CONCLUSIONS
1° Il résulte des observations publiées dans notre thèse, que le sérum de malades atteints d’échinococcose renferme, dans la plupart des cas, des anticorps spécifiques que l’on peut mettre en évidence par la méthode de fixation du complément.
Sur 45 cas d’échinococcose certaine, ces anticorps ont été retrouvés dans 42 cas, trois fois seulement ils n’ont pu être mis en évidence.
20 Ces anticorps sont spécifiques ; ils n’amèpent la déviation du complément qu’en présence du liquide hydatique ;
3° La technique que nous avons suivie et qu'il faut suivre est celle indiquée par M. Weinberg. Elle comprend le procédé rapide, dans lequel on emploie le sérum frais des malades (sérum non chauffé), et le procédé lent, auquel il faut recourir lorsque le premier a échoué. Le procédé lent nécessite l’emploi de complément de cobaye ;
4° L’antigène employé pour la séro-réaction est de préférence le liquide hydatique de mouton. On peut également employer le liquide hydatique humain ; cependant on obtient quelquefois ia fixation du complément même en présence des sérums normaux.
5° La netteté de la réaction n’est nullement en rapport avec les dimensions du kyste, ni avec son siège, mais elle paraît plutôt dépendre des conditions qui permettent au liquide hydatique de filtrer à travers la membrane adventice ; ù
6° On peut retrouver les anticorps spécifiques chez des sujets porteurs de kystes hydatiques suppurés ou envahis par la bile.
r° L'état fébrile des malades. provenant soit de la suppuration du kyste, soit d’une maladie intercurrente aiguë n'influe pas sur le résultat de la séroréaction ;
8° Il peut arriver que le malade qui n’a pas donné de séro-réaction, donne des réactions positives très nettes quelque temps après l'opération ;
9° Les anciens porteurs de Kyste hydatique donnent très souvent une séro-réaction posilive ;
10° Lorsque le kyste hydatique est enlevé.non incisé avec sa paroi adventice, les anticorps spécifiques disparaissent très rapidement du sérum des malades
11° La présence d’anticorps échinococciques dans le sérum d’un malade est un élément très important pour l'établissement d’un diagnostic différentiel, car Ja séro-réaction peut exister malgré l’absence d’éosinophilie et malgré les renseignements incertains donnés par les signes cliniques, la radiographie, la ponction ;
12° Le précipito-diagnostic peut donner quelquefois des renseignements utiles, mais il manque
quelquefois ei même assez souvent, et peul dans certains cas induire en erreur ;
13° Si Ghedini a le premier trouvé la présence d'anticorps spécifiques dans 3 cas de kyste hydatique, c'est Weinberg qui a montré l'importance de cette réaction pour le diagnostic et qui a élaboré complètement la technique nécessaire pour mettre en évidence la présence de ces anticorps spécifiques. C’est lui qui, tantôt seul, tantôt avec ses collaborateurs a mis en évidence ce fait important que le sérum des malades peut renfermer une quantité notable d'anticorps spécifiques alors que léosinophilie peut manquer totalement et que, d’autre part, les phénomènes cliniques peuvent même parler contre l'échinococcose. C’est Weinberg aussi qui a montré dans quelles conditions le sérum de malades opérés de kyste hydatique peut conserver pendant très longtemps après l'opération les anticorps spécifiques en question. Aussi, nous avons appelé, avec de nombreux chirurgiens, cette épreuve.
l'épreuve de Weinberg.
Vu: le Président de la thèse, RECLUS Yu : Le Doyen, LANDOUZY Va et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris.