‹ Diagnostic des maladies de l'encéphaleChapitre 22 sur 34 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Thomas, après la seclion des racines labyrinthiques ou la lésion des canaux semi-circulaires. , .

Lussana, Luciani ont noté que, dans les expenences sui le cervelet, l’occlusion des yeux n’entraîne aucune aggravation dans les phénomènes. De même les cliniciens ont fait de l’absence du signe de Romberg un caractère distinctif nui différencie l’ataxie cérébelleuse de l’ataxie tabétique.

Cela prouve que dans le tabes la lésion porte plutôt sui l’appareil de l’orientation, et dans les lésions du cervelet plutôt sur l’appareil de l’équilibre. Voici pourquoi ;

Dans la lésion des cordons postérieurs de la moelle (voir le schéma de la fig. 3, p. 47) le trouble initial porte sur les sensations de sensibilité générale et de kinesthesie. L’orientation en est troublée : il y a incoordination, que le sujet atténue en utilisant les autres sens d orientation ; il se sert notamment de ses yeux « comme de béquilles » (Althaus). Donc, quand il ferme les yeux, cette suppléance lui fait défaut et l’ataxie s’aggrave, l’équilibre se perd

entièrement. ....

Si au contraire, l’altération initiale porte directement sur l’appareil de l’équilibre (centres polygonaux DEF de la fig. 4, p- 48, ou voies efférentes), tout l’appareil centripète fonctionne comme à l’état normal, les yeux n’influent pas plus sur l’orientation qu’à l’état physiologique et par suite l’occlusion des yeux n’aggravera pas plus l’incoordination qu’elle ne trouble l’équilibre chez le

sujet sain. . . ,

Ce qui confirme cette interprétation, c est que, en tait, une des caractéristiques du syndrome cérébelleux est le contraste entre l’incoordination motrice et la persistance de la kinesthésie (notion de position des membres).

Si on accepte cette manière de voir, on arrive à classer le cervelet plutôt dans les centres d’équilibre que dans les centres d’orientation.

Dans la maladie de Friedreich, il n’y a pas de Romberg comme dans les maladies cérébelleuses et il y a abolition des réflexes rotuliens, comme dans le tabes. Cela s’explique par la superposition des lésions médullaires tabétiques et cérébelleuses (voir plus haut la note de la p. 49) : le sujet n’a pas ses réflexes rotuliens à cause de la lésion de ses cordons postérieurs et il ne coordonne pas mieux les yeux ouverts que les yeux fermés (signe de Romberg) à cause de la lésion de son faisceau cérébelleux ascendant (neurone inférieur des voies cérébelleuses).

8° Dans notre huitième groupe de symptômes, l’équilibre

est perdu au repos au lieu de l’être pendant les mouvements. Ce qui prouve que, si l’appareil d’orientation est commun, l’appareil d’équilibre est différent pour le tonus (repos) et pour les contractions musculaires (mouvements).

Nous plaçons là : les mouvements involontaires au repos de certains tabétiques (ataxie du tonus) (1), signalés d’abord et décrits par Rosenbach (1876); les chorées (chorée de Sydenham, chorées symptomatiques ou mouvements choréiformes, chorée lente des extrémités ou athéiose, chorée de Huntington...). Nous avons vu plus haut (p. 16) que, pour les chorées organiques, Touche se rallie à la théorie de Bonhœfer (2) et de Muratow qui place les lésions de ces cas sur le trajet du faisceau coordinateur qui unit l’écorce cérébelleuse et l'écorce périrolandique par le pédoncule cérébelleux supérieur, le noyau rouge et le thalamus (voir fîg.. 3, p. 47).

9° Inutile d’insister sur le tremblement intentionnel de la sclérose en plaques et les mouvements posthémiplégiques à forme de sclérose en plaques (3).

J’ajouterai seulement que Luciani (4) a constaté dans les bras d’un singe opéré du cervelet un véritable tremblement intentionnel, que Ferrier avait d’ailleurs déjà signalé et qu’il avait comparé au tremblement de la sclérose en plaques.

10° Luciani a aussi comparé au tremblement de la paralysie agitante ce qu’il a observé sous le nom d’astasie chez les animaux opérés du cervelet.

C’est un exemple expérimental de notre dixième groupe de symptômes qui, cliniquement, comprend le tremblement de la paralysie agitante et l’hémiparalysie agitante posthémiplégique (5).

(1) Voir mes Leçons sur les mouvements involontaires au repos chez les tabétiques; ataxie du tonus. Leçons de clin, médicale, t. II, 1896, p. 271.

(2) Les idées de Bonhoefeii sur la chorée cérébelleuse sont exposées dans deux Mémoires du Monalsclirifl f. Psych. u. Neurol. (1897 et 1898) analysés dans la Revue neurol. (1897, p. 18, et 1899, p. 336).

(3) Voir plus haut, p. 15.

(4) Luciani. Cit. Londe, loc. cil., p. 129.

(5) Voir plus haut, p. 15.

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