ALBUMINURIE
Un grand nombre des maladies aiguës des climats tempéréssont accompagnées d'une albuminurie dite fébrile , soit qu'il s’agisse d'infections bénignes, soit qu'il s'agisse de maladies, graves. Ce symptôme, de par sa grande fréquence, n'a doncpas une très grande valeur intrinsèque au point de vue de la séméiologie et du diagnostic. Dans les maladies tropicales,
11 en est de même, et, en dehors de la fièvre jaune et de la fièvre bilieuse hémoglobinurique, le symptôme albuminurie reste à l'arrière-plan dans le cortège symptomatique. Survenant comme épiphénomène ou comme complication dans le choléra, le typhus exanthématique, le paludisme, la dengue, la fièvre de Malte, la maladie du sommeil, etc., r albuminurieest surtout fréquente dans les maladies microbiennes, et c’est vraisemblablement à des infections microbiennes secondaires que sont dues les lésions rénales dans les maladies causées par des parasites d’origine animale.
Fièvre jaune. — L’albuminurie est constante dans la lièvre jaune; elle est précoce et généralement abondante, même dans les cas légers ; cependant, d’après certains auteurs, son apparition peut être parfois tardive. Quand on l’observe dès les premiers jours de la maladie, c’est un signe fâcheux. La quantité d’albumine que contient l'urine est variable, allant desimples traces à des chiffres très élevés (33 p. 100, Decoréis;
12 p. 100, Cunisset), elle est en général d'autant plus abon-
URINES
<lanlo (jue les urines sont plus rares. Le dosage de l’albumine n’est d'aucune utilité au point de vue du pronostic; chez des individus émettant abondamment des urines ne renfermant que de faibles quantités d’albumine, la lièvre jaune peut se terminer par la mort.
Vidaillet a indiqué un moyen qui, selon lui, permet d’établir le diagnostic et le pronostic de la lièvre jaune par la recherche de l’albumine clans les urines. 11 verse dans un verre à expérience, contenant les urines à examiner, quelques gouttes d'acide nitrique qu’il fait couler avec précaution le long des parois du verre. 11 constate, au début et à la lin de l’affection, un disque opalescent, flottant au milieu du liquide, qu’il appelle anneau prémonitoire ou anneau de retour , pendant la période d état, l’albumine étant précipitée au fond du vase. L’anneau de Vidaillet est bien constitué par de l’albumine, contrairement à l’opinion de Le Dantec quile croil composé de pigments biliaires; mais il n’est pas caractéristique de la fièvre jaune, car on peut l’obtenir, ainsi que l’a démontré Turié, avec des urines albumineuses, autres que les urines de fièvre jaune, ou même en ajoulanl une petite quantité de blanc d’œuf à des urines normales.
Paludisme. — Le paludisme se complique assez fréquem-
ment de néphrite, aiguë ou chronique. L’albuminurie palu-
déenne est en général peu inarquée fréquente suivant les régions :
. Elle est plus ou moins
< Cameroun
Rare.
Afrique orientale allemande
Fréquente.
Afrique centrale (Cook)
72,3 p. 1U0 des cas.
Ouganda
Indes (Buchanan)
Rare.
Guyane anglaise
Fréquente.
Thayer a constaté à Baltimore l’albuminurie dans 58,3 p. 100 des cas de fièvre estivo-automnale, et dans les autres formes du paludisme dans 38,6 p . 100 des cas. lia observé la néphrite aiguë 2 fois sur 100. Cet auteur pense que la malaria joue
mi rôle prépondérant dans la pathogénie de la néphrite chro- 1 1 i ( | u i ‘ , dans les pays plmuds.
La cachexie palustre s’accompagne souvent de néphrites, d’autant plus insidieuses que les œdèmes qui; l’on observe dans cette forme du paludisme peuvent masquer l’œdème d’origine rénale. La cause (1rs lésions du rein est encore indéterminé!*; la plupart des auteurs considèrent ces lésions comme uni* complication de la malaria. Pour de Brun, il existe une albuminurie liée au paludisme, qui est passagère et succède aux accès dans le paludisme aigu, qui est permanente et coexiste avec les autres signes de la cachexie dans le paludisme chronique, et qui est justiciable de la quinine.
Fièvre bilieuse hémoglobinurique . — L’albuminurie est de règle dans la fièvre bilieuse hémoglobinurique. D’après, certains auteurs, elle n'est jamais très abondante et la proportion d'albumine varie de 0,5 à 2 gr. p. 1000; pour d’autres, au contraire, elle atteint quelquefois de 5 à 6 gr. p. 1000, et l’urine peut se coaguler en masse par l’ébullition (Manson). A mesure que les urines s<> décolorent, l’albumine diminue et, lorsqu’elles ont repris leur couleur ambrée habituelle, l’albuminurie disparaît rapidement, en quelques jours. Cependant, dans certains cas graves, les urines, revenues à la coloration normale, continuent à être fortement albumineuses.
Le rein est bien plus souvent le siège de lésions persistantes et définitives dans la fièvre bilieuse hémoglobinurique que dans toute autre maladie des pays chauds. Au Cameroun, Plehn a constaté que, parmi les paludéens qui présentent de l’albuminurie brighlique, la plupart ont dans leurs antécédents morbides une lièvre bilieuse hémoglobinurique.
Choléra. — L’ albuminurie n’est pas constante dans h* choléra. Elle est en raison inverse de la sécrétion urinaire, et. disparaît rapidement dans les cas à réaction franche. Lorsque se produit la crise urinaire, qui juge l’attaque cholérique, le cours de l’urine qui se rétablit chasse les produits de transsudation accumulés, pendant la période d’anurie, dans lus