INTRODUCTION
La pathologie utérine des femmes âgées, après avoir été, pendant longtemps, une des questions les plus obscures de la gynécologie, s’est brusquetient, ces dernières années, simplifiées à l’extrême.
Dans un esprit de clarification et dans le but d’amplifier la propagande anti-cancéreuse, les gynécologues, français surtout, ont cherché à ramener les maladies génitales de la femme, après la ménopause, aux fibromes, aux kystes, aux cancers du col et du corps utérin. Petit à petit furent éliminées les innombrables affections qu’avaient autrefois décrites les cliniciens et les anatomistes.
L’utérus sénile ne devait plus manifester sa présence, sous peine d’être impitoyablement enlevé, et l’on a peu à peu refusé à la femme âgée le droit de présenter les mêmes maladies que la femme jeune. Nous ne pensons pas que cette manière de voir soit conforme à la réalité. N'est-ce pas, en effet, simplifier à l’excès et se refuser à admettre qu’il existe un chapitre de la gynécologie qui nous échappe encore en partie.
Il existe incontestablement des femmes qui présentent des hémorragies après la ménopause et qui,
ei ee
cependant, ne sont point atteintes de cancer. Ce sont les cas qui nous intéressent, surtout dans cette thèse, par la difficulté de leur diagnostic avec le néoplasme du corps. Mais nous pensons que difficile ne veut pas dire impossible et nous étudierons la valeur des procédés d'investigation qui sont mis à notre disposition.
Quelle est la cause de ces hémorragies ? C’est ce qui nous paraît encore bien difficile à expliquer de façon satisfaisante. Il nous suffit actuellement de constater le fait.
Ce travail nous a été inspiré par notre père et par notre maître, le Professeur Bérard ; ils ont bien voulu mettre à notre disposition les observations de leurs services.
Nous avons donc deux statistiques, venant de sources différentes, venant toutes deux de services non spécialisés, c’est-à-dire reflétant l’opinion de chirurgiens de chirurgie générale. C’est pourquoi peutêtre l’on a appliqué au cancer utérin les méthodes générales de recherches qui valent, non pas seulement pour une question donnée, mais pour l’ensemble des problèmes de la chirurgie courante.
Ces documents sont indépendants l’un de l’autre ; les enseignements que l’on en peut tirer, par conséquent, ne sont pas dus à des directives préalables, mais à une similitude de conclusions qui s'imposent par le simple exposé des faits.