‹ Diagnostic des maladies de la hancheChapitre 13 sur 38 · I. PLAIES DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

I. PLAIES DE LA HANCHE

Les plaies de la hanche par instruments piquants et par instruments tranchants sont d’un diagnostic facilequand elles n’atteignent que les parties molles ; si la plaie est large, on reconnaîtra de suite quels’ sont les tissus lésés; si elle est étroite, sinueuse, on pourra craindre une blessure des os ou de l’articulation.— Des blessures du grand trochanter ont donné lieu à des fistules de longue durée. — On a rarement l’occasion d’observer des plaies pénétrantes de Y articulation coxo-fémorale profondément située au milieu des parties molles; cependant elle peut être atteinte en avant où elle est plus superficielle. Une plaie faite en ce point donne lieu à un écoulement de synovie, que l’on ne confondra pas avec un écoulement de sérosité provenant de la bourse séreuse des psoas. L’écoulement de synovie est plus prolongé que celui qui provient de la bourse séreuse. Il faut se garder de sonder les plaies péné-

trantes de l’articulation pour chercher quelle peut être l’étendue des désordres et s’il y a un corps étranger.

Les plaies par armes à feu sont plus graves et présentent aussi plus souvent des difiicultés dans le diagnostic. — Il faut ici, contrairement au précepte donné pour les plaies par instruments tranchants, explorer la plaie pour reconnaître les tissus lésés et la présence des corps étrangers. — On observera des fistules quand les os auront été dénudés, nécrosés.

Le point important du diagnostic est de savoir si le projectile a atteint les os, si l’articulation est ouverte, s’il y a des corps étrangers. L’exploration de la plaie donnera des renseignements précieux, de même que la direction du trajet suivi par le projectile, l’examen de ses points d’entrée et de sortie. Néanmoins le diagnostic est quelquefois très-difficile. Jobert (1) rapporte que l’on a vu une balle entrer par la pointe de la fesse, et sortir vers la partie supérieure et interne de la cuisse en contournant l’articulation sans la toucher. — Fauraytin a publié (2) une observation de plaie par arme îi feu du grand trochanter ayant simulé une fracture du col du fémur.— Parfois aussi la peau n'offre que des lésions peu considérables qui ne sont pas en rapport avec les dégâts profonds; M. Legouest parle d’un zouave qui reçut à l’Alma un coup de feu traversant l’aine et la fesse. Le blessé marcha pendant dix jours, malgré toutes les observations qu’on lui fit, avec une fracture complète de toute la partie supérieure de la cavité cotyloïde, fracture constatée seulement à l'autopsie (3).

Les plaies par armes à feu de la hanche se terminent quelquefois par ankylosé; Larrey rapporte (A) l’histoire d’un officier atteint d’un coup de feu à la hanche au siège d’Alexandrie et guéri avec ankylosé. L’autopsie faite 20 ans plus tard fit reconnaître une fracture du col du fémur avec implantation de la balle dans la base du grand trochanter.

(1) Jobert, Plaies d’armes à feu, p. 240.

(2) Bull. Soc.anat., 17e année, p. 192.

(5) Pana», Bict. dechir. pratiq., 1865, article Articulât., p. 522 (4) Larrey, Cliniq., t. V, p. 245.

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