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due à un excès de fonctionnement du lobe antérieur de l’hypophyse ; cet hyper-fonctionnement agit par l'intermédiaire de l'ovaire. Le lobe antérieur n’agit pas directement sur les glandes utérines, il n’agit directement que sur la basale.
Là encore, l'intervention de l’hypophyse ne peut pas plus que celle de l'ovaire expliquer tous les cas. Les lésions que l’on constate le plus souvent portent surtout sur les glandes utérines et non pas seulement sur la basale. Cependant, il faut remarquer que certains histologistes ont insisté sur l'importance de l'hyperplasie basale dans les métrorragies post-climatériques. Robert Meyer a décrit une hyperplasie de la basale que l’on rencontre surtout à l’âge de la ménopause et après elle. Celle-ci s'accompagne de thrombose vasculaire avec zone de nécrobiose au niveau du stroma. Les hémorragies seraient fonctions de cette nécrose Les faits décrits par Meyer seraient donc explicables par un fonctionnement exagéré du lobe antérieur, mais encore une fois 1l ne semble pas correspondre à la majorité des cas.
Ils ne peuvent expliquer la production de ces métrites villeuses, polypeuses, fongueuses, traduction macroscopique de l’hyperplasie glandulaire.
d) Origines pré-cancéreuses La notion d’état pré-cancéreux, mise en relief au
point de vue général par Ménétrier, au niveau de la muqueuse de l’utérus, a été particulièrement étudiée
par Moulonguet, Lecène, Gasne, Sabrazes, Vitrac, en France; par Taylor, aux États-Unis. C’est ce dernier qui, dans un travail publié en 1932, affirme que l’hyperplasie serait avant tout une lésion précancéreuse.
Au point de vue anatomo-pathologique, le mot «pré-cancéreux » est, en lui-même, très malheureux. 11 laisse entendre que les lésions observées sont sur le point de se transformer, de lésions bénignes qu’elles étaient, en lésions malignes. Or, au point de vue morphologique, il n’y a qu’une alternative, ou une lésion est cancéreuse ou elle ne l’est pas. Il n’existe pas de lésions plus ou moins cancéreuses. Et, sur ce point, nos idées ont été confirmées par M. le Professeur agrégé J.-F. Martin qui déplore, avec nous, la confusion qu’amène cette dénomination impropre dans une question déjà si complexe.
Nous critigenrons, plus loin, au point de vue histologique, les observations d’état pré-cancéreux de Gasne qui, d’ailleurs, s'adressent à des malades vues au moment de la ménopause.
Au point de vue clinique, un état pré-cancéreux, par définition, devrait habituellement se transformer en néoplasme véritable. Les états de passage devraient avoir été constatés fréquemment.
Or, de Favis des auteurs qui se sont occupés de cette question, ces faits sont rares. Moulonguet insiste dans son livre, Les diagnostics anatomo-cliniques de Lecène, sur la grande rareté de ces transformations. Tous les auteurs, Faure, Forgue... insistent sur l’évolution bénigne des métrites séniles.
D'ailleurs, on devrait pouvoir retrouver chez les malades atteintes de cancer du corps, la métrite chronique qui l’aurait précédé. Or, dans nos 72 observations, nous n’avons rencontré qu’un cas qui pourrait faire penser à un cancer évoluant sur une métrite ancienne (obs. 25), mais il y manque la preuve histologique.
À. Bisch, dans sa thèse, traduisant les idées de son maître, affirme que sur les très nombreux cas de cancer examinés par le Professeur Tixier, l’existence d'une métrite chronique n’a jamais pu être retrouvée.
Les cas de coexistence d’une métrite et d’un cancer ne prouve pas davantage que l’hyperplasie soit une maladie pré-cancéreuse. Taylor, qui en fait un de ses arguments, n’en a constaté que cinq cas sur un très grand nombre d’observations. D'ailleurs, cette coexistence ne prouverait rien, même si elle était plus fréquente. Les maladies de la muqueuse utérine sont peu nombreuses, il n’y a rien d’étonnant à ce qu'on les trouve de temps à autre associées.
En somme, ni au point de vue anatomique, ni au point de vue clinique, la notion d'état pré-cancéreux n’apporte une lumière sur l’origine de l’hyperplasie. Tout tissu normal ou pathologique est pré-cancéreux, en ce sens qu’un néoplasme peut toujours s'y développer. Il est impossible de tirer de cette idée un argument pour hystérectomiser toutes les femmes qui perdent après la ménopause; pas plus qu'on opêre tous les malades atteints de leucoplasie linguale.
Le seul service que cette notion nouvelle a pu rendre aura été de calmer les scrupules des chirurgiens
one
qui, ayant enlevé un utérus, n’y trouvèrent pas de cancer. Se laissant influencer par les mots, 1ls auront pu croire qu'ils avaient rendu service à leurs malades.