II. CONTUSION DE LA HANCHE
Le coups, les chutes sur la hanche peuvent produire soit une fracture, une luxation, une entorse, soit une simple contusion avec ou sans épanchement sanguin; cette contusion peut ellemême porter sur les parties molles, sur le grand trochanter ou sur l’articulation. Chaque fois qu’il y a eu contusion il faut donc rechercher laquelle de ces lésions existe.
La contusion s’accompagne de gonflement etd’une douleurquelquefois assez vive pour entraîner l’abolition temporaire des fonctions du membre; le bassin présente alors une inclinaison latétérale qui a pour résultat d’élever l’épine iliaque du côté malade et de faire croire à un raccourcissement; le membre est dans une légère flexion avec rotation en dehors. Aussi est-on quelquefois très-embarrassé pour arriver au diagnostic, d’autant plus qu’il peut exister des solutions de continuité des os sans changement de longueur et de forme du membre, ou des fractures incomplètes, comme le montre l’exemple cité par Debrou (1) dans la Gazette médicale, d’un homme de 62 ans qui s’était fracturé incomplètement le col du fémur.
Dans la contusion, le malade pourra le plus souvent soulever le membre inférieur et appuyer légèrement le talon sur le sol. Si l’on étudie avec soin la longueur du membre, on verra qu’elle ne présente aucun changement, et qu’il n’y a jamais d’allongement réel, comme quelques chirurgiens ont cru l’observer dans certains cas.
Il nous semble peu probable que la paralysie musculaire consécutive à la contusion puisse être la cause d’un allongement du membre, comme le croyait Bérard. — D’ailleurs cette paralysie s’observe beaucoup moins fréquemment à la hanche qu’à l’épaule.
La contusion de la hanche ne porte pas directement sur l’articulation coxo-fémorale protégée par les parties qui l’entourent, mais elle se transmet par le col et le grand trochanter. Il est
(1) Gazette médicale, 1844, p. 175.
t ès-difficile au début de savoir si Y articulation a été contuse, ca les douleurs siégeant dans les parties voisines se confondent avec celles qui ont leur point de départ dans l’articulation; mais si les douleurs persistent et surtout si par une pression sur la partie antérieure de l’articulation on les augmente, on sera autorisé à admettre une contusion de l'articulation et il faudra agir en conséquence, car des altérations graves peuvent succéder à ce traumatisme.
La contusion du grand trochanter existe presque toujours dans les coups sur la hanche ; elle s’accompagne de douleurs qui persistent longtemps et qui inquiètent parfois le chirurgien, dans la crainte où l’on est de voir une inflammation de l’articulation se développer. Ces douleurs opiniâtres peuvent tenir à un écrasement de la lame externe du trochanter et à son enfoncement dans le tissu spongieux ; des expériences faites sur le cadavre ont démontré h Bonnet la possibilité de ces lésions. La contusion du grand trochanter est quelquefois suivie d’une ostéite qui peut se terminer par des abcès; on observe aussi assez fréquemment des épanchements sanguins au niveau de la face externe de cette éminence; ils peuvent s’enflammer, s’accompagner de périostite et être suivis de fistules, comme le démontrent plusieurs observations.
Les contusions des parties molles ne présentent rien de particulier; les douleurs disparaissent plus rapidement, et l’on voit rarement des paralysies survenir comme à l’épaule. Quant aux décollements de la peau , aux épanchements sanguins sous-cutanés ou sous-aponévrotiques, on les reconnaîtra à leurs signes ordinaires, mais quelquefois avec plus de difficultés que dans les autres régions.