TROUBLES MOTEURS TROUBLES SENSITIFS
Qj O 2
Long du cou; scalènes); grand dentelé; sous-scapufaire ; deltoïde ; grand pectoral ; biceps brachial ; brachial antérieur; rond pronateur; grand palmaire; long et court supinateurs ; radiaux externes ; abducteur, opposant et court fléchisseur du pouce.
Long du cou : scalènes ;
, angulaire de l'omoplate; rhomboïde; grand dentelé ; sousclavier ; sousépineux ; susépineux ; petit rond ; sousscapulaire ; deltoïde ; biceps brachial ; brachial antérieur.
Tronc et membre inférieur, comme ci-dessus. Anesthésie de toute la moitié interne du membre supérieur en avant et en arrière, de toute la main et de tous les doigts, de l'avant-bras (sauf une zone mince radiale qui est hypesthésiée), le milieu de la face postérieure du bras sur le triceps.
Hypesthésie du reste du domaine de l’axillaire au bras et à l’épaule.
Absence des réflexes du membre supérieur.
(Affection mortelle en quelques jours ou quelques semaines.)
Tronc, membre inférieur et tout le membre supérieur au-dessous de la ligne du cou et de l'épaule.
(Affection mortelle en quelques jours ou quelques heures.)
On retiendra facilement la distribution sensitive radiculaire des diverses parties de la moelle brachiale en plaçant le sujet à quatre pattes et le membre supérieur tourné de 90° (dans sa position primitive), le pouce en avant. On voit alors la sensibilité distribuée en trois bandes parallèles (occupant chacune la longueur entière du membre) : la postérieure innervée par la lre dorsale et la 8e cervicale, la moyenne par la 7e et une partie de la 6e cervicale, l’antérieure par une partie de la 6e et la 5e cervicale. Donc, comme pour le membre inférieur et le tronc, les zones de distribution radiculaire se suc-
MOELLE BRACHIALE
cèdent d'arrière en avant dans le même ordre et de la même manière que les paires rachidiennes elles-mêmes.
Pour la distribution motrice, on se rappellera que la paire inférieure (lre dorsale) correspond au médian et au cubital et les paires supérieures (5e, 6e et 7e cervicales) au circonflexe et au radial. Marinesco a précisé la position de ces noyaux d’origine dans un travail récent (1): il montre notamment que chaque nerf a un noyau principal et des noyaux accessoires et que chaque nerf tire son origine de plusieurs segments médullaires. « C’est ainsi que le cubital et le médian dont la source principale est constituée par le huitième segment cervical reçoivent encore des libres de la septième cervicale et en plus du segment dorsal. »
Les réflexes qui ont leur centre dans cette portion de la moelle sont d’abord tous les réflexes cutanés et tendineux du membre supérieur : le réflexe tendineux du biceps étant celui qui a son centre médullaire le plus haut (5e cervicale).
Dans la môme région est aussi le centre ciliospinal, dont la présence est capitale pour la séméiologie de cette région : les fibres excitatrices oculopupillaires sortent de la moelle par la 8e cervicale et surtout la irc dorsale pour se rendre, par le rameau communiquant, au ganglion cervical inférieur du sympathique.
Les expériences de Claude Bernard et de Mme Déjerine-Klumpke (1885) le démontrent. Quand on pratique, chez un animal, la section ou l’arrachement des racines d’origine du plexus brachial, on voit survenir des phénomènes pupillaires chaque fois que le rameau communiquant de la lre paire dorsale est lésé, et seulement alors.
Il y a aussi une série de faits cliniques confirmatifs. Raymond (2) cite ceux de Prévost, Pfeiffer, Ileubner,
(1) Marinesco. Contr. à l’étude des localisât, des noyaux moteurs dans la moelle épin. Revue neurol., 1898, p. 463.
(2) Raymond. Parai, radicul. du plexus brach. (1 déc. 1894);
DIAGNOSTIC EN HAUTEUR
Bruns, Monter, Muller et surtout Sands et Seguin (1873). Dans ce dernier cas, il y avait paralysie traumatique du plexus brachial sans troubles oculopupillaires ; pour remédier à de violentes douleurs, Seguin sectionne les racines inférieures du plexus et le myosis apparaît. Oppenheim a pu exciter les premières paires dorsales chez un homme dont on avait trépané le rachis : seule, l’excitation de la lre paire dorsale a déterminé une mydriase considérable qui se maintenait pendant quelques secondes.
Cliniquement, si la mydriase indique l’excitation de ce centre ciliospinal (partie inférieure de la moelle brachiale), la lésion destructive de cette même région de moelle entraînera le myosis, le rétrécissement de la fente palpébrale et la rétraction du globe oculaire.
De tout cela résulte facilement la description du syndrome radiculaire de la moelle brachiale : les douleurs, les paralysies, les anesthésies, les amyotrophies, les troubles vasomoteurs et réflexes se distribuent suivant le tableau anatomophysiologique que nous venons de donner.
Le syndrome peut d’ailleurs être total ou partiel. Dans ce dernier groupe, il y a un grand nombre de variétés. Mais on peut distinguer deux types principaux : le type supérieur et le type inférieur.
Dans le type supérieur (Erb, Duchenne) sont atteints le deltoïde, le biceps, le brachial antérieur et le long supinateur (Erb), souvent aussi les sus et sousépineux, le faisceau claviculaire du grand pectoral, le court supinateur (Duchenne). C’est la paralysie, partielle ou totale, des 5e et 6e paires cervicales.
Dans le type inférieur (Klumpke), sont atteints les muscles du médian et du cubital : paralysie de la lre paire dorsale.
parai, radicul. sensit. du plex. brach. (22 mars 1895); un cas de parai, radicul. du plex. brach. dr. (4 avril 1896); Leç. sur les mal. du syst. nerv., 1896, 1. 1, p. 217 et 239; 1897, t. II, p. 379.
MOELLE BRACHIALE
Les troubles oculopupillaires ne servent pas seulement à préciser la hauteur de la lésion. Ils permettent aussi de dire, dans certains cas, si la lésion est dans le plexus brachial ou dans ses racines. Car les troubles n’apparaissent pas quand les mêmes nerfs (huitième cervicale et première dorsale) sont atteints au-dessous de l'émergence du rameau communiquant par le grand sympathique. C’est donc là un puissantélément de diagnostic différentiel.