LE SYNDROME MÉTAMÉRIQUE OU SEGMENTAIRE DE LA MOELLE BRACHIALE
C’est avec les anesthésies segmentaires des membres dans la syringomyélie et avec la distribution métamérique des zonas des membres que Brissaud a fait la théorie du métamérisme médullaire.
Pour la syringomyélie (I), il cite notamment un fait de Gilles de la Tourette et Zaguelmann (1889) et un de Parmentier (1890) de thermanesthésie en gants (longs, jusqu’au coude), puis un fait de Debove et un de Souques (1891) d’anesthésie dissociée en manches. Il analyse ces faits et montre que, notamment pour le gant, il faut une partie des trois nerfs cubital, médian et radial. Ce n’est donc pas une distribution névritique. Ce n’est pas non plus la distribution radiculaire, que nous savons être en bandes longitudinales, parallèles à l’axe du membre. C’est la distribution segmentaire correspondant au métamérisme médullaire.
Pour les zonas (2), on en voit aussi dont l’éruption présente une distribution segmentaire : tels les faits deHead et de Mannkopf. Brissaud fait ensuite remarquer qu’il en est de môme pour beaucoup de maladies cutanées.
(1) Brissaud. Leç. sur les mal. nerv., 1895, p. 215.
(2) Brissaud. Sur la distribut, métamér. du zona des membr. Presse méd., Il janvier 1896, et Revue neurol ., 1896, p. 110.
DIAGNOSTIC EN HAUTEUR
« Ainsi le cas d ’ichtyose sébacée de Biefel a les zones transversales de la syringomyélie; aux bras en particulier, deux larges bracelets cylindriques entourent la partie moyenne de la région humérale. Dans un récent travail sur les rapports de Y eczéma chronique avec l’anesthésie de la peau, Stoukovenkoff etNikolski ont signalé l’existence d’anesthésies en tranches symétriques et perpendiculaires à l’axe des membres chez des sujets hystériques ou non. Enfin la sclérodermie (1), qui peut se distribuer suivant le trajet d’un nerf ou présenter une topographie radiculaire, peut aussi avoir une distribution segmentaire, métamérique.
Pour les. nerfs moteurs , Joseph Collins (2) avait déjà établi que : « les groupes cellulaires qui donnent naissance au plexus brachial sont au nombre de trois et ils s’étendent depuis la partie supérieure de la 4e paire cervicale jusqu’à la partie inférieure de la lre dorsale.- Les cellules de la portion supérieure de cette aire fournissent aux muscles de l’épaule ou du bras. Les cellules de la partie inférieure donnent à l’avant-bras et à la main. Les noyaux des fléchisseurs sont externes et à un niveau inférieur à ceux des extenseurs. Les cellules qui donnentnaissance aux nerfs qui innervent les muscles extenseurs sont situées plus près de la ligne médiane que celles qui innervent les fléchisseurs (3). »
La même année, d’un fait d’atrophie musculaire avec autopsie, Grœme M. Hammond (4) conclut aussi qu’un groupe cellulaire de la moelle donne les nerfs musculaires à l’avant-bras et un autre groupe à la main.
(1) Brissaud. Pathogénie du processus scléroderm. Presse méd., 1897, p. 285 ( Revue neurol., 1897, p. 365); et Drouin. Quelques cas de sclérod. local, à distrib. métarnér. Th. Paris , 1898.
(2) Joseph Collins. The New-York med. Journ ., 1894, p. 40 et 98. Revue neurol ., 1894, p. 105.
(3) On peut rapprocher ces données de celles que Marinesco a invoquées pour expliquer la fréquence de la « main de prédicateur » dans la syringomyélie.
(4) Grœme M. Hammond, The New-York med. Journ., 1894, p. 1. Revue neurol., 1894, p. 116.