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LE CŒUR DANS LES MALADIES TROPICALES

Les affections valvulaires consécutives aux endocardites rhumatismales ne sont pas rares sous les tropiques. En dehors de cette étiologie banale, il y a surtout deux maladies des pays chauds dans lesquelles le cœur est spécialement affecté : ce sont le béribéri et l'insolation.

Béribéri. — Dans presque tous les cas de béribéri, qu’il s’agisse de la forme sèclie ou de la forme humide, le cœur est atteint. Ce sont généralement les palpitations qui ouvrent la scène; elles reviennent, en général, par accès et sont fréquemment accompagnées de douleurs précordiales. L'examen du cœur montre qu'il y. a souvent un épanchement péricardique et Ton constate un accroissement de la zone de matité précordiale et de la diminution dans la force des battements : les bruits sont obscurs, et s’entendent mal. D’autres fois il n’y a pas d’épanchement et cependant les bruits ne s’entendent «j ne faiblement, ils sont souvent presque imperceptibles; cela est dû à la dégénérescence des libres cardiaques.

11 n’est pas rare non plus d’entendre un rythme spécial du coeur chez les béribériques. Les intervalles qui séparent les bruits normaux du cœur, le petit et le grand silence, deviennent égaux. 11 est alors presque impossible de différencier le premier bruit du second :1e cœur bat à intervalles régulièrement espacés comme le pendule d’une horloge. G’est Je rythme en pendule du cœur du béribéri. Il y a aussi fréquemment du retentissement et de l’accentuation du second bruit, qui peut être parfois dédoublé. Le cœur est facilement

irritable et bal d'une façon désordonnée sous l'influence du plus petit exercice physique.

Des bruits pathologiques s’entendent fréquemment à l’auscultation; ce sont le plus souvent des souilles systoliques, de la base se propageant le long des gros vaisseaux.

Dans certains cas de béribéri, ce sont les phénomènes cardiaques qui dominent. C’est à ces formes de béribéri qu’on a donné le nom de forme cardiaque aiguë ou forme maligne .

L’affection présente dans ces cas le tableau de l’asystolie aiguë. L’attitude du malade est celle d’un individu qui vient de fournir une grande course et qui est hors d’haleine; il est assis les jambes pendantes, les mains arc-boutées sur les cuisses. L’œil est brillant, humide et exprime l'anxiété, le visage est cyanosé. Les grosses veines du cou font saillie: elles sont gonflées, flexueuses et animées d'une ondulation, d'un frémissement constant. La dyspnée est intense, les narines sont dilatées.

La dilatation aiguë du cœur droit peut se terminer par une syncope mortelle. A l'autopsie, on trouve souvent que les libres cardiaques sont atteintes de dégénérescence granulograisseuse.

En général, dans le béribéri le pouls est petit et faible, ou, s'il a quelque Amplitude, il est dépressible comme dans l’insuffisance aortiqiie. Il bat généralement au-dessus de 80, et peut atteindre, dails les formes graves, jusqu’à L20 et 140 pulsations (Rémy). Dans certaines épidémies, la fréquence extrême du pouls, sans phénomènes fébriles, peut s’observer.

Malcomson a remarqué avec beaucoup de justesse qu'il y a souvent défaut complet de corrélation entre les battements du cœur et lë pouls. Celui-ci peut être très faible, le cœur battant avec énergie. D'autres fois le cœur et l'artère radiale battent très faiblement, tandis que les carotides battent énergiquement, Ce phénomène curieux dénote l'influence presque exclusive du système nerveux dans la production des troubles cardio-vasculaires.

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