli dans des conditions d'alimentation normale.
Un homme normal de taille et de poids moyens, soumis à l'alimenta tien moyenne de nos climats, élimine environ 1^,500 d'urine dans les vingtquatre heures ; les femmes un peu moins ; les enfants au-dessous de quinze ans moins encore. La sécrétion urinaire est plus abondante pendant le jour que pendant la nuit. Toute exception à ces règles constitue une anomalie.
Chez un sujet normal, en bonne santé, l'émission quotidienne peut être accrue : a) par une absorption excessive de nourriture ou de liquide ; b) par le froid qui diminue la sécrétion sudorifique (polyurie hivernale). Les conditions contraires provoquent la réduction (oligurie estivale).
Chez les sujets malades, une augmentation de la quantité d^urine normale peut être observée : 1° dans la néphrite interstitielle ; 2** dans maintes maladies hypertensives: pléthore, stades prémonitoires de l'artériosclérose; 3^ dans le diabète sucré et le dial)ète insipide ; 4° au cours de certaines aiïections nerveuses : liystérie, maladie de Basedow ; o^ k l'occasion de la résorption d'exsudats, surtout ascitiques. Inversement on observera une diminution : 1° dans les néphrites aigucs ; 2° dans la plupart des maladies hypotensivcs : jiyposphyxies, cardiopathies au stade d'hyposystolie; 3^ dans les hypertensions portales : congestions hépatiques et cirrhoses ; \^ dans les pyrexies ; 5^ dans les diarrhées profuses et rebelles.
IL Couleur. — L'urine normale a une teinte ambrée ou jaune-paille, due à la présence du pigment urochrome et d'une petite quantité d'urobiline. En thèse générale la couleur pâlit au cours des polyuries, et s'accentue au cours des oliguries. L'urine acide est souvent plus foncée que l'urine alcaline.
Une teinte rougeâtre ou brun-orange peut déceler la présence de sang.
de l)ile, ou résulter de ringeslion de substances telles que la rhubarbe, le séné, la chrysarobine, Tacide picrique, etc.
Une teinte verdâtre ou vert foncé peut être due à la présence de la bile, à l'absorption d'acide phénique ou d'autres médicaments.
Une teinte jaunâtre peut provenir de la présence de bile, de pus ou de graisse, ces deux derniers communiquant à l'urine un aspect laiteux.
Une coloration bleuâtre peut être observée au cours de la fièvre typhoïde ou après l'absorption de bleu de méthylène.
La présence de bacilles en suspens (pyurie) peut la rendre opalescente.
Parfois certaines urines hypoacides précipitent leurs phosphates par r^rfroidissement, voi:e sont troubles à rémission, ou au contraire par Tcbullition, lesdites urines prenant un a^^pect blanchâtre lactescent qui, comme on sait, disparaît par l'addition d'acides.
III. Odeur. — L'urine normale a une odeur sui generis, bien difficile à définir.
L'ingestion de térébenthine lui donne une odeur de violette. Le santal, le copahu lui confèrent une odeur caractéristique qui permet souvent de les dépister à « fleur de nez ».
L'urine diabétique dégage parfois une odeur de foin fraîchement coupé. L'urine en décomposition a une odeur ammoniacale.
IV. Densité. — On l'estime au moyen de l'urinomètre (densimètre ji:radué de 1 000 à 1 050), par immersion dans une éprouvette.
Le poids spécifique normal moyen de l'urine des vingt-quatre heures est voisin de 1 018.
Une densité faible avec polyurie plus ou moins abondante est un signe fréquent de néphri'e interstitielle. Elle peut être un grave signe d'épuisement chez les vieillards.
Une densité étevée est généralement due à un excès d'urée ou à la présence de sucre. Une urine de poids spécifique supérieur à 103) est presque toujours une urine diabétique. Nous avons trou\é du sucre dans des urines de densité inférieure à 1 020 ; certaines u.ines di:ibctiqucs pèsent 1 075.
Le tLUx des matières solides contenues dans une uriae peut être très APPROXIMATIVEMENT évalué en doublant les deux derniers chiffres exprimant la densité: 1 018 = (approximativement) 18x2 =36 (au litre) de matières solides, 1 035 = (approximativement) 35x2 = 70 (au litre) de matières solides.
V. Dépôts. — Après avoir reposé quelque temps, l'urine normale présente un voile nuageux de mucus qui, a moins d'une densité particulièrement élevée de l'urine, se dépose au fond de l'éprouvette. La composition de ce mucus n'a pu encore être exactement déterminée.
J/urine normale peut contenir :
10 Des dépôts d'acide iirique libre et d'urates qui ordinairement sont rougcâtres ou brun sombre (couleur poivre de Gayenne, brique pilée), et se dissolvent sous l'influence de la chaleur; 2° des phosphates basiques (calcium et magnésium) blancs, floconneux, insolubles par la chaleur,
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mais solubles dans les acides étendus (acide acétique) ; 3^ des faibles dépôts d'oxalates insolubles dans les acides étendus.
Des éléments anormaux, tels que le pus, peuvent égâlem«nt se déposer. L*examen microscopique du culot de centrifugation les décèlera avec certitude.