‹ Diagnostic clinique, examens et symptomes;Chapitre 92 sur 277 · I. Acidimétrie. — Acidité uriiiaire · texte numérisé non relu

I. Acidimétrie. — Acidité uriiiaire

Appareils. — 1° Un tube à essai ordinaire ;

2° Un compte-gouttes quelconque.

Solutions. — l^ Une solution décinormale de soude (1 centimètnr cube de ladite sohïtion correspond à 0«',0049 d'acide sulfurique) ;

2^ Une solution alcoolique au centième de phénolphtaléine.

Technique. — l^ Faire tomber dans le tube à essai, au moyen du compte-gouttes, 20 gouttes de la solution décinormale de soude (incolore) ;

2° Ajouter 2 gouttes de la solution de phénolphtaléine, qtii colore la solution en rouge ;

3® Avec le même compte-gouttes, verser goutte à goutte dans ie kube, en agitant de temps à autre, de Furine à examiner jusqu'à disparition complète de la teinte rose.

On obiiendra racidiié urinaire au litre, exprimée en acide sulfurique SO^H^, en divisant 98 (100 en chiffre rond) par le nombrt "de gouttes d\irine nécessaire au virage.

Cette technique i^t basée sur les principes suivants :

Av-ec le réactif colorant phénolphtaléine, une molécule de soude NaOU

est saturée par une valence d'acide -sulfurique SO*H* ; le poids naolécu-

laire de l'acide sulfurique étant de 96 (32 + 10 x 4 + 2), une unité de

poids moléculyire de soude correspondant à 1 litre de solution normale

sera saturée par — = 49 grammes, l'acide sulfurique étant l)ivalent.

Un litre de liqueur décinormale correspondra à — - =48^,90.

Si 1 litre d'urine sature 1 litre de liqueur décinormale, son acidité, exprimée en acide sulfurique, est de 4fi^,90. En d'autres termes, si un volume quelconque de liquide décinormal est saturé par un volume égal d'urine, c'est que l'acidité de cette urine, exprimée en SO*H*, égale 4»r,90.

En conséquence, si 20 gouttes de solution décinormale -sont saturées par 20 gouttes d'urine, l'acidité de cette urine, exprimée en SO*H*, sera égale à 4«^,90, 5 grammes en chiiïre rond.

Si 20 gouttes de la solution sont saturées par 1 goutte d*urine, Tacidité sera vingt fois plus forte, soit 5x20 = 100.

Si 20 gouttes de la solution sont saturées par n gouttes, l'acidité

sera n fois plus faible et égale à .

D'où la règle précédemment énoncée.

Dans la pratique, et pourgagner du temps, on peut opérer sur 10 gouttes

— on divisera alors 50 par le nombre de gouttes nécessaire au virage

— pour obtenir l'acidité au litre en acide sulfurique. L'approximation ainsi obtenue est très suffisante * en clinique. Les

causes d'erreur dues à l'appréciation du moment du virage sont les mêmes que celles des méthodes classiques. Les causes d'erreur inhérentes à la mensuration des volumes respectifs de réactif et d'urine sont éliminées. Le moment du virage pouvant être, avec un peu d'habitude, évalué à une goutte près, et le nombre de gouttes d'urine nécessaire au virage étant relativement élevé, toujours supérieur à 25, on voit de suite que l'approximation est très grande.

Si l'on voulait exprimer l'acidité en fonction d'un autre acide, il faudrait multiplier le chiffre précédemment obtenu par un coefficient fixe, caractéristique de cet acide. C'est ainsi, par exemple, que, pour exprimer l'acidité en acide chlorhydrique HCl, il faudrait multiplier le chiffre précédemment obtenu par 0,73 :

36,5 (poids moléculaire de HGlx2)

fÔÔ '

Dans la pratique on en prendra les -.

Nous nous bornons ici à indiquer cette technique, sans nous attarder à en discuter les résultats cliniques. Disons seulement que cette évaluation est indispensable à l'institutioa rationnelle des médications alcalines et acides, trop souvent formulées «au petit bonheur » pour le «grand malheur a du patient.

On peut simplifier encore cette technique et la rendre plus rapide (mais aussi un peu plus grossière) en renversant l'ordre des opérations, les appareils et solutions étant identiques à ceux nécessités par la technique ci-dessus ;

1^ Faire tomber dans le tube à essai 20 gouttes d'urine ;

2** Ajouter 2 gouttes deia solution de phénolphtaléine (le liquide reste de la couleur de l'urine ou un peu plus blanc) ;

3° Avec le même compte-gouttes (ou un compte-gouttes de même calibre), verser, goût te à goutte, la solution décinormale de -«oude jusqu'à virage au rose.

On obtiendra Vacidilé en divisant par 4 le nombre de gouttes nécessaire

au virage. (Exemple : si 7 gouttes ont été nécessaires, l'acidité approxi-

mative en SO*H* sera égale à -; = 1,75).

'ZH^ EXAME\ DE L APPAREIL GÉSlTO-VRiSAiRE

\/,i r^ijion d*f*lrr «!»r «file techniqui.» e^t la suivante :

Si un volume d'iirim.' est raturé neutralisé, par un volume dv 7*oIutif.»n iJéiMnormale df ?ou<Je. Tacidité équivalente de Turine égale vuir plu> haut^ -1.9^» fjrosso modo: T» .

Si 2» îfoiittf*.- d'urini; >ont neutralisées^ par une goutte de solution déci-

normale, l'ar-idité urinaire éffale — -=t.

.Si 2 > îrouHes d'urine <ont neutralisées par n gouttes de solution dé^'i-

normale, l'aridité urinaire sera ésrale à -— . D'où la rê^le.

11. Uréométrie. — Urée. — En dépit des critiques en partie justifiées qu'on en peut faire, c'est, dans la pratique, le procédé gazeux volumétrique, la méthode à Thypobromite de soude, qui est généralement appliqué au dosage de Turée urinaire ou sanguine.

Il repose sur la réaction suivante : Turée en présence de Thypobromite de soude et de soude en excès est décomposée conformément à la réaction suivante :

CO: NH«;* + 2BrONa + 2NaOH = CO»Na« + 2NaBr + 3H*0 + N*.

Urée.

Si l'on recueille et mesure la quantité d'azote (N*) dégagée au cours de

la réaction, on peut par calcul évaluer la quantité d'urée qui l'a fournie.

Dosage de l'urée urinaire. — La réaction peut s'effectuer dans les uréomètres à eau de Moreigne. Hepnard, Denigès ou à mercure d'Vvon, d'Esbach. Nous dé<Tirons d'abord l'uréomètre de Moreigne.

En voici la description et le fonctionnement que nous empruntons au Traité des urines de Gérard (Vigot, édit.) et au Guide pratique pour T analyse des urines de Ronchèzt» (J.-B. Baillière, édit.).

« 0{ appareil est tout en verre et ne possède qu'un seul robinet. Il se compose de trois parties principales (lig. 3r)8;. :

« In Inbe A de U) à 17 centimètres de long, d'un diiun<'»lre intérieur <le 11 à 12 millimètres et divisé t*n dixièmes de centimètre cube et d'une capacité de 12 à 11 centimètn's cubes à partir du robinet R. Ce tube communique avec le générateur de gaz BC (j;azogènt*!, le robinet R sépare ces deux parties de rinst ruinent. ('.(» gazogène a une longueur totale de Fi^'. 'i^y^. — UréoniMre 12 à 1)5 centimètres et comprend deux parties de di- (lo Moroi^'iio. mensioiis différentes : la partie supérieure B, dont le

diamètre intérieur est 1 centimètre et demi et qui a une longueur de 0 centimètres environ ; la partie inférieure C, dont

le diamètre intérieur est de 3 centimètres et qui a une longueur d'environ 7 centimètres. La partie supérieure du gazogène porte, à 3 centimètres environ du robinet, une ouverture qui communique avec le tube recourbé mu y d'un diamètre de 7 millimètres environ, lequel se continue par le gazomètre DM. Ce tube mesureur est formé de deux parties : Tune renflée D et l'autre constituée par un tube bien calibré d'un diamètre égal à celui du tube A. Le zéro du tube mesureur est placé au-dessus de la partie renflée et à quelques millimètres seulement du plan horizontal passant par le robinet R. L'ampoule qui fait suite au zéro correspond sensiblement au volume déplacé par le réactif, elle a pour objet de diminuer la longueur du tube mesureur. Ce dernier est gradué en dixièmes de centimètre cube.

(( Tout l'appareil peut être plongé dans une longue et large éprouvette remplie d'eau jusqu'au zéro du tube recourbé mn.

« Lorsqu'il s'agit de faire le dosage de l'urée dans une urine au moyen de cet appareil, on opère de la façon suivante :

(( Avec la main gauche, on saisit l'appareil par le tube mesureur, un peu au-dessous de l'ampoule D ; on l'incline légèrement vers la droite, du côté opposé à l'orifice du tube mn. Le robinet R étant ouvert, avec une pipette exactement calibrée on laisse couler le long de la paroi du tube A, puis dans le générateur, 1 centimètre cube d'urine, on lave avec 3 centimètres cubes de lessive de soude au cinquième, en ayant soin de tenir l'uréomètre dans la même position. Le lavage se fait très facilement et tout le liquide se rassemble au fond de la partie renflée du gazogène.

« Ceci fait, on porte l'instrument dans l'éprouvette H, contenant de l'eau à la température du laboratoire, on attend quelques instants pour que contenant et contenu aient une température identique. Au moyen d'une pipette, on fait alors affleurer exactement, à l'intérieur du tube, le niveau de l'eau au zéro. On ferme à ce moment le robinet R en maintenant l'uréomètre de la main gauche par le tube A. Il n'est pas possible, dans cette manipulation, de modifier le volume d'air de l'appareil par suite d'un échauffement à la main.

« Voici, maintenant, la façon dont on procède à l'introduction du réactif. On remplit le tube A de liqueur hypobromique jusqu'à la dernière division ou près de la dernière. On note exactement les divisions ou les fractions de division s'il y a lieu. Puis, de la main gauche, saisissant la partie postérieure du robinet entre le pouce et les deux premiers doigts, on soulève l'uréomètre de façon à diminuer la pression à l'intérieur et placer le gazogène au-dessus de la surface de l'eau. On tourne alors la clef du robinet de la main droite et on laisse le réactif s'écouler dans le gazogène en maintenant l'appareil dans une position verticale, ou plutôt en l'inclinant très légèrement du côté du gazomètre. On ferme le robinet après avoir laissé pénétrer 10 à 11 centimètres cubes d'hypobromite de soude. On note très exactement, pour la seconde fois, le volume du réactif qui reste dans le tube A. En agissant ainsi, le réactif, par sa descente rapide le long des parois de B, balaye tout sur son passage et, en parti- Diagnostie, 19

culier, rencontre l'ouverture du tube mn et produit en cet endroit comme une sorte de crible hypobromique, à travers lequel passe Tazote qui commence à se dégager.

« La main gauche n'ayant pas changé de place et Turéomètre toujours soulevé, on appuie avec la main droite l'extrémité inférieure du tube M contre la paroi de l'éprouvette, et on imprime avec la main gauche des mouvements de va-et-vîent dans le sens horizontal. L'agitation du liquide dans le gazogène se fait alors très atsément ; la forme sphérique des extrémités de C s'y prête beaucoup.

« La réaction, commencée dès l'arrivée du réactif, se continue encore quelques instants. La diminution de pression produite dans l'appareil ainsi soulevé permet au gaz de se dégager du milieu réagissant avec plus de facilité.

« On redescend l'uréomètre dans l'éprouvette ; on attend que le contenu du gazogène et la mousse gazeuse aient pris la température de l'eau. On peut reconnaître, par exemple, que ce point est atteint à ce que le volume du gaz reste invariable après plusieurs lectures successives ; on fait alors la lecture du volume gazeux en prenant les précautions ordinaires et en soulevant l'uréomètre avec une pince en bois et non à la main. H est inutile d'ajouter qu'une fois la première partie de l'opération achevée, c'est-à-dire l'urine introduite, et le robinet fermé, on peut mettre une nouvelle quantité d'eau dans l'éprouvette, à condition qu'elle soit à la même température que celle qui s'y trouve déjà. »

Soit K le volume total fourni par la lecture. Ce volume se compose : 10 d'un volume d'axote dégagé V; 2^ du volume du réactif employé W qui est connu ; et, par suite, pour avoir le volume d'azote dégagé, il suffit de retrancher, du volume total K, fourni par la lecture, le volume V, soit V = K — V.

Pour traduire ce résultat en uree, on fait dans les mêmes conditions un dosage comparatif avec une solution d'urée pure à 2 p. 100.

Réactifs nécessairks. — Hypobromile de soude. — Formule Yvon :

Brome 5 centimètres cubes.

Lessive de soude de densité 1,33 50 grammes.

Eau distillée 100 —

Mélanger la soude et Teau, refroidir le plus possible le mélange et ajouter le brome par petites portions, en refroidissant et agitant.

Cette solution doit être renouvelée fréquemment.

Additionner la solution pour la conservation d'un cristal de camphre ou de thvmol.

On introduira dans l'uréomètre 1 centimètre cube de la solution d'urée à 2 p. 100 et on pratiquera la réaction sus-indiquée à propos de l'urine. On notera avec soin le volume d'azote dégagé dans cette réaction, soit 7^*^,2, par exemple, de volume.

Le calcul est alors fort simple :

1 centimètre cube de solution d'urée à 2 p. 100, soit 2 centigrammes d'urée, correspond à 7<^*î,2 d'azote.

Si 1 centimètre cube d'urine a donné un dégagement dans les mêmes conditions de température et de pression de n centimètres cubes d'azote,

c'est que 1 centimètre cube d'urine renferme •=-^ d'azote et un litre

L'uréomètre Bouriez, réglementaire dans les formations militaires, est encore plus simple et d'une technique plus élémentaire. Il répond peutêtre davantage aux exigences de la pratique courante, aussi croyons-nous en devoir donner ici la description.

Dosage de l'urée au moyen de l'appareil Bouriez. — L'uréomètre Bouriez se compose d'un tube de verre cylindrique légèrement renflé à la base et terminé à sa partie supérieure par une boule surmontée d'un tube capillaire et d'une tubulure fermée par un bouchon de caoutchouc.

Le tube de cet uréomètre est gradué en grammes d'urée par litre et porte en outre trois traits circulaires.

On verse dans l'uréomètre rhypobromite jusqu'au trait E. On remplit d'eau jusqu'au trait D et, à l'aide d'une pipette jaugée de 1 centimètre cube, on ajoute 1 centimètre cube d'urine.

On bouche avec soin la tubulure B, puis, prenant l'appareil par sa partie renflée, on obture à l'aide du pouce ^orifice A du tube capillaire et on retourne le tout. Dans ces conditions, rhypobromite, qui par sa densité était resté au fond du tube, entre en contact avec l'urine. Le dégagement gazeux se produit et la pression augmente dans l'appareil.

Aussitôt le dégagement gazeux terminé, on enlève le pouce de l'oriûce A et un v^ume de liquide égal au vokirae d'Az dégagé est chassé de l'appareil.

Il sufllt alors de replacer l'uréomètre dans sa position première pour lire directement sur la tige graduée la quantité d'urée contenue par litre d'urine.

LTne opération identique faite avec une solution titrée d'urée permet la vérification de la graduation de l'appareil en tenant compte des conditions atmosphériques dti moment (température et pression barométrique).

Avantages et inconvénienls, — Cet appareil est simple et peu fragile. L'absence de robinet en verre ou d'ajutage en caoutchouc rend les fuites à peu près impossibles et diminue de celait les causes d'erreur; la manoeuvre en est excessivement simple.

f^lpÊÊmMw

Figr. 359.

Uréomètre de

Bouriez.

On peut objecter que la chaleur de la main au moment où Tappareil est renversé est suffisante pour provoquer la dilatation du volume gazeux dégagé; il suffirait, pour éviter toute cause d'erreur, de plonger le tube capillaire dans une cuve à eau au moment de laisser échapper le liquide et d'attendre ainsi que l'équilibre de température soit rétabli pour redresser le tube et faire la lecture du résultat.

L'uréomètre de Dannecy est aussi très recommandable.

Vuréomèlre à mercure de conslruclion facile de Henri Martin est particulièrement recommandable quand on dispose d'une cuve à mercure (Voy. Sang; uréométrie sanguine).

Donnons, pour finir, une règle clinique susceptible de donner une approximation grossière du taux de Turée urinaire.

Le taux de F urée au lilre est approximaiivemeni égal aux deux dernières décimales du poids spécifique de l'urine:

Exemple : Densité: 1 017 ; taux urique : 17 au litre ;

— 1023, — 23 au litre.

Répétons que cette approximation est très grossière, et qu'elle est fort influencée el doit être tenue pour non valable: a) dans les cas de fièvre ; b) lorsqu'on se trouve en présence d'urine renfermant du sucre ou une forte proportion d'albumine.

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