LES APHASIES ET PARAPHASIES
Ce groupe comprend les troubles de la faculté que nous avons d’exprimer notre pensée par des signes (facultas signatrix de Kant, faculté symbolique de Finkelburg) : l’idéation d’un côté, la fonction d’articulation des mots de l'autre, sont suffisammentconservées pour que le langage soit possible; mais il y a impossibilité ou difficulté pour passer soit de l’idée au mot, soit du mot à l’idée. Le langage comprend le parole, l’écriture et les gestes (mimique).
Le langage normal, physiologique, nécessite 1 intégrité de toutes les voies comprises dans le schéma ci-contre (fig. 5). Un mot ou une phrase vient de l’extérieur, par l’ouïe (aA) ou par la vue (vV), aux centres (AY) des sym-
(1) Voir mon Anatomie clin, des centres nerv., p. 71, et le tableau de la page 84.
(2) C’est l’analogue du polygone de l’automatisme psychologique (psychisme inférieur).
(3) C'est l’analogue du polygone de l’orientation et de l’équilibre.
(4) Ladame a insisté (Rapport au Congrès do Paris de 1900 sur l'aphasie motrice pure) sur la nécessité de distinguer les aphasies (lésion des neurones d association) et les anarthries (lésion des neurones de projection). — Voir aussi Déjeiune, loç. cil., p. 391.
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boles sensitifs et 'visuels; de là, va au centre O (1), y devient idée; la réponse plus ou moins réfléchie repart de O, va aux centres des images motrices des symboles (EM) et de là s’exprime par la parole (Mm) ou par l'écriture (Ee). Si le sujet parle ou écrit spontanément, O actionne directement M ou E (fig. 5).
Dans le langage automatique, O n’est plus compris dans
l’arc nerveux ; il y a un court circuit, intrapolygonal. Le malade répète automatiquement ce qu’il entend ou lit machinalement à haute voix, sans y réfléchir, ou copie ce qu’on lui dicte ou ce qu’il voit sans y penser : dans ces cas, 1 arc est formé par aAMm, vVMm, aAEe ou vVEe.
Le langage intérieur a son appareil formé par le polygone, le centre O et les connexions idéopolygonales.
Nous simplifions beaucoup les choses dans ce schéma. D’abord il y a des centres de mimique (2) comme des centres de parole et d’écriture. Puis les centres figurés sont eux-mêmes multiples. Ainsi, A s’applique aux mots,
(I) C’est le centre I du schéma de Brissaud.
(2 Déjeiune (loc. ci*., p. 395) fait remarquer avec raison que les troubles de la mimique « ne se rencontrent que dans des cas d’aphasie de nature très complexe, par le fait même qu elles s accompagnent d’un déficit, en général très marqué, de 1 intelligence ».
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à la musique, aux diverses langues; V, aux mots écrits, imprimés, au dessin, à la peinture, à la musique ecnte ; M aux mots parlés, aux diverses langues, au chant, a l’intonation ; E, aux mots écrits, au dessin, à la musique écrite... De plus, chaque sujet a un tempérament polygonal différent et ces divers centres sont plus ou moins développés ou ont plus ou moins d’ importance, suivant que le sujet est auditif, visuel, moteur ou graphique.
Déjerine n’admet pas ces tempéraments différents et cherche à « établir l’intime union et la subordination des centres, suivant un ordre toujours le même chez tous les individus, et créé par l’éducation (1) ». Il est bon, en effet, de corriger la notion de Charcot, un peu trop absolue, par cette idée de la solidarité des centres chez tout le monde. Mais il me paraît rester vrai qu’en fait (de naissance ou par éducation) les centres prédominants ne sont pas les mêmes chez chacun.
Il faut remarquer aussi (Pitres) que l’éducation développe des connexions spéciales entre les centres polygonaux. « Ce sont celles qui se forment par les associations mnémotechniques, et qui déterminent, dans la
(1) Déjeiune, loc. cil., p. 394 cl 425.
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