DEUXIÈME PARTIE
Etude clinique
a) Fréquence du cancer du corps .
La fréquence du cancer du corps utérin est très diversement appréciée. Lorsque les examens histologiques n'étaient pas encore la règle, il passait pour rare. Pozzi, Péan le considéraient comme infiniment moins fréquent que le cancer du col. Avec le développement de la biopsie, il apparut beaucoup moins rare et actuellement beaucoup de chirurgiens ont tendance à en faire un des très fréquents cancers de la femme âgée.
L'étude des statistiques est décevante car leurs auteurs envisagent dans leurs énumérations des choses trop différentes ; ils comparent des chiffres où se trouvent, côte à côte, des affections qui ne sauraient prêter à confusion. Si l’on veut véritablement avoir une idée de la fréquence du néoplasme du corps, par rapport aux autres affections gynécologiques, il faut évidemment exclure de l'étude les affections qui, par leurs symptômes, ne sauraient être confondues avec lui. Les chiffres de fibromes ou de
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cancers du col, comparés à ceux de néoplasmes du corps, ne nous intéressent pas et ne nous apprennent rien ; le seul rapport vraiment intéressant est celui du cancer avec les affections cliniquement semblables, avec les lésions bénignes en particulier.
Nous passerons en revue trois sortes de statistiques : celles qui étudient le pourcentage de néoplasmes du corps, indépendamment de la ménopause ; celles qui font rentrer comme terme de comparaison des affections qui ne peuvent être comparées ; enfin, celles qui étudient la proportion de cancers utérins par rapport aux affections dont le diagnostic n’est pas évident chez des femmes ayant passé l’âge critique.
a) La plus importante statistique du premier genre est celle de Stierlin. Ayant dépouillé 654 observations de cas suspects de néoplasme utérin, il n’a rencontré que 8,6 pour cent de femmes atteintes de cancer du COrps.
La nôtre a été prise parmi les observations nistologiques du laboratoire d'anatomie pathologique du Professeur Favre.
L'âge n’étant pas toujours mentionné sur les feuilles d'envoi, nous avons cependant éliminé tous les examens se rapportant à des femmes de moins de 50 ans, lorsque l'indication était donnée. Beaucoup d’examens se rapportent à des femmes ayant passé l’âge de la ménopause. Néanmoins, nous classons notre statistique dans la première catégorie n’étant pas sûr de tous les cas. Nous avons relevé 79 tumeurs malignes du corps pour 259 lésions bénignes, soit, sur 338 cas, 22,9 pour cent de cancers.
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Voici le relevé de exact notre statistique :
158 métrites hyperplasiques.
21 polypes.
11 métrites infectieuses.
10 débris placentaires.
2 syphilis utérines.
6 muqueuses normales.
79 cancers du corps utérin.
auxquels il faut ajouter 51 examens faits, non plus sur des produits de curettage, mais sur des pièces opératoires. Nous avons de plus 28 réponses douteuses, 4 cas inutilisables. Nous obtenons dans ces conditions :
259 lésions bénignes, soit 75,1 % 79 lésions malignes, soit 22,9 %
même en considérant les réponses douteuses comme des cancers, on obtient :
107 lésions malignes, soit 32,1 % 259 lésions bénignes, soit 67,9 %
b) Envisageons les statistiques telles qu’elles sont habituellement présentées, c’est-à-dire en tenant compte de toutes les causes possibles d’hémorragie après la ménopause.
Muret étudiant 312 cas, donne un pourcentage de néoplasme du corps de 48 pour cent.
La statistique de Ducuing porte sur 326 cas d’hémorragie post climatérique, l’on y relève :
256 cancers du col.
A0 cancers du corps.
20 métrites du corps.
fibromes.
polype du col.
cancers des ovaires.
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En éliminant les cancers du col l’on obtient le chiffre de 57 pour cent de néoplasme du corps.
La statistique de Lefèvre reproduite par son élève Causse se décompose ainsi :
12 cancers du col. 8 cancers du Corps.
8 polypes.
33 hyperplasies.
soit, après avoir enlevé les cancers du col, 16,3 % de cancers du corps.
Ballin, sur 407 cas d’hémorragie post climatérique trouve 90 cancers du corps, soit 18,10 %.
c) Mais seuls sont vraiment intéressants, avons-nous déjà dit, les chiffres comparant entre elles des affections qui sont cliniquement semblables.
La très rigoureuse étude de Keller repose sur les observations de quatre ans. Il étudie 58 cas de métrorragie après la ménopause ou aucun signe cli-
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nique ne pouvait donner d'indications précises. Nous relevous :
14 cancers utérins.
3 cancers de l’ovaire.
1 cancer de la trompe.
4 sarcomes utérins.
D'autre part, l’on trouve :
34 cas de lésions bénignes vérifiées par l’histologie et l’évolution clinique ultérieure. Soit 37,9 % de tumeurs malignes du corps utérin.
Adler, sur 56 cas, donne les chiffres suivants :
10 cancers utérins.
4 sarcomes utérins.
4 cancers de l'ovaire.
38 affections bénignes. Soit 33 % de tumeurs malignes du corps.
Schiffmann présente une statistique un peu semblable de 51 cas :
14 cancers du corps utérin.
8 cancers de l’ovaire.
29 cas bénins. Soit 44 % de néoplasme du corps.
Butaud, dans sa thèse, rapporte 23 observations très minutieusement étudiées et dont toutes les malades ont été suivies. Il publie :
13 cancers du corps.
10 lésions bénignes. Soit 56 % de néoplasme.