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L’HYPOTHERMIE DANS LES AFFECTIONS TROPICALES

L’hypothermie s’observe dans un certain nombre d'affections tropicales.

Choléra. — Elle caractérise la période algide du choléra, dans laquelle la température de la peau tombe de plusieurs degrés au-dessous de la normale. Le thermomètre peut descendre à 34°, 5, alors que la température du rectum indique souvent une légère hyperthermie centrale, oscillant entre 38° et 39°. pouvant même, dans la majorité des cas, atteindre 40°.

Paludisme. — Dans l’accès paludéen cholériforme , on cbserve le même phénomène, mais il arrive souvent dans ce cas que l’hypothermie succède à une température cutanée supérieure à la normale.

L’hypothermie peut s’observer à la fin de tous les accès pahuléens à forme pernicieuse.

Dans la cachexie paludéenne elle est fréquente. La température n’est jamais très éloignée de la normale et la différence ne se cliiffre que par des dixièmes de degré; mais il arrive souvent que l'état hypolhermique est persistant, en dehors des accès intercurrents que l’on observe dans cette cachexie.

Dysenterie. — Dans la dysenterie aiguë, la fièvre fait le plus souvent complètement défaut, malgré l'intensité des phénomènes inflammatoires et des lésions qui ont le gros intestin pour siège. Dès que le thermomètre monte à 39° ou 39°, 5, il faut soupçonner soit quelque complication (abcès du foie), soit une affection surajoutée (paludisme).

Dans les cas graves, en particulier dans la forme gangreneuse, il y a de l'hypothermie, le pouls est petit et misérable. Celte hypothermie est presque toujours la conséquence d’une hémorragie intestinale ou de gangrène de la muqueuse.

La dysenterie chronique évolue sans fièvre. Les accès qui surviennent au cours de cette longue et tenace affection sont le plus souvent des accès de lièvre intermittente. Ces accès

réveillent généralement la dysenterie, l'accès fébrile étant le plus souvent alors' suivi d’une recrudescence de la maladie ou d’une rechute. L’administration de la quinine fait cesser simultanément, la lièvre et les phénomènes dysentériques.

Kala-azar. — Dans la cachexie du kala-azar, l'hypothermie, quand on l’observe, est matinale; elle succède aux accès fébriles du soir et elle est accompagnée de sensation de lassitude.

Fièvre jaune. — Dans la lièvre jaune, la température descend quelquefois légèrement au-dessous de la normale pendant la période de rémission ou quelque temps avant, la mort. Celle hypothermie est toujours d’un pronostic fâcheux.

Peste. — Dans la peste, on a également noté de l'hypothermie pouvant aller jusqu'à 34° (Barozzi, épidémie de la Cyrénaïque. — Très rare).

Spotted fever. — Dans la spotted fever, lorsque la défervescence qui annonce la convalescence se produit, la température tombe souvent au-dessous de la normale et une légère hypothermie se maintient pendant quelques jours.

Maladie du sommeil. — L’hypothermie est fréquente dans la dernière période de la maladie du sommeil (i), dans laquelle elle constitue un Symptôme grave et d'un pronostic fatal à brève échéance (Yoy. lig. 65, p. 278).

Béribéri. — Dans le béribéri, on peut observer de l'hypothermie.

Morsures de serpents venimeux. — On la rencontre également dans la morsure par serpents venimeux ; elle s’observe alors au début plus particulièrement sur le membre ou la région mordue, qui prend une teinte violacée; elle se généralise au moment de la mort ('I assez rapidement dans les cas graves. On a quelquefois signalé, au contraire, une réaction fébrile avec hyperthermie.

(1) Dans la maladie expérimentale, provoquée par inoculation au singe du Trt/panosoma yambiense, en observe des hypothermies allant jusqu'à 17° (Brumpt et Wurtz).

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