DISCUSSION GÉNERALE DES OBSERVATIONS
Par ce qui précède, on voit que nous avons réuni 61 observations de sujets porteurs ou suspects de kyste hydatique, dont 4 inédites. Nous n’analyserons pas en détail toutes ces observations, qu’il nous suffise de dire que le fait général qui se dégage de leur lecture, c’est que la méthode de fixation du complément a une réelle valeur.
Nous avons constaté que, chaque fois qu’elle fut positive, nous étions en présence d’un kyste hydatique, d’où se dégage nettement par conséquent sa spécificité.
Trois fois cependant la réaction fut trouvée négative chez des sujets porteurs de kyste hydatique ; une première fois, chez un malade opéré par M. Schwartz. Cette réaction fut négative parce que la technique
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employée avait été celle élaborée tout d’abord par MM. Weinberg et Parvu. M. Weinberg a vu depuis que celte technique était insuffisante parfois et que lorsque le sérum du malade contient peu d’anticorps, il est nécessaire de recourir au procédé lent dans lequel on emploie la dose minima de complément et des doses croissantes du sérum du malade.
M. Weinberg, en effet, refait la réaction avec la sérum du même malade, quelques jours après l’opération avec cette nouvelle technique, ce qui lui a permis de mettre en jévidence les anticorps hydatiques.
Une deuxième fois le séro-diagnostic fut négatif en présence d’un kyste ; ce fut chez le malade de M. Chauffard qui présentait des vibrations transthoraciques. [s'agissait bien cependant d'un malade qui présentait tous les signes cliniques d'un kyste hydatique du foie. Ce malade fut opéré par M. Quénu. L'opération a confirmé le diagnostic clinique.
Le 24 avril, c’est-à-dire vingt jours après l’opération, M. Weinberg a pu se procurer du sang de ce malade. À ce moment, le sang donnait une réaction posilive des plus nettes. Comment expliquer cette apparition d'anticorps spécifiques dans le sérum d’un malade qui avait donné une réaction négative avant l'opération.
Deux hypothèses sont possibles : le sérum de ce malade contenait des substances qui ont disparu après l'opération ou bien le malade, ayant résorbé une grande quantité de liquide hydatique pendant
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l'opération, a élaboré de nouveaux anticorps qui ont rendu la séro-réaction positive. Nous penchons plutôt pour la deuxième hypothèse avec M. Weinberg. Nous savons.en effet, que quel que soit le mode opératoire choisi par le chirurgien, il s'écoule toujours pendant l'opération du liquide hydatique sur les tissus voisins. D'autre part, la membrane hydatique ayant été enlevée, il reste toujours dans la poche adventice une certaine quantité de liquide qui doit se résorber même après l’opération.
[l'est fort probable que cela se présenterait chez la malade de M. Lenglet dont nous donnons l’observation inédite et où la réaction de fixation du complément aété négative ; cependant il s’agit bien, comme nous l’avons vu, d’un cas de kyste hydatique.
Nous ajouterons simplement que si la confirmation du diagnostic clinique par un séro-diagnostic est précieuse, l’infirmation de ce diagnostic est encore plus précieuse, lorsque cette infirmation est vérifiée par les faits ; plusieurs observations le témoignent, celle du malade de M. Lejars opéré par M. Faure, celle du malade de M. Weil, celle du malade de M. Alexandre, celle du malade de M. Récamier, celle inédite du malade de M. Talamon que nous avons donnée en détail et où l’autopsie montra qu'il s'agissait d’un foie amyloïde et non d’un kyste hydatique, celle qui a trait au malade dont M. Reclus a eu l'occasion d’entretenir la Société de Chirurgie.
I! s'agissait d'un malade que M. Brissaud croyait
porteur d’un kyste hydatique du foie. Le sang de ce: malade montrait 10 o/o d’éosinophiles. M. Reclus l'ayant examiné, a été assez favorable à l’hypothèse d’un kyste hydatique. Il faisait cependant remarquer à ses élèves que la dureté du foie lui inspirait quelques doutes. Le sérum de ce malade examiné par M. Weinberg a donné une réaction tout à fait négative. D'autre part, M. Weinberg a trouvé que ce sérum contenait une grande quantité d'ambocepteurs anti-mouton, comme il en avait déjà trouvé dans quelques tumeurs, et a prévenu M. Reclus que pour lui, il s'agissait d’une tumeur maligne. Ce diagnostic a été confirmé par la laparotomie exploratrice.
Quant aux autres cas où le séro-diagnostic s’est montré négatif, il s'agissait presque toujours de malades chez qui il était impossible de faire un diagnostic clinique ferme. Le séro-diagnostic a donc été
aussi très utile dans ces cas,