‹ Diagnostic différentiel des tumeurs du seinChapitre 30 sur 33 · CHEZ LES HOMMES ET LES ENFANTS · texte numérisé non relu

CHEZ LES HOMMES ET LES ENFANTS

§ Q. Cancers du sein chez Fhomme, kystes, abcès chronique. Concrétions calcaires. — Le cancer du sein se développe très rarement chez l’homme; cependant il est probable que l’on a beaucoup exagéré sa rareté, car il est peu de chirurgiens qui n’aient eu l’occasion de le rencontrer un certain nombre de fois dans leur pratique Moi-même, j’ai pu en observer deux cas le même jour, lorsque j’étais chargé du service du Bureau central. Cette affection se présente d’ailleurs, chez l’homme comme chez la femme, sous deux formes principales, squirrhe et encéphaloïde. Comme chez la femme, elle tend sans cesse à faire des progrès, jusqu’à cequ’ elle ait fait naître la cachexie cancéreuse. Enfin, la récidive est également à craindre après l’extirpation. Les deux affections sont donc identiques, et les préceptes que nous avons donnés plus haut pour établir le diagnostic des tumeurs squirrheuses et encéphaloïdes doivent, par conséquent, trouver ici leur application. Les kystes, les abcès chroniques, se présentent aussi chez l’homme avec les mêmes caractères que chez la femme : aussi, trouve-t-on plusieurs exemples d’erreurs de diagnostic commises à l’occasion de ces maladies. Je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit précédemment du diagnostic de ces tumeurs. Remarquons cependant que chez l’homme, il sera en général plus facile d’explorer la tumeur, car celle-ci ne sera point recouverte par une couche épaisse formée par le tissu de la glande. I.e problème est d’ailleurs simplifié, puisqu’on n’a point à distinguer ces tumeurs d’avec celles qui dépendent de la lactatiofi ou qui sont liées à quelques troubles des fonctions utérines.

§ 3 . Engorgement des mamelles chez les nouveaux-

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nés. — Il nous suffira d’avoir menliotiné cette singulière affeciibn pour qu’il ne soit pas possible de commettre à son égard une erreur de diagnostic. En effet, avec quelle maladie pourrait-on confondre une tuméfaction des seins qui se montre peu de temps après la naissance, qui s’accompagne d’une induration légère et d’une inflammation peu intense, qui se termine ordinairement en quelques jours par résolu-» tion? Ajoutons cependant que si quelpie circonstance faisait naître le doute dans l’esprit du chirurgien, ce doute serait bientôt dissipé : il suffirait de Comprimer doucement la petite tumeur, dont le mameloii laisserait écouler un fluide lactescent qui, suivant M. Donné, contient tous les éléments du lait.

Quelques auteurs disent avoir vu cet engorgement suivi d’inflammation et d’accidents pareils à ceux qui s’observent parfois chez les nourrices. Le chirurgien reconnaîtrait cette complication auxsymptômes d’un phlegmon ou d’un abcès.

L’humeur lactescente qu’on observe parfois dans la mamelle des nouveaux-nés peut-elle, en s’y accumulant, donner lien à des tumeurs analogues à celles qui résultent de répanchement du lait chez les femmes? Lé fait suivant tend à faire résoudre cette question par l’affirmative,

«Dans le moisde novembredernier, on m’a présente à la clinique, dit M. Riberi,une petite fille âgée de six semaines, née de parents bien portants, mais étant ITès grêle et presque étiolée ; elle offrait deux tumeurs à la région des mamelles, déformé globulaire, indolentes, sans changement de couleur à la peau , du volume d’une pomme, et parfaitement symétriques. En les comprimant avec les doigts, de la circonfé-

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