‹ Diagnostic des maladies de l'encéphaleChapitre 21 sur 34 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

de Bechterew, les noyaux des oculomoteurs, le pont, le cervelet... appartiennent au mésencéphale ou au rhom-

benccphale (1). . . , .

11 y a aussi un vertige cérébral : il est plutôt périphérique, parce que, le vrai centre générateur du vertige étant le polygone, l’écorce cérébrale ne produit^ ce symptôme qu'en provoquant le polygone à la façon d’une excitation périphérique. A cette catégorie nous rapportons le vertige des épileptiques, des hystériques, des neurasthéniques, des paralytiques généraux, des psychiques... et aussi le vertige par suggestion ou autosuggestion. Le sujet qui peut, en y pensant fortement, se donner un vertige avec nausées a évidemment un polygonë disposé à se déclancher facilement.

5° L’aslasie abasie (Blocq, 1888) est un syndrome répondant à des états divers et il importe de distinguer divers types répondant à des causes diverses (2). Le premier de ces types, aslasie abasie paralytique, représente le trouble d’équilibre porté sur notre tableau.

Cliniquement, on ne l’a guère observé que dans 1 hystérie ou dans la névrose posthémiplégique (3).

Cependant Cenas (4) vient d’en observer un cas produit par une méningite alcoolique avec ostéome de la taux comprimant le lobule paracentral droit (lésion surtout irritative).

Expérimentalement, il faut rapprocher ce symptôme de ce que Luciani (5) a observé (après les lésions du cervelet chez le singe) sous les noms de « asthénie, atonie et astasie ». S’il n’y a pas paralysie de la motricité volontaire (Laborde, Ferrier, Vulpian, Londe),il y a trouble de l'équilibre par déficit ou par akinésie.

6° Notre sixième groupe de symptômes comprend d’abord les phénomènes d’entraînement, rotation, roulement, observés expérimentalement : après lésion du cervelet, par Flourens, Ferrier (6) ; après lésion des pédon-

(1) Pour la signification de ces termes, voir le tableau I, p. 10, de notre Anatomie clinique des centres nerveux.

(2) Voir mes Leçons sur un cas d’hystérie mâle avec astasie abasie. Leçons de clin, médic., 1801, t. I, p. 131.

(3) Voir plus haut, p. 16.

(1) Cenas. Loire médic., 1893 ( Revue neurol., 1893, p. 299).

(3) Luciani. Cit. Lonhe, toc. cil., p. 128.

(G) On en trouvera une bonne description dans la thèse citée do Thomas, p. 3Û6.

cules cérébelleux, par Magendie, Flourens; après altération des canaux semi-circulaires, par Fiourens, Laborde, Vulpian, Cyon, Brown-Sequard, Bechterew, Thomas.

Eu clinique humaine, Pierret (1), Curschmann (2), Mescbede (3) ont décrit des symptômes analogues. L’entrainement, toujours du même côté, et souvent la chute sont classiquement observés dans les lésions labyrinthiques. Le nystagmus et surtout la déviation conjuguée de la tète et des yeux (Vulpian, Prévost) (4) peuvent aussi, dans un certain nombre de cas, être considérés comme des phénomènes d’entraînement partiel. Je dis « dans certains cas », parce que dans d’autres la simple paralysie de l’hémiocuîomoteur peut entraîner la déviation conjuguée par action, non contrebalancée, du symétrique, sans véritable entrainement pathologique.

Au môme groupe symptomatique appartiennent, plus nettement encore, les impulsions des Parkinsoniens.

Enfin l’équilibre peut être troublé (dans la marche ou au repos) par des rigidités ou des contractures, des spasmes ou des tics... mais ceci appartient déjà aux parakinésies.

7° Nous connaissons déjà bien, dans ce groupe, l’ataxie des tabétiques (5) et l’hémiataxie posthémiplégique (6). Il faut y joindre l’incoordination cérébelleuse ou démarche ébrieuse, l’asynergie cérébelleuse sur laquelle Babinski (7) vient d’attirer l’attention et la démarche tabétocérébelleuse (Charcot) de la maladie de Friedreich (8).

Les expérimentateurs ont vü la déséquilibration, la démarche ébrieuse, l’ataxie titubante chez les animaux : Laborde, après la lésion du pédoncule cérébelleux inférieur; Ferrier,' Luciani, après la lésion du cervelet; Ewald, Goltz,

(1) Pierret. Revue de médecine, 1877. Cit. weill. Thèse d’agrégat. sur les vertiges, p. 12.

(2) Curschmann. Revue des sc. me'dic., t. III, p. 116.

(3) Meschede. Cit. Thomas, loc.cit., p. 163.

(4) Outre la thèse de Prévost (1868), voir du même auteur : De la déviât, conjuguée des yeux et de la rotation de la tête en cas de lésions unilatérales de l’encéphale. Volume jubilaire de la Socié lé de biologie pour lo cinquantenaire de sa fondation.

(5) Voir : Diàgn. des mal. de la moelle. Siège des lésions., p. o.

(6) Voir plus 'haut, p. 15. , ....

(7) Babinski. De l’asynergie cérébelleuse. Revue neurol., 18JJ,

(8) Ce même trouble d’incoordination se mamleste par le nystagmus pour les yeux, la dysarthrie pour la parole. Voir, pour la parole cérébelleuse, le chapitre du langage.

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