‹ Diagnostic différentiel entre l'abcès cérébelleux et la pyolabyrinthiteChapitre 22 sur 50 · C. — SIGNES DE COMPRESSION · texte numérisé non relu

C. — SIGNES DE COMPRESSION

@). — Vomissements. — C'est ‘un bon signe en faveur de la complication cérébelleuse : il est rare dans là labvrinthite : dans l’abcès cérébelleux, il ne manque pour ainsi dire Jamais. Ces vomissements ont le caractère des vomissements dits cérébraux.

D'après Raymond: « Sans relation avec l’alimentation, ils surviennent à toute heure de la journée, aussi bien quand lestomac est à l'état de vacuité,

rh

qu'à la suite des repas: mais, de préférence, à Ja suite d'un paroxysme de céphalalgie où quand le malade passe de l’état de repos à l’état de mouvement, du décubitus horizontal à la station assise : ils se produisent sans efforts, ils se rapprochent des régurgitations plus que du vomissement proprement dit ».

b). — Ralentissement du pouls. — Dans la labvrinthite, le pouls est en harmonie avec la température ; quand il y aura ralentissement du pouls, mèême si la température reste élevée, on devra penser à une complication endo-crânienne, à cause de cette dissociation. C’est un phénomène d'hypertension cérébrale.

En dehors de cette lenteur du pouls, il faut noter aussi sa variabilité d’un moment à l’autre : il devient très rapide au moindre mouvement, et cette instabilité du pouls, rappelant celle de la convalescence de la fièvre typhoïde,estun excellent signe d’abcès encéphalique et particulièrement de l’abcès cérébelleux.

c). — Troubles respiratoires. — La compression du bulbe par labcès cérébelleux amène des troubles respiratoires. L'irrégularité de la respiration etsouvent la simple pause inspiratoire suffiront pour mettre sur la voie du diagnostic d'abcès cérébelleux ; mais il ne faut pas oublier que ces troubles cardio-respiratoires ne se montrent qu'à la période terminale de l’évolution de labcès cérébelleux : ils n'auront pas grande valeur de diagnostic, mais ils indiqueront que l'opération ne doit pas être retardée et qu'elle doit être pratiquée avec le minimum d’anesthésie,

TONER

d). — Troubles papillaires. —TIS sont très Importants, quand ils existent, mais ils font trop souvent défaut: ils acquerront beau‘oup de valeur quand lœdème-papillaire sera unidatéral: c'est, d'ailleurs, le seul signe papillaire qui ait de la valeur, car il est évident que linégalité, Ja. paresse papillaire, Ja mvydriase, sont des phénomènes trop banaux pour avoir une valeur sémiologique quelconque. |

Les altérations de là papille sont de trois sortes, suivant l'évolution de l'affection : primitivement, elles sont purement vasculaires : il + à rétrécissement des artères et dilatation des veines, qui sont hypérémiées et serpentines. Plus tard, les altérations portent sur là papille elle-même. Les limites de la papille s'estompent, alors qu'on note une vascularisation eXagérée, avec apparition de fins vaissceaux. Enfin, se produisent les modifications du nerf optique, qui commence à se soulever; la papille perd de plus en plus sa transparence et elle proëémine dans l'intérieur de Fœil, sous forme d'un champignon irrégulier. En réalité, il y. a plus d'œdème que de névrite et la « restitutio ad inteorum » est possible.

Par conséquent, il sera toujours três utile d'exaiminer la papille dès qu'on redoutera une complication cérébelleuse.

e). — Conrulsions. — On à vu des convulsions survenues au cours de labcès du cervelet compliquant la labvrinthite, Il est évident que ces convulsions n'ont aucune espèce de valeur chez l'enfant, Chez l'adulte, les convulsions doivent être rappors

tées à de la méningite séreuse co-existante souvent avec l’abcès du cervelet, Ces convulsions peuvent être généralisées où localisées avec contracture musculaire typique.

f). — Paralysie du facial. — Cette paralysie n’a pas grande valeur sémiologique, car elle peut être provoquée par là carie du rocher au cours d'une otite. De même qu'elle peut être due à une compression du nerf dans la fosse cérébelleuse. Elle conserve cependant une certaine importance, car elle peut servir à localiser l'intervention d’un côté ou de l’autre, s’il y a, par exemple, otite double et Coma.

g). — Paralysie de labducens. — Cette paralysie se montre très fréquemment au cours de la labvrinthite et plusieursauteurs, Gradenigo, Lannois, Sachs, lexpliquent par une plaque de méningite située à la pointe du rocher: Urbantschitsch prétend que là plupart du tempsiln'v aurait pas de paralysie vraie, mais ce phénomène serait dù à un réflexe d'origine vestibulo-réfiexe: c'est une conséquence qu'il tire de Fexplication qu'il donne pour là production du nystagmus céphalique. Cette paralysie n'aura donc pas une erande importance au point de vue du diagnostie, car le vie échappe à la compression du cervelet.

h).-- Paralysie des membres.— Si cette paralysie se montre, elle peut être un bon signe d’abcès cérébelleux.

En général, elle n’est pas complète, c'est plutôt de parésie qu'il s’agit. Acland et Ballance ont trouvé 25 fois une paralysie croisée et à fois une paralysie

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