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LES ARTÈRES ET LES VEINES DANS LES MALADIES TROPICALES

Artérites. — Dans un grand nombre des maladies infectieuses que l’on observe dans les pays tropicaux, il peut se produire des artérites; ces artérites, amenant des oblitérations vasculaires, déterminent des escarres et des gangrènes.

Elles sont produites soit par l’agent infectieux lui-même ou par ses toxines, soit par des infections secondaires. On les observe dans la fièvre typhoïde, le typhus exanthématique, le choléra, la fièvre jaune, la peste (charbons), la dysenterie et le paludisme.

Paludisme. — Dans cette affection, les gangrènes cutanées peuvent en effet, quoique rarement, être dues à une endartérite oblitérante; elles sont le plus souvent occasionnées par l’oblitération d'un petit vaisseau par un thrombus formé dt1 parasites ou de leucocytes inélanifères.

Les parasites du paludisme et les leucocytes inélanifères peuvent également constituer des embolies, dont l’arrêt dans le cerveau est considéré comme occasionnant les accès pernicieux à forme cérébrale,

Choléra. — Dans le choléra, les gangrènes viscérales sont en général des trouvailles d’autopsie. Elles portent sur l’intestin et sur le poumon. Les gangrènes cutanées sont plus communes et on observe quelquefois de la gangrène sèche des extrémités par oblitération thrombosique ou embolique; ces gangrènes sont extrêmement graves.

Lèpre. — On observe dans la lèpre non seulement des

gangrènes, mais aussi des troubles vaso-moteurs caractérisés par de la cyanose des extrémités. Au-dessus des mains et des pieds cyanosés on voit souvent, comme dans la maladie de Raynaud, une teinte grise mine de plomb répandue sur le tégument des bras et des jambes. Les I roubles vaso-moteurs se manifestent fréquemment aussi dans la lèpre par de l’oedème des extrémités et des maux perforants.

D'après Darier, dans les macules de la lèpre on remarque une infiltration de cellules conjonctives, de lymphocytes et de mononucléaires plus ou moins abondants, non pas répandus d une façon dilfuse dans le derme, mais accumulés autour des vaisseaux, autour desquels ils forment des manchons (périartérite), en particulier au niveau du plexus souspapillaire. Lorsque ces manchons périvasculaires s’infectent, soit par l’apport du bacille de Hansen amené par les cellules blanches migratrices, soit, comme le prétend Unna, par embolie bacillaire, il se forme un léprome.

Béribéri. — Dans le béribéri, on a signalé la présence dans les artères de plaques athéromateuses; d’autres fois, on observerait seulement des taches graisseuses sur la tunique interne.

Aïnhum. — Dans l’aïnhum on retrouve au niveau du sillon constricteur, caractéristique de l'affection, les lésions de périartérite que l'on observe dans les macules lépreuses.

Anévrysmes. — Corre a signalé le pren ier aux Antilles la fréquence des anévrysmes artériels chez les noirs et chez les mulâtres.

Thromboses veineuses. — Les thromboses veineuses des gros vaisseaux peuvent être provoquées par toutes les maladies infectieuses. Ces maladies se généralisent en effet par la voie des vaisseaux, et la possibilité de leur généralisation à tout l’organisme est un de leurs caractères primordiaux. Quoique plus fréquente que la thrombose artérielle, la thrombose veineuse des gros vaisseaux n’est pas une complication

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