LÉO
La statistique de Reeb comprend 510 cas d’hémorragie un an après la ménopause ; toutes les malades ont été suivies cliniquement, il n’y a pas eu d’erreurs de diagnostic. Elle est ainsi composée :
96 épithéliomas cylindriques.
59 cancers pavimenteux.
7 suspectes de cancer.
339 affections bénignes (métrites, polypes, hyperplasie).
2 muqueuses déciduales.
7 divers (3 sarcomes, 3 tuberculoses, 1 néoplasasme secondaire).
soit 32,54 % de cancers utérins.
Dans le service de notre maître le Professeur Bérard et dans celui de notre père, nous avons relevé 98 hémorragies après la ménopause, se décomposant ainsi :
55 cancers utérins.
43 lésions bénignes. Soit 56 % de cancers.
L'on voit que les chiffres que nous avons cités vont de 56 et 57 % (Ducuing, Quenu), à moins de 50 % (Reeb, Keller, Schiffmann, Adler .) et que toutes les statistiques sont concordantes d’une façon vraiment très impressionnante.
Ces chiffres sont la brutale opposition vec les impressions personnelles de J.-L. Faure.
À quoi sont dues ces différences ? Sans doute à ce fait que, dans les études sur le cancer du corps, les observations publiées sont des observations de cancers typiques, que tout ce qui n’est pas cancer
Ben; y Re
est éliminé et reste dans l’ombre, alors que ce sont justement les cas intéressants. De plus, on ne peut savoir combien de fois en tout le diagnostic a été porté et combien de fois il a été vérifié (J. Quenu).
En résumé, l’assertion «90 pour cent des femmes perdant après la ménopause sans explication évidente ont un cancer du corps utérin » ne nous paraît plus soutenable. Et puisqu’en cette matière les formules sont de rigueur, il nous semble que l’on peut dire : Toute femme qui perd après la ménopause sans raisons évidentes, a, environ, une chance sur deux d'être porteuse d'un cancer du corps utérin.
b) Cancer utérin et âge
Le cancer du corps utérin est, classiquement, le cancer de la femme qui a dépassé l’âge de la ménopause, atteignant volontiers, comme le fait remarquer le Professeur Tixier, la femme vierge. Cependant, de même que nous ne croyons pas que toute la pathologie utérine de la femme âgée se ramène au cancer, nous ne pensons pas que le néoplasme du corps soit le triste privilège de la vieillesse. Dans les observations du Professeur Bérard, nous avons trouvé deux cas avant 40 ans (l’un de 34, l’autre de 39) ; sept cas avant la ménopause et 22 après celle-ci. Chiffre un peu plus fort que celui que nous avons trouvé dans le service de notre pêre où nous avons huit cas (dont un de 39 ans) avant la ménopause, pour 33 après elle. L'ensemble nous donne 55 cancers après le