LE SYNDROME DES APPAREILS NERVEUX DIGESTIF ET RESPIRATOIRE
Maladies de ces appareils. — Il y a des maladies systématisées de ces appareils. Tels sont les gastro-névroses (l’anorexie nerveuse, la dyspepsie nerveuse, l’atonie gastro-intestinale), l’asthme... Ce sont des maladies fonctionnelles, peu utiles audiagnostic de sièged’une lésion encéphalique. Mais il y a aussi et surtout des symptômes traduisant la localisation sur ces appareils de maladies plus générales.
Symptômes digestifs. — Pour les symptômes digestifs, je citerai, comme exemples, les troubles de la déglutition, les vomissements et les symptômes nerveux des dyspepsies intestinales.
La dysphagie est un symptôme fréquent dans la paralysie labioglossolaryngée et beaucoup d’autres maladies bulbaires et aussfdans certaines lésions hémisphériques bilatérales (paralysiespseudobulbaires). D’après Trapeznikoff (4), il y aurait en effet trois étages de centres de la déglutition situés de la manière suivante (chez le chien) :
1 0 à l’angle postérieur du plancher du quatrième ven tricule; 2°
(1) Semaine médic., 1892, p. 10 t. Voir aussi : Bernaud. De l’embryocardie taehycardique et de l’embryocardie dissociée. Thèse de Paris, 1893, n° 87; et Gillet .Annales de la Policlin. de Paris, 1893, p. 81.
(2) Semaine médic., 1898, p. 353.
(3) Voir : Gillet. Rythmes des bruits du cœur. Biblioth. Charcol-Debove, 1894.
3Thapeznikoff. Corifér. de la clin, neuropsych. de St-Pcoury, 1897. Revue neurol., 1897, p. 348.
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à la partie postérieure de la couche optique et des quadrijumeaux antérieurs; 3° dans l’écorce, au niveau de la région intérieure de la deuxième frontale, a 1 extrémité anterieu!e de la seconde incisure (centre de Bechterew et d’Ostankow), et aussi en un point correspondant a 1 angle formé par la scissure olfactive et la scissure presylvienne, immédiatement au-dessus du trou olfactif. •
Les vomissements s’observent dans les lésions de la base, spécialement dans les régions cérébelleuse et ^ulboprotubérantielle (Mollière et Baudot) (1). Le vomissement peut être alimentaire, bilieux ou aboutir a 1 hematemèse (Coutagne) (2). La plupart des vomissements des tabétiques ont aussi une origine bulbaire (3).
Dans la colite mucomembraneuse, les symptômes nerveux sont si fréquents et si importants qu ils font en Quelque sorte partie intégrante du syndrome, bans es décrire, nous dirons, avec Lyon (4), qu’ « en somme les malades deviennent des nerveux et des nerveux a type neurasthénique ». Ces faits ne peuvent pas nous servir au diagnostic de siège d'une lésion encéphalique, pas plus que les symptômes de Y hystérie digestive, sur lesquels par suite il n’y a pas lieu d’insister.
Symptômes respiratoires. — De même pour les symptômes respiratoires, je laisse délibérément de côté tout ce qui a trait à l’hystérie (tachypnée, toux, bâillements, spasmes, aphonie, hémoptysie...). On ne peut guère invoquer non plus les symptômes respiratoires du tabes dit bulbaire (crises laryngées, paralysies...), parce que les rares autopsies faites (Schlesinger, 1894; Oppenheim, Déjerine et Petreen, Grabover, 1896) ont montre que, dans ces cas, la lésion est plutôt névritique que centrale (5).
Mais il y a aussi des troubles respiratoires liés a des lésions organiques des centres.
(1) Humbert Mollière. Etude sur le vomissement dans les mal. chron. du cerveau (parai, générale et tumeurs). Lyon, 1874. — Baudot. De la valeur diagnost. du vomissem. dans quelques affect, apyrét. de l’encéphale. Th'ese de Paris, 1873.
(2) Coutagne. Des hémorr. gast. et intestin, dans les mal. chron. du cerveau. Gaz. méd. de Lyon, 1802.
(3) Il y a aussi des crises gastriques de tabétiques avec vomissements, dues à de vraies dyspepsies, parfois d’origine médicamentcusc.
(4) Lyon. L’entérocolite mucomembraneuse. L'Œuvre méd. chirurg., 1900.
(5) Voir Déjerine, toc. cit., p. 1020.
94 CENTRES NERVEUX VISCÉRAUX
Ces centres encéphaliques sont en deux étages (1) :
a) L’inférieur (Legallois, Flourens) est situé (2) dans le bulbe, vers l’origine des pneumogastriques, au sommet du Y du calamus, sur le plancher du quatrième ventricule (nœud vital) : il y aurait là un centre inspirateur et un centre expirateur.
b) Le supérieur est formé par les centres cérébraux de la phonation et de la respiration, qui sont localisés dans l’opercule (3).
Diverses lésions peuvent atteindre ces régions. Je citerai : la paralysie labioglossolaryngée et les diverses maladies du bulbe, la méningite de la base, les lésions hémisphériques étendues ou bilatérales (paralysies pseudobulbaires...).
Les symptômes observés alors sont variés : crises d’étouffement avec cyanose et tendance à la syncope, impuissance à expirer tout l’air contenu dans la poitrine, sensation de plénitude intrathoracique, fatigue très rapide par la parole, respiration stertoreuse — respiration irrégulière, type de Cheyne Stokes (4), discordance entre les mouvements du diaphragme et ceux du thorax dans l’acte respiratoire (5) — dyspnée continue et paroxystique, voix faible, rauque, aphonie (paralysie des constricteurs laryngés), dyspnée avec tirage et sifflement (paralysie des abducteurs des cordes vocales), béance de la glotte et introduction facile des corps étrangers dans le larynx — crises asthmiformes.
(1) Je laisse le centre médullaire qui n'appartient pas à mon sujet.
(2) Voir mon Anat. clinique , p. 94.
(3) Voir plus haut, p. 81.
(4) J'ai essayé de démontrer (Voir le travail de Blaise et Brousse. Montpellier médical , 1880, t. XLIV, p. 310) que, du moins dans bien des cas de Cheyne Stokes, le fait primordial est la tachypnée, l’apnée n’étant que la conséquence de l'épuisement bulbaire produit par cette crise d'excitation sur un centre respiratoire affaibli.
(5) Dans la méningite tuberculeuse (Déjerinf., loc. cit., p. 1018).