COMMENT COMPRENDRE L'HYPERPLASIE GLANDULAIRE BÉNIGNE
Aucune des explications que nous avons jusqu'ici données ne paraît donc satisfaisante, aucune ne s'applique parfaitement à l’ensemble des cas observés.
Il semble que l’on ait perdu de vue que l’hyperplasie était une lésion anatomique bien définie. Les hémorragies à laquelle elle donne lieu ne sont pas des hémorragies «sans causes anatomiques» précises comme l’écrivent un grand nombre d'auteurs. Les lésions utérines existent, nous les avons décrites, ce sont celles d’une fumeur bénigne de l'utérus, d’un adénome.
Rechercher son origine revient à tenter d’éclaireir la pathogénie des adénomes. Ces tumeurs forment un groupe vaste, non encore démembré, derrière la terminaison «ome» desquelles se cache, comme le pense le Professeur Favre, des affections de pathogénies diverses.
Certes, il est capital de maintenir la place importante que doivent tenir certaines néoformations sans éléments anarchiques histologiques, incapables, cliniquement, de donner des métastases et il faut. opposer leur bénignité à la malignité des néoplasmes.
Les travaux récents du Professeur Favre et de
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l'École lyonnaise ont cherché à percer l’origine de ces affections.
Dans un travail récent il a montré qu'à côté des scléroses à tendance uniquement conjonctive, il existait des scléroses à tendance surtout épithéliale dont la traduction était justement l’intense prolifération de l'épithélium, en présence d’une sclérose conjonctive quelquefois assez discrète. Aux nombreux exemples qu'il en a donné, dans un article d'ensemble, dans une série de thèses et dans le travail inaugural de M. Plauchu, il semble que l’on puisse ajouter l’hyperplasie ulérine. Ces scléroses épithéliales ont, à leur base, un processus inflammatoire, mais il s’agit d’une inflammation extrêmement lente, ne se traduisant par aucun des caractères habituels des processus ordinaires sub-aiguës ou chroniques. La syphilis en serait le type, sans en être la seule cause; pour des raisons diverses de terrain, de virulence de l’agent microbien, les inflammations banales peuvent aboutir à produire cette prolifération épithéliale. C’est pourquoi le Professeur Favre s’élève contre l’appellation adénome «faisant, écrit-il, intervenir la notion encore bien vague de tumeur bénigne » et il préfère la dénomination « d’adématose inflammatoire ».
Cette prolifération épithéliale peut trouver sa cause dans des modifications locales. La lenteur de l'infection retentit sur les conditions de vascularisation. La circulation fonctionnelle de l’utérus (après la ménopause) est fortement troublée et diminuée au bénéfice de la circulation nutritive. L’hyperplasie épithéliale résulterait de l'augmentation importante
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de cette circulation, l’inflammation très lente ayant retenti sur la circulation nutritive considérablement augmentée (Plauchu). D'ailleurs, la cause modificatrice peut agir non pas seulement localement, mais à distance. La structure du milieu intérieur peut être troublé par un disfonctionnement des glandes endocrines, altérées elles-mêmes par l’agent pathogène. C’est ce que le Professeur Favre appelle «les scléroses par tir indirect ». Cela permettait de saisir la valeur des travaux de Stockard, reproduisant l’hyperplasie par injection d’ante-hypophyse. Des expériences analogues ont pu être faite au niveau d’autres glandes, et l’on est arrivé à reproduire la maladie de Reclus du sein, avec des injections répétées de folliculine aboutissant à de « véritables formations adénomateuses dans un milieu de sclérose ».
Les néoformations épithéliales, appelées communément hyperplasie, seraient, en définitive, la réaction de l’épithélium à une inflammation extrêmement lente, évoluant pendant des années, soit locale, soit lointaine, l'agent ayant agi alors par l'intermédiaire du système endocrinien.
L’hyperplasie, quelle que soit son origine, est une maladie autonome ; histologiquement, elle doit être considérée comme une affection bénigne; cliniquement, elle doit rentrer dans le cadre des fumeurs bénignes de l'utérus.
Elle a droit, dans la pathologie des affections postclimatériques, par sa fréquence, par l'intérêt des problèmes qu'elle soulève, par la difficulté de son diagnostic, a une place de premier plan.