TECHNIQUE
Dans un mémoire paru il y a quelques jours dans les Annales de l'Institut Pasteur (juin 1909), M. Weinberg donne la description de la technique élaborée par lui et telle qu’il faut la pratiquer pour la recherche des anticorps spécifiques dans l’échinococcose par la méthode de fixation du complément. Ces indications sont suflisantes pour les hommes de laboratoire rompus dans leur métier, mais étant donnée l'importance que prend de jour en jour cette réaction, nous avons cru être utile à un grand nombre de chercheurs en demandant à M. Weinberg une note plus détaillée sur sa technique. Ce chapitre technique est la reproduction d’une note préparée par M. Weinberg et qui doit paraître bientôt dans le Traité de Chirurgie de Le Dentu et Delbet, aussi nous tenons à remercier tout particulièrement M. Weinberg de nous autoriser à en donner la primeur.
« La recherche des anticorps spécifiques dans l'échinococcose est basée sur le phénomène de Bordet- Gengou, qui consiste dans la fixation du complément | par le mélange du sérum spécifique et de l’antigène. Cette combinaison du complément est indiquée par les globules rouges sensibilisés, lesquels, ajoutés
SA
nu 9h au mélange précédent, restent intacts lorsque le sérum du malade contient vraiment des substances spécifiques et subissent une hémolyse rapide dans le cas contraire.
IH faut donc, pour pratiquer le séro-diagnostic de l’échinococcose, les produits suivants :
1° Du sérum malade ;
2° De l’antigène (liquide hydatique) ;
3° Du complément de cobaye ;
4° Des globules rouges (mouton) :
5° Du sérum-hémolytique (anti-mouton).
Sérum malade. — On peut prendre du sang par la ponction veineuse, mais le plus souvent se contenter de poser une ventouse scaritiée dans la région dorsale. Si l’état du malade ne permet pas cette dernière pratique, il faut recueillir du sang par piqûres du doigt. Laisser le sang une heure à la température du laboratoire, décoller le caillot avec une pipette stérile passée à la flamme et centrifuger le tout pendant une heure.
On obtient ainsi le maximum de sérum.
On prélève une quantité suffisante de sérum (1-2 cmc.) pour faire l’expérience par le procédé rapide et on chauffe le reste au bain-marie à 55 degrés pendant une demi-heure.
Antigène. — Nous avons montré, dans notre première note publiée avec M. Parvu, qu’on peul employer comme antigène le liquide hydatique du mouton. Nos expériences ultérieures nous ont appris
qu’en règle générale il est même préférable d’em-
ployer l’antigène de cette provenance, car le liquide hydatique humain amène parfois la fixation du complément même avec le sérum sain. C’est ce qui nous est arrivé lorsque nous avons essayé de faire nos expériences avec les liquides hydatiques. recueillis à l'opération des malades de M. Demoulin et de M. Delbet. Il y a cependant des liquides hydatiques humains qui donnentd’excellents résultats.
On ne doit se servir du liquide hydatique que lorsqu'il présente l'aspect d’eau de roche caractéristique. Pour conserver le liquide hydatique, il faut le distribuer en petits tubes et en faire deux lots. Ceux du même lot seront fermés à la flamme après que le vide y aura été fait ; les autres seront, tout simplement capuchonnés. Tous ces tubes seront conservés à la glacière.
Il arrive en effet, malgré toutes les précautions d’asepsie, que le liquide hydatique est contaminé par quelques unités microbiennes. Si ce sont des microbes aérobies, ils ne contamineront pas, bien entendu, les tubes dans lesquels on a fait le vide.
Il en est de même pour le tube du premier lot, au cas où ces microbes seraient des anaérobies.
Nous avons essayé de conserver le liquide hydatique en y additionnant de l’eau phéniquée, comme on le fait en Allemagne pour les sérums curatifs, ces essais nous ont donné des résultats inconstants. Nous ne sommes donc pas, à cet égard, de l’avis de Apphatie et Lorentz.
Nous recommandons encore un autre moyen de