‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 145 sur 194 · COMA. — APOPLEXIE · texte numérisé non relu

COMA. — APOPLEXIE

Le coma est un état pathologique, dans lequel la connaissance, la sensibilité et h' mouvement sont abolis, tandis que la circulation et la respiration continuent à s’accomplir. Le sommeil chloroformique donne l’image du coma: il en est de même du sommeil profond et prolongé. Entre le sommeil pathologique et le coma, il n’y a pas de barrière bien définie ; la maladie du sommeil, dans la dernière période, nous en donne un exemple extrêmement net. Le. coma diffère de la syncope par sa longue durée et par la persistance des battements du cœur.

Le coma peut être la terminaison des pyrexies graves dans les maladies des pays chauds. Dans la fièvre jaune, la peste, le choléra, le typhus exanthématique, il alterne souvent avec des phénomènes délirants. 11 ne présente pas de grandes particularités dans ces différentes affections.

Typhus exanthématique. — Dans le typhus exanthématique, le coma succède en général, dans les cas graves, à

TROUBLES NEUN EUX.

une somnolence plus ou moins marquée, mais il peut aussi apparaître brusquement, sans aucun phénomène prémonitoire, sans somnolence ; il alfecte quelquefois la forme du coma vif/ il de Chomel; le malade, qui sort d’un sommeil plus ou moins prolongé, affirme n’avoir pas fermé les yeux.

Insolation. — Dans l’insolation on peut observer, à la suite de l’exposition au soleil, une perte brusque de la connaissance et du sentiment simulant une hémorragie cérébrale. Le malade peut aussi, au milieu d'un cortège de symptômes circulatoires et respiratoires graves, avec ou sans prodromes,, tomber sans connaissance, en résolution complète. Le coma est souvent entrecoupé de mouvements convulsifs, plus rarement de convulsions épileptiformes; il dure jusqu’à la mort. Dans les cas se terminant par la guérison, il peut se prolonger pendant un, deux et même trois jours.

Accès pernicieux comateux. — L’accès comateux est une forme grave, pernicieuse des fièvres palustres, relativement fréquente sous les tropiques. Le malade, au cours ou jà la suite d’un accès paludéen, semble s’endormir naturellement et tombe dans le coma. Un soôimeil profond, au cours ou à la suite d’un accès paludéen, doit toujours attirer l’attention du médecin. Dans les cas d’accès comateux, les membres sont en résolution, le malade a perdu la motilité, la sensibilité, l’intelligence, il ne répond que par des monosyllabes ou des grognements quand on essaie de le tirer de sa torpeur, souvent il pousse des gémissements. La peau est d’abord sèche et chaude, puis couverte 'de sueur, le pouls rapide, petit, puis plein et dur, la température élevée, atteignant 40°. La respiration est tantôt sterloreuse, tantôt suspirieuse, le type Uheyne-Stokes n’est pas rare. Les pupilles sont dilatées. Le faciès est en général vullueux, chez les personnes récemment impaludées; il est au contraire pâle chez les cachectiques paludéens. Les excitations de la peau déterminent à peine quelques mouvements automatiques qui montrent que la sensibilité n’est pas totalement abolie. Il y a souvent du Lrismus, du stra

bisine. L'incontinence et la rétention de l’urine et des matières fécales coexistent fréquemment. L’état comateux peut être observé à la suite des accès délirants, ou des accès pernicieux à forme typhoïde; mais il peut aussi survenir d'emblée sans être précédé de délire. Liiez un malade profondément et depuis, longtemps impaludé, le coma survient parfois d’une façon foudroyante lorsque le malade se lève; il est alors souvent précédé de vertiges. Le coma peut encore faire son apparition pendant la nuit, et l’on trouve un. individu qui s’était couché la veille en bonne santé sans connaissance, en résolution complète et présentant une respiration sterloreuse. Pour Sullivan et Plelin, l’accès pernicieux à forme comateuse succéderait le plus souvent à une insolation, qui joue seulement le rôle de cause occasionnelle, les accidents cérébraux étant dus dans le paludisme à des embolies parasitaires, et s’accompagnant d’ailleurs souvent de paralysies.

Dans l’accès soporeux, qui peut être considéré comme une forme légère de l’accès comateux, il y a simplement de la stupeur, de l’hébétude. Le malade semble être sous l’influence de l’opium. L'engourdissement peut durer quelques heures et même un ou plusieurs jours; il peut subsister quand la fièvre est tombée. Le retour à la connaissance est souvent précédé de sueurs profuses; au réveil, les malades se plaignent de lassitude, de lombalgie et d’un malaise général.

Des attaques apoplectiformes suivies de coma et dues à 1 urémie peuvent enfin être observées dans la fièvre bilieuse liémoglobin urique.

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