B. — SYMPTÔMES GÉNÉRAUX
a). — Fièvre. — Le thermomètre fournit pour le diagnostic des renseignements parfois très importants. En général, labcès cérébelleux non compliqué de méningite s'accompagne d'une fièvre légère, irrégulière, ne dépassant pas 380-385: le plus souvent môme, la température reste normale et, parfois, il y a de lhypothermie. Cette hypothermie, lorsqu'elle existe et qu'elle ‘survient à la suite de phénomèenes infectieux labyrinthiques, prouvés par la réaction calorique, doit faire redouter un abcès cérébelleux, si les symptômes nystagmiques et vertigineux augmentent d'intensité. Ce signe est important, car il élimine la méningite suppurée: et quand, à là fin de la maladie, la méningite vient compliquer l’abcès, on voit la température monter brusquement à 40°, en même temps que le délire et le coma prennent la place de là simple somnolence,
D). — Frisson. — Le frisson manque en général dans labcès cérébelleux; quand il survient au cours d’une labyrinthite, ilest en faveur d'une phlébite sinusale. I ne faut pas oublier que les abcès cérébelleux peuvent survenir à la suite de phlébites des sinus. Le frisson dénote donc une complication endo-cràanienne, mais ne peut pas servir au diagnosic immédiat d'abcès cérébelloux.
c). — Douleur. — La douleur est un svmptôome des plus fréquemment observés: elle ne manque pour ainsi dire Jamais. Par Son intensité, à moins que le malade ne soit dans le demi-coma, elle occupe “le premier plan dans le tableau clinique. La douleur due à la labyrinthite à pour caractère d'être réveillée par la pression sur Fapophyse mastoide et surtout de, cesser après l'intervention sur le labyrinthe. Dans labcès cérébelleux, au contraire, elle se présente sous là forme de céphalée localisée à Ta région occipitale, comme nous Favons vu plus haut. Le principal caractère de cette douleur est son intensité; elle est atroce, analogue en cela à celle des tumeurs cérébelleuses : elle est continue ou paroxystique, les crises revenant fréquemment ; «le faciès du malade exprime langoisse horrible de ces paroxysmes: il est dans une perpétuelle terreur du mouvement, chaque mouvement provoquantunercrisesulnercesserdeltenir'sa tète entre ses mains, pour lui épargner le moindre ébranlement. » I est probable que Faugmentation ou là provocation des phénomènes douloureux est sous la dépendance de leffort, celui-ci augmentant la
tension endo-crânienne. Pour rechercher la douleur, il ne faut pas se contenter dé palper la région occipitale, il faut Ka pereuter, surtout si le malade est dans le demi-coma car: la percussion éveille mieux la douleur, soit à cause du coup plus see, soit à cause de lébranlement des parties profondes ». D'après Mignon, la douleur à la percussion est plus nette et est plus caractéristique. d’une lésion profonde.
Cependant, il ne faut pas s'exagérer la valeur de ce symptôme, car, d'après Henri Bourgeois, la sensibilité de la région occipitale où du bord postérieur de la mastoïde (émergence de là veine mastoïdienne), de la nuque (émergence des veines du trou condylien postérieur), signifie une complication de la fosse cérébelleuse et non pas seulement un dhcésrduncérvelet.
Ce signe n'est pas non plus constant, contrairement à l’opinion de-Schwarze; ainsi, sur 21 cas, Korner ne le trouva que 8 fois et, par contre, 3 fois il v avait de la douleur frontale ; inversement Hulke, se basant sur la douleur occipitale, à trépané sur le cervelet alors qu'il s'agissait d'un abcès temporal.
d). — Amaigrissement rapide et prostration intellectuelle. — Cest un signe de haute valeur, toutes les fois qu'on se trouvera en présence d'un labvyrinthique plongé dans un état de prostration extrème, dans un état de faiblesse musculaire intense, dans un état de déchéance physique et morale, on devra redouter Fabcès du cervelet, même en dehors des
autres Signes. On sait que le cervelel est un organe de tonicité, de sthénie: cette asthénie à donc presque là valeur d’un signe de localisation cérébelleuse.
La prostration intellectuelle qui existe cependant à un haut degré dans la méningite, n'existe pas avec une aussi grande intensité que dans les abcès du cervelet : Çà la fois absorbé par ses douleurs si atroces, immobilisé par elles et, comme accablé de fatigue, le patient gît immobile dans son lit, sans parler, proférant quelquefois une plainte continuelle, sans jamais se prêter à l'examen qu'on fait de son état, sans jamais rien demander, sans jamais s'intéresser à ce qui se passe. À ce point que le malade, pour un observateur superficiel, parait être dans le coma, et cependant l'intelligence est conservée (intellect clear), le malade répond aux questions, mais avec peine et après réflexion qui paraît longue, il faut lui poser plusieurs fois la même question (slow cerebration): avec cela, pas d'agitation, pas de délire bruvant comme dans la méningite ».
Mais souvent cet état de déchéance physique et morale n’existera que dans là période terminale de l’'abcès cérébelleux. Bien souvent, au contraire, le malade S'amaigrira, prendra une teinte jaune, terreuse, deviendra asthénique, tout en conservant son intellect intact et son intelligence. Si bien qu'on a pu dire que nombre d'individus porteurs d'abcès cérébelleux mouraient en travaillant, où dy moins n'entraient à l'hôpital que pour tomber dans le coma
et mourir en quelques heures,
e). — Lltat des réflexes. —- On trouve de nombreuses contradictions: souvent les réflexes sont exagérés, quelquefois ils sont diminués.
D’après Acland et Ballance, Fexagération du réflexe rotulien du côté de la lésion seulement, Ja parésie du membre inférieur du méme Cotésia déviation conjuguée de la tête et des veux du côté opposé constituent un véritable syndrome cérébelleux. C’est aussi l'opinion ‘d'Henri .Bourgeois. Malheureusement, la rareté de ce Syndrôme en diminue la valeur.
Les troubles de Ia parole existent assez souvent et font partie du syndrôme cérébelleux : d'après Thomas, ils consistent en une parole scandée : les syllabes sont séparées les unes des autres et leur émission est brusque.
Le trismus, les troubles de Ja déglutition, sont en faveur d’un abcès cérébelleux.
{).— Leucocytose. — L'eXamen du sang révèle une leucocytose abondante dans le cas de complication endocrànienne d'une labvrinthite.