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IV. DISJONCTION ÉPIPHYSAIRE

On sait que l’extrémité supérieure du fémur se développe par

(1 ) Union médicale. 1847, 1. 1, p. 71. ;2) iju.ll. Soc. anal., 9e année, p. 120.

trois points d’ossification, un pour la tête et un pour chaque trochanter; le grand et le petit trochanter s’unissent à la diaphyse vers l’âge de 16 à 17 ans, et la tête fémorale se confond avec le col vers l’âge de 17 à 18 ans . Ces épiphyses peuvent être séparées du corps de l’os par des traumatismes, et donner lieu à des symptômes analogues à ceux qu’on retrouve dans la fracture du col ou la luxation du fémur, comme le prouve une observation très-intéressante de M. Bousseau.

Obs. I. Disjonction épiphysaire traumatique de la tète du fémur et des épines iliaques antérieures (1).

Un jeune homme de 15 ans est renversé par un cheval, et la roue d’une voiture pesamment chargée lui passe sur le bras et la hanche gauches.

Perte de connaissance. — On constate une tuméfaction considérable dans le flanc gauche, l’hypogastre et la partie supérieure de la cuisse. — Peau intacte, ecchymosée. — Epanchement sanguin considérable dans le tissu cellulaire et les muscles.

Le membre est raccourci, le talon gauche en rapport avec la malléole interne du côté droit, la jambe légèrement fléchie, la cuisse dans l'abduction; le membre tout entier repose sur son bord externe devenu postérieur. — Le malade, revenu de sa syncope ne peut imprimer au membre aucun mouvement.

Nouvelles syncopes dans la soirée; mort.

Autopsie. Capsule fémorale déchirée à sa partie interne dans une assez grande étendue.— La demi-sphère cartilagineuse qui représente la tête du fémur est corn plétement séparée du col; on dirait qu’on a fait une coupe sur la tête fémorale, au milieu du rebord cotyloïdien. — Lambeau de périoste de 2 millim. de large qui relie les deux fragments.

La surface fracturée du col est convexe, le tissu est peu dense,! grisâtre. Au microscope, ostéoplastes incomplets et chondroplastes n voie de transformation. — Du côté de la tête surface fracturée concave. Au microscope on ne trouve guèer que du cartilage.

La disjonction s’est donc faite à l’uuion de la portion chondroïde avec la portion spongoïde.

Décollement étendu du périoste du col, déchirure de ce périoste qui s'étend jusqu’au petit trochanter.

On remarquera que ce fait n’a été constaté qu’â l’autopsie, et que rien dans les symptômes observés sur le malade ne permettait de caractériser nettement la nature de la lésion.

(i) Bull. Soc. anat., 1867, p. 28S.

NoüS ajouterons que Velpeau, cité par M. Labbê (1), a signalé chez les enfants la disjonction des trois pièces de l’os iliaque, sous l’inlluence d’un traumatisme.

v. Entorse.

L’articulation coxo-fémorale est quelquefois soumise a des mouvements forcés qui peuvent être suivis de distensions, de déchirures des parties molles appartenant à l’articulation, ce qu’on observera surtout dans les mouvements forcés d’extension et d’abduction. Dans ces cas on constatera l’existence de douleurs au niveau de l’articulation et de la gêne dans les mouvements; l’examen de la région malade ne donnera pas de signes positifs permettant de distinguer l’entorse de la contusion de l’articulation, mais si l’on a des renseignements sur la position du membre au moment de l’accident, sur les mouvements forcés qu’il a subis alors on pourra croire qu’il y a entorse. Il serait très-important de pouvoir porter le diagnostic dès le début, car l’entorse est chez les individus prédisposés une des causes occasionnelles les plus fréquentes de la localisation des arthrites chroniques et elle demande alors dans le traitement des précautions particulières.

L’entorse pourra être confondue non-seulement avec la contusion, mais avec une fracture de la cavité cotyloïde, avec une fracture du col, et plus rarement avec une luxation. — M. Sédillot en 1838 a publié sous le litre de contusion Une observation trèsintéressante que nous croyons devoir interpréter d’une manière différente, précisément en nous fondant sur les circonstances dans lesquelles s’était produit l’accident.

La discussion de ce cas montrera qu’un traumatisme de la hanche sans luxation, ni fracture, peut donner lieu à des symptômes analogues à ceux qu’on observe dans ces derniers cas. Voici un extrait de cette observation.

(1) Labbé, De la coxalgie , Th, agrégat, 1865.

Obs. II. Entorse de l’articulation coxo-fèmorale.{ëèAi\\ot, Contribut. à lachirurg., 1868, t. I, p. 575.)

P..., âgé de 28 ans, tombe à la renverse sur la hanche droite et le grand trochanter, en descendant un escalier. — Le pied droit, engagé sous la rampe, empêche le corps de glisser sur les marches, et les mains retiennent le tronc. Craquement dans la hanche au moment de la chute.

P... se relève sans pouvoir poser le pied droit à terre et gagne son lit avec l’aide d'un camarade. — Aussitôt après l'accident, on constate un raccourcissement du membre inférieur droit, la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin et portée dans l’abduction.

On observe les modifications suivantes dans la mobilité du membre blessé. — Le pied droit reste dans la rotation en dehors, mais le malade peut le diriger en avant et le porter en dedans. — Tl peut élever le membre dans sa totalité et le laisser étendu; l’adduction est gênée, l’abduction libre, la circumduction facile; le malade peut s’appuyer légèrement sur le talon.

La douleur présente les caractères suivants : elle est vive à la pression sur l’aine, le grand trochanter et l’articulation ; elle est nulle dans les mouvements d’abduction; elle augmente dans l’adduction et la flexion forcée. — On entend un bruit de frottement dans l’aine.

Le pli de l’aine droite est plus profond, plus oblique. — Le pli de la fesse est plus oblique en haut et eu dehors. — Le rachis offre dans la station verticale une déviation latérale à convexité regardant à droite.

Deux mois après l’accident, le malade était complètement guéri.

Dans cette observation la caisse était dans la flexion, l’abduction et la rotation en dehors, l’épine iliaque était plus élevée et plus en arrière que celle du côté sain, en un mot il y avait une déviation du bassin et en même temps une déviation de la colonne lombaire. Ces symptômes avaient fait penser à une luxation et à une fracture du col, mais il paraît probable qu’ils ont été occasionnés par un tiraillement des parties fibreuses de l’articulation, produit par la position forcée qu’avait le membre au moment de la chute.

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