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DÉLIRE

L’agitation, avec confusion mentale et hallucinations, telle est la forme que revêt habituellement le délire dans les-

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maladies fébriles. Les types maniaques, mélancoliques ou systématisés ne s'observent guère que dans les •affections chroniques.

Fièvre jaune. — Dans la fièvre jaune, les accidents céré finaux revêtent la forme délirante quelquefois dès le début], mais surtout après la fausse rémission. C’est le délire aigu, gai ou triste, furieux ou tranquille, fréquemment caractérisé par des idées de suicide, presque toujours continu, pouvant s’arrêter, quand la maladie évolue vers la guérison, ou bien augmentant progressivement jusqu'à la mort.

Peste. — Le délire s’observe presque dans tous les cas de peste. 11 peut être paisible, tranquille, loquace, mais il est le plus fréquemment agité : les malades ont une tendance à se jeter en bas de leur lit. Le délire alterne souvent avec le coma, qui prédomine dans les derniers moments de la vie.

Les auteurs modernes ont beaucoup moins insisté sur les troubles nerveux dans la peste que les épidémiologistes du moyen âge, qui ont relaté à différentes reprises, dans les formes délirantes de l’affection, des frénésies, des manies, des alternatives d'excitation, d'insomnie et de sommeil léthargique.

Dans certaines épidémies de peste des' temps modernes, on a cependant noté aussi la prédominance des accidents du système nerveux, avec un délire violent, ou au contraire de la stupeur, de la trémulation de la langue et quelquefois de la perte de fi intelligence. Ces symptômes présagent ordinairement une mort rapide.

Choléra. — Dans le choléra, les phénomènes délirants ne s'observent que dans une des formes cérébrales de la période de réaction, la forme ataxo-adynamique. « Le; malade, dit Mesnet, est en proie à un délire bruyant avec agitation; il jette des cris perçants, se remue en tous sens, ne peut tenir en place et reste toujours découvert. » Cette phase d’excitation est souvent suivie d’une période d’accalmie, qui dans les cas mortels se termine par le coma. Les périodes d'exoi-

talion el de dépression peuvent durer de vingt-quatre heures ;i quelques jours.

Typhus exanthématique . — Dans la grande majorité des •cas de typhus il y a du délire (57 fois sur 1 OU d’après la statistique personnelle de Murcliison). Aussi a-t-on souvent donné à celte affection le nom de fièvre cérébrale. Le délire a même une signification pronostique et il est exceptionnel qu’il

lin du premier ou le commencement du second septénaire qu’il fait son apparition ; il peut se montrer aussi dès le début delà maladie. Souvent on l’observe exclusivement pendant la nuit, ou une partie de la nuit; le malade recouvre ses sens pendant la journée, mais il reste somnolent. Lorsqu’il n’y a pas de rémission diurne, l’agitation est fréquemment plus accentuée pendant la nuit. Le délire fait suite à la céphalalgie. Il ne cesse le plus souvent qu’avec la mort ou au début de la convalescence; cependant il peut persister après •que les phénomènes généraux se sont amendés.

Ses formes dans le typhus exanthématique sont très variables. Le plus souvent on a affaire à une forme tranquille. Le malade reste couché, gémissant et marmottant d’une façon incohérente; au début on réussit à l’éveiller pour en tirer dus réponses correctes; plus lard il ne reconnaît plus personne ou confond l’un avec l’autre; il est souvent en proie à des idées fixes, généralement d’un caractère triste. Les traits principaux du délire, dans le typhus, sont en effet, l'incohérence, la fixité et la tristesse des idées. Une malade, rapporte Roupell, se crut morte pendant dix jours et refusa de parler, si ce n'est pour demander qu’on l’enterrât. Souvent le malade est agité, irritable, sans sommeil, et répond d’une façon décousue et incohérente. Le délire peut aussi affecter une forme plus bruyante, se rapprochant, plus ou moins du delirium tremens. Enfin quelquefois on observe du délire aigu : les malades vocifèrent, poussent des cris inarticulés, sortent de leur lit, où l’on a la plus grande

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peinc à les maintenir. Pendant la guerre de Crimée, alorsque les troupes françaises étaient décimées par le typhus, il était fréquent de voir des malades, en délire, courir à travers champs. Il y a souvent tendance au suicide.

Dengue. — On a noté parfois de F agitation et du délire, dans la dengue. Chez les adultes, ces symptômes sont ordinairement passagers et sans gravité.

Insolation. — La forme délirante de l'insolation est caractérisée par un délire aigu avec tendance: au suicide.

Ce délire furieux était connu autrefois sous le nom de colentura. Il survenait d'une manière subite, dans les mers tropicales, principalement pendant les périodes de calme et au milieu de la nuit. Il était caractérisé, chez les individus atteints, par un désir irrésistible de se jeter à la mer. Cette impulsion, d’après certains auteurs, était déterminée par des hallucinations qui transformaient, aux yeux des malades, la mer en prairies ou en champs émaillés de Heurs.

Pour Le Roy de* Méricourt, et c’est également notre avis, il s’agit dans la plupart des cas d’accès délirants d’origine palustre. Le délire furieux a été en effet observé au moment des plus grandes chaleurs de l'année, dans des pays paludéens. 11 est accompagné soit de tendance au suicide, soit de manie homicide.

Paludisme. — Le délire s’observe fréquemment sous les. formes les plus variées, au cours de l’infection palustre. Il peut être tantôt tranquille, tantôt violent. Souvent des accès, très bénins s’accompagnent de délire; généralement, pendant ces accès le malade est relativement calme, loquace et plutôt gai que triste.

Lorsque les manifestations délirantes constituent le symptôme principal de l'accès, on a affaire à l'accès pernicieux délirant. Cet accès débute comme les autres accès paludéens, mais la face est injectée, turgescente. Le malade est loquace, agité, il parle, chante à lue-lète et prononce des paroles sans suite. Parfois, il devient furieux, fait des efforts continuels.

pour sortir du lit et sauter par la fenêtre. Ses yeux, brillants, humides, injectés, semblent sortir des orbites. La peau est brûlante, le pouls plein, tendu. Le thermomètre marque 40° ou 41°.

Dans cette forme d’accès pernicieux, si l’on n’intervient pas à l’aide de la médication spécifique, au délire succèdent la stupeur et le coma mortel, parfois entrecoupés de convulsions.

Dans l'accès bilieux hémoglobinurique, la terminaison fatale, en cas d’insuffisance rénale, peut se produire au milit u du cortège des symptômes délirants propres à l’urémie.

Verruga. — Dans la verruga, le délire est de règle au moment de la période d’état. C’est généralement un délire tranquille; il est peu intense, sauf un peu avant la mort.

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