‹ Diagnostic des maladies de la hancheChapitre 36 sur 38 · I. TUMEURS DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

I. TUMEURS DE LA HANCHE

Sans parler de toutes les tumeurs qui peuvent se présenter en celte région, des tumeurs fibro-plastiques, par exemple, dont M. Larrey (1) a observé un cas, je signalerai seulement les cancers et une observation intéressante de tumeur du grand trochanter.

§ 1. Cancers oe la hanche.

Si nous parlons des cancers de la hanche, ce n’est pas qu’ils présentent en cette région des symptômes particuliers, mais parce que dans certains cas ils peuvent donner lieu à des erreurs de diagnostic. Il suffira le plus souvent d’être prévenu de la possibilité du fait pour ne pas tomber dans l’erreur; c’est ce que

(1) Bull. Soc. anat., 27e année, p. 17.

prouve, du reste, le petit nombre des observations que l’on trouve dans la science. Je me contenterai de les indiquer. Si le cancer primitif de la hanche est rare, il n’en est pas de même du cancer secondaire.

Obs. XII.— M. Gosselin (l'i a cité un cas d’ostéosarcome de l’extrémité supérieure du fémur qui fut pris pour une coxalgie , tellement les douleurs étaient vives dans l’articulation coxo-fémorale.

Obs. XIII (2).— Un homme de quarante- sept ans présente des tumeurs cancéreuses en divers points du corps. La tête du fémur gauche est hypertrophiée, ainsi que la lame osseuse qui forme le fond du cotyle ; le tissu osseux est infiltré de matière encéphaloïde, il y avait une luxation spontanée. (Présenté par Castelnau.)

Obs. XIV.— Encéphaloïde ramolli dubassin et delà hanche, pris pour des abcès de larégion. — Obs. de Bérend (5). La cuisse était fortement fléchie ; autour de la hanche trois grosses tumeurs fluctuantes qu’on prit pour des abcès. On fit la resection et l’on trouva un encéphaloïde du bassin et de la hanche ; les prétendus abcès étaient des masses cancéreuses ramollies.

§ 2. ALTÉRATION KYSTIQUE DU GRAND TROCHANTER.

M. Ollier a rencontré sur un homme de quarante-cinq ans une tumeur fluctuante du grand trochanter, renfermant un liquide visqueux, filant et d’une transparence à peu près parfaite. Le liquide était contenu dans une cavité anfractueuse présentant des aiguilles et des arêtes osseuses en différents sens. Le malade guérit.

M. Ollier a bien voulu nous communiquer l’observation de ce malade.

Obs. XV. — Altération kystique du grand trochanter. — X..,, âgé de quarante-cinq ans, entre à l’Hôlel-Dieu de Lyon en juillet 1866, salle Saint-Louis, n° 10, service de M. Ollier.

Affection de la hanche du côté droit dont le début remonte à sept ou huit mois et qui, depuis six semaines, condamne le malade à un repos absolu. L’extrémité supérieure de la cuisse est gonflée, douloureuse à la pression, surtout au niveau du grand trochanter. Le gonflement va en décroissant à partir de ce point. En bas, il empiète légèrement sur le tiers moyen de la cuisse. En haut et en arrière il

(1) Bonnes Th. Montpellier, 1860.

(2) Bul. Soc. anat, 18e année, p 15.

(3) Bul. Soc. chir., 1865, p. 55.

s’étend jusqu’à la crête iliaque; en dedans il est à peine appréciable. Rien du côté du pli de l’aine et de la fosse iliaque interne. Les petits mouvements imprimés à l’articulation ne sont pas douloureux; mais exagérés, le malade souffre ; on le place dans la gouttière de Bonnet. Frictions avec l’onguent mercuriel belladoné. Cataplasmes de farine de lin. Sous l’influence de ce traitement, les douleurs et la tuméfaction ne tardent pas à diminuer; toutefois, les parties accessibles du grand trochanter restent toujours très-douloureuses à la pression. En outre le malade se plaint d’élancements à ce niveau. Autant qu’il était permis d’en juger, le grand trochanter du côté malade avait trois fois le volume de celui du côté sain. Pas de fluctuation franche, mais empâtement profond. Au bout de quelques jours, la fluctuation devient des plus évidentes, l’os paraît interrompu à ce niveau. Pas de crépitation papyracée. On ouvre avec le bistouri . Il s’écoule un liquide visqueux, filant et d’une transparence à peu près parfaite. Le malade qui souffrait encore fut immédiatement soulagé; un stylet introduit par l’ouverture permit de reconnaître l’existence d’aine cavité anfractueuse avec des aiguilles et des arêtes osseuses dans différents sens. On continue l’usage des cataplasmes. Au bout de deux jours le liquide devient purulent; mais un peu plus tard, et malgré les injections dètersives qu’on faisait matin et soir, le malade est pris de fièvre et de symptômes septicémiques. Un abcès se forme derrière le grand trochanter ; on l’ouvre et il s’en écoule une grande quantité de pus ichoreux et fétide. Sur ces entrefaites, le malade est réclamé par sa famille; il retourne à la campagne, et trois mois après il était guéri. Au bout d'un an il marchait assez facilement avec un bâton.

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