‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 109 sur 194 · CŒUR · texte numérisé non relu

CŒUR

svstoliqae tic la pointe, s’accompagnant quelquefois d’un dédoublement à la base.

Lésions cardiaques survenant consécutivement aux maladies tropicales. — En dehors des troubles du cœur plus ou moins prononcés que l’on observe au cours des maladies que nous venons de passer en revue, il faut encore signaler les lésions de ce! organe déterminées à longue échéance par un certain nombre d’infections, dans les pays chauds.

On sait que bon nombre de maladies infectieuses, la fièvre typhoïde entre autres, laissent à leur suite des séquelles cardiovasculaires. Sous les tropiques, les fièvres paludéennes pourraient de même prédisposer aux cardiopathies, par lésions du muscle cardiaque, aussi bien que de l’endocarde. C’est ainsi qu'on peut observer l'hypertrophie vraie du cœur, la dilatation des cavités cardiaques et l’endocardite chronique avec lésions mitrales.

Toutefois, les auteurs ne sont pas d’accord sur le fait de savoir si le paludisme prédispose ou non aux affections cardiaques.

Dutroulau n'a jamais trouvé de lésions du cœur à l’autopsie des malades morts d’accès pernicieux. Lavera.il n’a rencontré qu’une seule fois une altération de l'endocarde, antérieure, pour lui, à l'invasion du paludisme. Par contre, d’autres médecins pensent, avec Corre, que le paludisme prédispose aux affections cardiaques, « soit directement, soit indirectement, par les obstacles à la circulation que déterminent les dégénérescences accomplies sous leur influence en certains organes abdominaux ». La seconde partie de cette proposition laisse moins de place au doute que la première; il s’agirait d’un trouble mécanique. On a signalé dans cet ordre d’idées la dilatation des cavités cardiaques (Ducheck) et l’hypertrophie du cœur. Cette hypertrophie, liée à la sclérose rénale, s’observe dans la cachexie palustre.

Duroziez, Potain, Lancereaux ont publié des observations d’endocardites chez les paludéens, et ils rapportent formelle-

mont au paludisme la genèse de ces endocardites. Pour Lavéran, il n’y a pas dans ces cas relation de cause à efl'et. En tout cas, la localisation du paludisme sur l’endocarde est une très grande exception, si tant est qu’elle existe réellement, et la preuve n’en a jamais été faite.

Cependant, l’un de nous a eu occasion d’observer à Madagascar, sur les hauts plateaux, le fait suivant : les affections cardiaques sont fréquentes chez les indigènes, qui sont souvent impaludés, et l’Européen qui quitte les régions basses pour venir habiter les plateaux esL sujet à des troubles cardiaques, consistant en battements de cœur, angoisse précordiale et arythmie. On constate rarement des souffles. Ces accidents, généralement bénins, cèdent facilement à quelques doses de quinine. Cette influence de l’altitude s’observe chez tous les arrivants, impaludés à la côte, ou qui s’impaludent. en arrivant sur les plateaux.

Congestion hépatique. — La dilatation du cœur droit peut s’observer dans les cas de congestion du foie. Lorsqu’il s’agit de congestion chronique, il peut aussi se manifester des troubles cardiaques qui pourraient faire croire à une insuffisance valvulaire. Les dyspnées, les accès de suffocation, l’état d’angoisse (asthme cardiaque) s’observent chez les malades [porteurs de gros foies paludéens.

il est vraisemblable que beaucoup d’autres maladies des pays chauds laissent également à leur suite des tares portant aussi bien sur le cœur que sur les vaisseaux, tares qui, faute d’une observation assez prolongée, n’ont pas jusqu’à présent été mises en évidence.

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