‹ Diagnostic de l'échinococcose: Importance de l'épreuve de WeinbergChapitre 11 sur 24 · DO · texte numérisé non relu

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férentiel des helminthiases, mais elle montre que l'organisme des animaux infectés par les vers intestinaux élabore en général des anticorps spécifiques.

En novembre 1908, MM. Weinberg et Parvu donnent de nouvelles observations, sur 13 cas d’échinococcose prononcée chez le mouton, dont le foie et les poumons sont indemnes de toute infection microbienne, ils obtiennent un résultat positif dans toutes les réactions ; ils emploient comme antigène, leliquide du kyste hydatique.

D'autre part, ils donnent le résultat de l’examen de sérums de 2 malades du service du D' Lejars.

Le premier malade présentait des symptômes cliniques très nets de kyste hydatique du foie, le second d’une tumeur du foie, kyste hydatique probable, mais pas certain.

Le sérum des malades a donné une réaction positive dans le second cas, négative dans le premier. L'opération pratiquée par M. le Dr Lejars est venue confirmer les recherches du laboratoire ; le kyste hydatique n’a été trouvé que chez le second malade.

Ils font part en même temps d’une réaction positive chez un malade opéréil y a trois semaines dans le service de M. le D: Nélaton.

Dans ces recherches ils indiquent un fait important, à savoir qu’on peut pour la recherche des anticorps spécifiques chez l’homme, employer le liquide hy datique de mouton. Cette indication fut très précieuse, parce qu’elle a rendu la méthode facilement

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applicable, étant donné qu'il est toujours très facile de se procurer dans les abattoirs du liquide hydatique de mouton.

1 n’y avait pas eu d’éosinophilie chez le malade à réaction négative ; par contre 8 0/0 à 9 o/o d’éosinophiles chez les deux autres.

À la suite de ces premières recherches de M. Weinberg, MM. Laubry et Parvu ont communiqué à la Société médicale des hôpitaux les observations cliniques qui se raltachent à quelques-uns des malades dont le sérum a servi à MM. Weinberg et Parvu à l’application de la méthode de la déviation du complément pour le diagnostic de l’échinococcose. Nous donnons plus loin les observations des 3 malades qui provenaient du service de M. le Dr Lejars et qui ont contribué à renseigner sur la valeur de cette méthode qui s’est inscrite dans un cas en faux contre un diagnostic en apparence évident, et a bien montré son caractère de spécificité.

En décembre 1907, MM. Weinberg el Parvu apportent à la Société de Biologie 4 nouvelles observations ; la réaction dans tous ces cas a été évidente et surtout supérieure à l’éosinophilie qui avait même dans un cas égaré le diagnostic.

Le 23 janvier 1909, MM. Weinberg et Boidin communiquent à la Sociélé Biologique le résultat d’études faites sur le sérum de 5 malades chez lesquels les signes cliniques et hématologiques conduisaient au diagnostic probable de kyste hydatique. Quatre de ces faits proviennent du service de M. Chauffard,

un du service de M. Schwartz. Il résulte de ces observations et de celles publiées antérieurement par M.Weirberg, qu'il n'existe pas chez les malades atteints d’échinococeoese, de parallélisme constant entre le degré de l’éosinophilie sanguine et la richesse du sérum en anticorps spécifiques.

Une faible éosinophilie et même labsence peut coïncider avec une réaction des plus nettes.

D'autre part, le sérum de malades présentant une éosinophilie assez élevée peut contenir très peu d’anticorps spécifiques. Dans une de cesobservations, ces derniers n’ont pu être mis en évidence, alors que le sang contenait 7, 6 0/0 d’éosinophiles.

Ils ont retrouvé des anticorps spécifiques chez une malade opérée depuis deux mois.

Dans une communicalion faite à la Société de Biologie le 23 janvier 1909 au sujet de la valeur comparée de deux procédés de laboratoire, déviation du complément et précipito-diagnostic en vue du diagnostic de l’échinococcose, M. Weinberg dit qu'il a opéré sur onze nouveaux sérums de moutons atteints d’échinococcose.

Sur ces 11 cas, neuf fois il a obtenu une déviation du complément très nette. Ces mêmes sérums mélangés à du liquide hydatique ont donné un précipité net trois fois. Dans 2 observations, le précipité fut insignifiant, pareil à celui qu’il a obtenu quelquefois avec le sérum normal.

Il a répété ces expériences avec sept liquides hydatiques différents et toujours il a obtenu le même

résultat. Il est nécessaire de choïsir le liquide hydatique non infecté et contenant un grand nombre de scolex. D'autre part il est, en général, préférable d'augmenter la dose du sérum malade. Il emploie le sérum et le liquide hydatique à parties égales (1 cme. de sérum pour 1 cmc. de liquide hydatique).

En collaboration avec M. Vieillard, M. Weinberg a fait les mêmes expériences avec lesérum d’un chameau atteint d'échinococcose. Ce sérum a donné les deux réactions caractéristiques.

D’autre part, M. Weinberg a épouvé le précipitodiagnostic avec le sérum de 7 malades porteurs de kyste hydatique. Sur ces sept sérums, six ont amené une déviation du complément des plus nettes. Dans un cas la réaction.était faible. Deux sérums seulement ont précipité le liquide hydatique ; ces sérums se trouvent parmi ceux qui ont donné une réaction très nette au moyen dela méthode de déviation du complément.

L’étude de ces observations permet à l’auteur de conclure que la recherche des anticorps spécifiques par la méthode de déviation du complément est plus sûre que le précipito-diagnostic, car elle a donné des indications utiles là où la recherche des précipitines avait échoué.

MM. Laubry et Parvu, en mars 1909, publient à la Société de Biologie le résultat de leurs recherches. Ils constatent une déviation du complément dans le sérum d’un malade atteint d’échinococcose, mais que la même déviation ne s'observe pas avec le liquide

MARS T un rachidien du même malade. Cette dépendance des réactions du sérum et du liquide céphalo-rachidien trouve son application immédiate dans le diagnostic des kystes hydatiques du système nerveux central.

M: Weinberg a recherché les anticorps spécifiques chez des anciens porteurs de kystes hydatiques et le 27 mars 1909, à la Société de Biologie, il concluait que les anticorps spécifiques disparaissent lentement du sérum des malades opérés. Le sérum de quelques anciens porteurs de kystes qui ne présentaient aucun signe clinique d’une nouvelle infestation par l’échinococcose a donné une réaction très nette plusieurs années (jusqu'à quatre et six ans et demi après l’opération). « Il serait donc utile, d’après cet auteur, de constituer pour les malades atteints d’'échinococcose des fiches d’hëmo-diagnostic. Ces fiches comporteraient deux courbes, l’une pour le pourcentage d’éosinophiles, l’autre pour la richesse du sérum en anticorps spécifiques. Il pense que ces courbes permettraient de suivre de près la réaction de l'organisme et de constater si les anticorps tendent à disparaître graduellement après l'opération.

Le 27 mars 1909, à la Socièté de Chirurgie, MM. Lejars et Parvu publient 5 observations de malades pour lesquels la recherche des anticorps spécifiques a été faite. Trois de ces observations ont été publiées antérieurement par MM. Laubry et Parvu à la Societé médicale des Hôpitaux. A propos de celte communication, plusieurs membres de la Société de Chirurgie ont déclaré que cette mé-

thode a été déjà appliquée par M. Weinberg depuis plusieurs mois pour l’étude des malades de leurs services porteurs ou suspects de kyste hydatique.

M. P. Delbet constate la grande valeur de la méthode que M. Weinberg a appliquée dans son service, il constate surtout sa grande supériorité sur l’éosinophilie qui est un symptôme infidèle dans certains cas, trompeur dans d’autres.

M. Tuffier cite 1 malade opéré depuis quatre ans et quatre mois, et chez qui la séro-réaction faite par M. Weinberg a été positive.

M. Routier a fait pratiquer par M. Weinberg, sur 7 malades qui avaient été opérés, la réaction de fixation ; chez 4 la réaction a été négative, et les malades se portent bien, chez les 3 autres, la réaction fut positive ; un de ces malades souffre, en effet, dans la région hépatique et l’opération sera sans doute nécessaire.

M. J.-L. Faure cite 2 cas dont nous donnons les observations et où la réaction a été trouvée positive par M. Weinberg.

M. Thierry constate que la réaction n’est pas d'une grande simplicité. [Il convient cependant que si elle ne s’est jamais produite sur des sujets sains ni chez des malades porteurs de tænia, elle a une valeur supérieure à toutes les autres méthodes.

A la séance suivante, de nombreux membres de la Société de Chirurgie ont pris la parole à propos du prccès-verbal, pour résumer les nombreuses observations faites sur des malades atteints d’échinococcose et dont le sérum a servi aux recherches

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deM. Weinberg sur le séro-diagnostic de l’échinococcose.

M. Walther apporte 4 cas, dont les observations seront données tout à l'heure, et pour lesquels M. Weinberg a prêté son concours ; les résultats ont confirmé les faits.

M. Villemin fait remarquer que parmi les 50 cas invoqués par M. Weinberg, il y en a 2 personnels; la réaction fut positive dans les 2 cas.

M. Legueu cite le cas d’un kyste hydatique du rein. C’est le premier exemple de ce genre pour lequel M. Weinberg a été appelé à faire cet examen. La réaction a été recherchée le deuxième jour après l’opération; elle fut positive et auraitservi au diagnostic si elle avait était faite avant. La réaction

deux mois après persiste.

M. Guinard apporte 3 faits étudiés par M. Weinberg ; nous en verrons les observations tout à l'heure ; deux fois les réactions furent nettement positives, une troisième fois la réaction fut très faible.

M. Lejars apporte une nouvelle observation que nous publions. C’est un cas nouveau où la valeur de la réaction de fixation a été confirmée. De plus, elle a été très utile au diagnostic ; l'examen clinique avait fait conclure à la présence d’un kyste hydatique rétro-vésical, mais il n’en était pas moins très précieux que la légitimité de ce diagnostic fut démontrée scientifiquement.

M. Launay cite 2» cas dont nous donnons les

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observations. Dans le premier, la réaction de fix4tion a été pratiquée par M. Weinberg, elle fut posilive, et concordait avec le diagnostic ; dans le deuxième cas, la réaction de fixation a été pratiquée par M. Laubry, elle fut négative et cependant le malade présentait tous les signes d’un kyste hydatique de la face convexe du foie que la radioscopie montrait nettement bombant dans le thorax. L'opération transpleurale montra, après la traversée d’une plèvre adhérente, une paroi kystique épaisse et adhérente à la paroi avec un contenu de couleur café au lait qu'il fallut évacuer à poignées. Or, cinq ans auparavant il avait été fait une ponction donnant un liquide épais de même couleur. Est-ce 1à un kyste hydatique modifié depuis de longues années par des hémorragies successives et dans lequel les échinocoques sont depuis longtemps mortes et dans un cas semblable, à longue évolution, la réaction peut-elle être supprimée.

M. Tuffier apporte » faits nouveaux : le cas de M. Jousset où l'épreuve fut posilive et le cas de M. Jeanbrau où elle fut également positive, nous en donnons les observations plus loin. M. Demoulin a fait faire la réaction de fixation du complément ; M. Weinberg la trouva positive, il s’agissait bien d’un kyste hydatique du foie ; il donne une deuxième observation d’un malade opéré depuis huit mois d’un kyste hydatique dans la masse sacro-lombaire, la réaction faite par M. Weinberg fut négative.

M. Reclus apporte le cas d’un malade adressé par

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M. Brissaud et dont nous donnons l’observation plus loin. La réaction pratiquée par M. Weinberg a été négative. [l a tenu à noter que la réaction avait était observée le lendemain du jour où était apparue une phegmatia alba dolens double, et que l’éosinophilie qui se chiffrait par 8 à 9 o/o était tombée à 1/2 0/0.

Quoi qu'il en soit, il dit que ie fait reste celui-ci : la réaction est négative et d’autre part il est toujours convaincu cliniquement avoir affaire à un kyste hydatique. |

Nous savons que la laparotomie laissa voir un gros néoplasme.

Peu de temps après, en avril 19C9; MM. Apphatie et Lorentz publiaient, dans la Tribune médicale 9 cas de kyste hydatique (7 du foie, 1 du cou, r de la rate), dans ces 9 cas ils trouvent la présence d’anticorps spécifiques.

Au mois de mai 1009 M. Parvu, dans une communication à la Société de Biologie, indique qu’il est possible d'isoler l’antigène hydatique par l’alcoo!l ; il propose donc de se servir, dans la recherche des anticorps spécifiques, de cet antigène alcoolique.

Comme nous verrons plus loin, il n’est nullement besoin de recourir aux méthodes compliquées pour conserver l’antigène, méthodes qui pourraient à la rigueur modifier l’antigène et vicier l’expérience, il est beaucoup plus simple, comme l'indique M. Weinberg dans la technique que nous indiquons plus loin, de conserver l’antigène à l’état de pureté et nulle-

ment modifié en le desséchant dans le vide et en diluant le produit sec dans un volume correspondant d’eau distillée.

Dans une nouvelle note à la Société de Biologie 1909, M. Weinberg, en apportant le résultat de ses nouvelles recherches, donne certaines indications importantes sur la technique. Il indique d’abord un procédé rapide dans lequel on peut se servir de sérum frais, non chauffé, et donne ensuite les conditions indispensables pour la réussite lorsqu'on a recours au procédé lent qui nécessite l'emploi du complément de cobaye. Ces indications, nous les retrouvons plus bas, dans notre chapitre consacré à la technique.

Tout dernièrement enfin, le même auteur a réuni toutes ses recherches sur le séro-diagnostic de l’échinococcose dans le numéro de juin des Annales de l'Institut Pasteur.

Dans ce travail, l’auteur fixe d’une façon définitive la technique à suivre et donne le résultat de ses recherches qui portent sur un grand nombre de cas, soit sur les malades atteint d’échinococcose en évolution, soit sur les anciens porteurs de kyste hydatique.

Nous n’insistons pas sur les conclusions générales de ce travail, car ayant étudié toutes les observations sur la question, nous les faisons toutes nâtres.

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