‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 139 sur 194 · I: RI N ES · texte numérisé non relu

I: RI N ES

tuhuli côntorti et l’albumine disparaît rapidemenl des urines.

Typhus exanthématique . — L’albuminurie est fréquente dans le typhus; elle manque très rarement pendant la première période de la maladie. Les cas dans lesquels elle fait défaut sont des cas légers. Quand l’albumine existe en quantité considérable, qu elle persiste pendant longtemps dans les urines ou que son apparition est tardive, le pronostic est sérieux.

Typhus récurrent. — Les urines sont assez fréquemment albumineuses dans le typhus récurrent. L’albuminurie est légère et passagère dans cette affection et ne comporte pas de signification pronostique particulière. Elle existe environ dans un tiers des cas. D'après Motschutkowsky, elle existe d’autant plus fréquemment que les accès ont été plus nombreux (18 fois sur 100 après 3 ou 4 accès, 8 fois sur 100 après 2 accès et 1 fois sur 100 après un seul accès fébrile). Pour Mac Auliffe et Carter, au contraire, l’urine ne serait jamais albumineuse après le second accès.

Peste. — L’albuminurie, quand elle existe, est peu marquée dans la peste.

Dengue. — L’albuminurie n’est pas constante, ni mèm fréquente dans la dengue; elle n'a été notée que dan nombre restreint de cas.

Maladie du sommeil. — On peut constater parfois, dant la dernière période de la maladie du sommeil, des li d’albumine dans les urines des malades.

Béribéri. — L’albuminurie a été très rarement o’" dans le béribéri et presque exclusivement dans les et graves.

Insolation. — L’urine, rare, émise par les ir 1 d’insolation contient de l’albumine.

HÉMATURIE ET HÉMO<'1

Hématurie. — L’hémat” chauds, tient à deux eau

1° Dans les maladies infectieuses dites hémorragiques, il peut se produire des hématuries au môme litre que dos métrorragies, des hématémèses, oie. Ce sont des toxines hémorragipares qui déterminent l'écoulement du sang dans les voies urinaires. Ces hématuries bactériotoxiques peuvent s'observer dans la fièvre jaune ou dans le typhus exanthématique, concurremment avec d’autres hémorragies; dans certaines épidémies de peste (Egypte, 1834-1835), l'hématurie a

été également mentionnée.

2° L’hématurie peut être aussi causée mécaniquement , par rupture directe des capillaires de la muqueuse vésicale, rupture provoquée soit par un parasite (. Bilharzia hœmatobia), soit par stase lymphatique. Dans ce dernier cas, il y a mélange dans l’urine de sang et de lymphe : il y a hématochylurie.

Hématurie bilharzienne . — La présence d’oeufs de Bilharsia dans les veines de l’appareil urinaire donne lieu au principal symptôme de l’infection bilharzienne : l’hématurie (hématurie d’Égypte, hématurie endémique). L'hématurie est d’aboril intermittente, puis constante. Dans les cas légers, le sang n’apparaît qu'il la fin de la miction, dans les dernières gouttes d’urine, qui sont teintées en rose ou quelquefois, quoique plus rarement, constituées par du sang pur. Comme dans les cas de lithiase vésicale, les exercices violents, les secousses, les voyages en voiture ou à cheval peuvent augmenter l’hématurie; il en est de même des excès de table. A une période plus avancée de la maladie, l'urine prend une teinte rougeâtre uniforme, devient alcaline et trouble, et laisse déposer un sédiment franchement sanguin.

Diagnostic de l’hématurie. — On reconnaîtra l'hématurie par l’examen microscopique du sédiment urinaire. La cause pourra en être élucidée par la constatation des œufs de la Bilharzia dans la bilharziose ou des Pilaires dans lhématochylurie. Lorsque les œufs de la Bilharzia ou les Pilaires n’existent qu’en très petite quantité dans les urines, il peut

URINES

être difficile de les retrouver, même après sédimentation des urines ; on aura avantage à employer dans ce cas le moyen préconisé par Le Dantec, et qui consiste à faire pisser le malade pendant un certain temps sur un filtre en papier et à examiner les produits qui ont été retenus sur le papier.

Un évitera facilement, en recherchant les globules rouges, de confondre les urines hématuriques avec les urines rouges (pii succèdent à l’ingestion de certains produits végétaux (rhubarbe, garance, figue de Barbarie).

Hémoglobinurie . — Dans les pays tempérés, l’hémoglobinurie est un symptôme rare, s'observant dans une maladie peu commune, l’hémoglobinurie paroxystique a frigore, et dans certains empoisonnements. Dans les pays tropicaux, elle est au contraire fréquente. Elle s’observe dans l’accès pernicieux à forme hémoglobinurique, l'un des plus communs et des plus graves îles pays chauds, et dans certains cas d'empoisonnement par la quinine, dans lesquels elle constitue le symplôme prédominant.

A. Accès pernicieux bilieux hémoglobinurique. — L’hémoglobinurie, rhyperthermie et l'ictère sont les principaux symptômes de la fièvre bilieuse hémoglobinurique. Dans celle affection, l'hémoglobinurie est déterminée par la destruction en masse des globules rouges. Une, partie de l'hémoglobine mise en liberté s’élimine par les reins, ce qui occasionne la. coloration de l’urine; une autre pari ie passe par le système porte et détermine l'ictère, par surmenage du foie et surproduction de bile.

Les urines sont de couleur variable, allant du rouge-groseille au noir brun foncé ( blackwater fever , Schwarzwasser fieber). Un a comparé la teinte de ces urines à celle du vin de Bordeaux, du bilter, du porto, du malaga, du porter {stout),. du café; leur nuance va en se fonçant, le plus habituellement, au fur et à mesure des progrès de la maladie; les urines sont, rarement noires d’emblée, mais elles le deviennent souvent après quelques jours de maladie.

Los urines de la fièvre bilieuse hémoglobinurique sont, opaques, non transparentes; quand on agite fortement le bocal qui les contient, la mousse qui se forme à la surface est jaune ou rougeâtre. Elles se coagulent en masse par la chaleur, même lorsqu’elles sont cerise clair ou roses. L’examen microscopique ne permet qu exceptionnellement d’y découvrir quelques globules rouges. L’examen spectroscopique mot en évidence la présence d’oxvhémoglobine et de méthémoglobine, et aussi d’urobiline dans ces urines.

B. Hémoglobinurie quinique. — Chez certains individus prédisposés, l'administration de quinine détermine, même sans que les doses soient élevées, de l’hémoglobinurie. Les urines, sanglantes ou noirâtres chez ces personnes, contiennent de l'albumine et de l’hémoglobine, il n’existe pas d'hématies dans le sédiment . Les médecins grecs, d’abord, puis les médecins de la marine française, enfin. Ewald et Koch ont. attiré l’attention sur ce point (Yoy. p. 92).

L'hémoglobinurie quinique n’existe que chez les individus déjà impaludés, pour certains auteurs. Pour d’autres, au contraire (Plehn), la quinine peut déterminer, chez des malades dont le sang a subi des modifications sous des influences pathologiques diverses (le paludisme jouant un rôle prépondérant, mais non exclusif), de la destruction des globules rouges avec fièvre et dans certains cas de l’hémoglobinurie (1). Pour Laveran, on peut admettre que la quinine détruit plus facilement les hématies déjà altérées des palu déens que les hématies normales.

CHYLURIE ET H É IYI A T O C H Y L U R I E

Le mélange de lymphe à l’urine constitue la chylurie, qui est caractérisée par l’émission d’urines blanches, semblables

(1) Pour Toinaselli, dans la fièvre quinique ictéro-hématurique qu’il a décrite, l’hémoglobinurie ut aussi, mais moins fréquemment, l'hématurie sont, avec les vomissements et les douleurs lombaires, des symptômes constants.

URINES

ù du lait étendu d’eau. Lorsqu’il s’écoule un peu de sang avec la lymphe, les urines prennent une coloration rose ou rouge; il y a alors hématochylurie. La lymphorrhée urinaire est déterminée par la rupture des varices lymphatiques de la paroi vésicale, rupture provoquée par stase de la lymphe dans le canal thoracique.

La c-hylurie survient souvent brusquement, sans prodromes. Elle succède parfois à une rétention d’urine, ou à des douleurs vagues siégeant au niveau des reins, du bassin ou de l’aine, et semble fréquemment occasionnée par un effort violent.

Le mélange de sang au chyle qui s’est répandu, par rupture des lymphatiques de la vessie, dans la cavité vésicale, est fréquent, et la coloration rosée ou rouge des urines hématochyluriques peut apparaître et disparaître dans la même journée. La station debout occasionne fréquemment aussi la coagulation du sang dans le bas-fond de la vessie et le malade rend alors de petits caillots, l’urine étant lactescente, à peine teintée de jaune. On ne retrouve pas d'hématies dans les urines chyleuses des malades depuis longtemps atteints.

Caractères physiques de /'urine chyleuse. — Mise aussitôt après la miction dans un verre à pied, l’urine chyleuse se prend souvent en une masse, formant un eoagulum, semblable à une gelée tremblotante. Ce eoagulum se rétracte et prend l’aspect d’un caillot bottant dans un liquide laiteux. S il y a du sang dans l’urine, le caillot est rouge ou rose et, lorsqu'on l’exprime, il prend l’apparence d’une boulette comparable à s’y méprendre à un morceau de viande crue. Il peut y avoir aussi dès l’émission des caillots dans l’urine. Ces caillots ont généralement un aspect allongé, ils sont du diamètre d’une plume de corbeau et se forment dans la partie inférieure des uretères, dans l’urètre ou le bas-fond de la vessie.

Abandonnée au repos, la partie liquide de l’urine se divise en trois couches (Manson) :

SEMEIOLOGIE DES MALADIES TltOPICALES.

1° Une- pellicule brillante;

2° U-n liquide blanc, épais, dans lequel Hotte le coagulum ;

3° Un sédiment grisâtre ou rougeâtre, peu abondant, contenant des lymphocytes, des hématies, des cellules épithéliales, des sels urinaires et principalement des phosphates ammoniaco-magnésiens.

Le liquide intermédiaire, examiné au microscope, contient des matières grasses et des globules de graisse.

La pellicule qui flotte, à la surface du liquide est formée de gros globules huileux, qui surnagent.

Le caillot a une composition un peu variable. 11 est plus ou moins dur et élastique, ou, au contraire, mou et très diflluenl, s'écrasant comme du mucus (Corre). 11 est composé de fibrine, et peut renfermer des fllaires, mais seulement quand il contient du sang.

L'urine chyleuse a une odeur douceâtre particulière; elle a une densité variable (1005 à 1025); elle est acide dans la très grande majorité des cas et contient de l'albumine. Les dissolvants des corps gras (éther) lui enlèvent sa coloration blanche.

Les urines peuvent, dans une seule journée et chez le même malade, être alternativement claires et laiteuses. Le retour à la limpidité peut se faire brusquement, après une chylurie continue, et d’une longue durée.

GLYCOSURIE

Dans les maladies tropicales, la glycosurie est une exception et ne comporte aucune valeur diagnostique. Dans le choléra, le typhus exanthématique, les urines peuvent, il est vrai, renfermer des petites quantités de sucre, mais cette glycosurie n’est que passagère. 11 en est de même dans le paludisme, affection dans laquelle la glycosurie est exceptionnelle.

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