TROUBLES DE LA MOTILITÉ
Paralysies. — Hémiplégie. — Paraplégie. — Monoplégies. — Paralysies des nerfs crâniens et du grand sympathique.
Paludisme. — L’accès pernicieux apoplectique est fréquemment accompagné de paralysies, qui prennent le plus souvent la forme d’hémiplégie. Lorsqu’elles siègent à droite, res hémiplégies s’accompagnent d’aphasie. Elles disparaissent, reviennent avec les accès, prenant ainsi le plus souvent un caractère nettement intermittent; mais elles peuvent aussi •être permanentes. Laveran rapporte le cas d’un malade qui, en colonne, au Dahomey, constata un matin qu’il ne pouvait plus parler ni mouvoir ses membres du côté droit.
La pathogénie des paralysies paludéennes est connue. Elles sont déterminées par des embolies parasitaires. Le fait que ce sont des parasites qui obstruent les capillaires cérébraux permet d’expliquer pourquoi les accidents paralytiques et les troubles du langage cèdent à l’action de la quinine, lorsqu’il ne s’est pas produit, à la suite des embolies, une rupture vasculaire.
Des monoplégies, des paralysies des nerfs crâniens, ont
été observées dans le paludisme, dont elles peuvent constituer une des formes larvées.
On a publié également quelques cas de paraplégies palustres, transitoires. Ces paraplégies palustres sont, dans la grande majorité des cas, des polynévrites.
On a beaucoup discuté sur la véritable nature des accidents névritiques survenant chez des paludéens. 11 ne faut leur reconnaître une origine palustre que dans les observations où il demeure bien prouvé que le malade n'a aucun antécédent syphilitique ou alcoolique. Le diagnostic du siège de la lésion (myélite ou polynévrite) est souvent difficile. On se rappellera que dans les paraplégies d’origine névritique ou périphérique il n’y a pas de troubles des réservoirs, que les lésions sont symétriques et que ce sont les troubles de la motilité qui prédominent.
Béribéri. — Dans le béribéri, la parésie, car il y a plus souvent parésie que paralysie vraie, affecte surtout la forme paraplégique, bien qu’elle puisse rester limitée à un membre ou à une section de membre.
Dans les cas légers, au début, les béribériques se plaignent de faiblesse, dé lourdeur dans les jambes; le moindre effort de marche les gène, les fatigue, leur est difficile et pénible. Leur démarche a été comparée à celle de gens dont les vêtements sont trempés d’eau ou qui marchent les jambes dans l’eau ; les pas sont petits, les pieds sont écartés de l’axe du corps, comme pour lui donner une base de sustentation plus grande. Les malades qui, comme les Japonais, ont des sandales maintenues par les orteils les perdent en marchant, par suiLe de la paralysie des muscles des orteils; ils ne peuvent plus les mettre sans s’aider avec les mains (Scheube).
Si la paralysie est plus avancée, les béribériques marchent en steppant : le genou s’élève sous l’effort du triceps crural, entraînant avec lui la jambe et le pied qui pend inerte et retombe sur le sol, où il se pose mal, faisant trébucher les malades ; d'autres marchent en fauchant. Aux degrés extrêmes.
TROUBLES NERVEUX
la marche et la station debout deviennent impossibles, les pieds étant en position de pied bot varus équin, les orteils complètement paralysés. La paraplégie béribérique peut être accompagnée de paralysies du membre supérieur, les mains étant atteintes, dans les cas graves, au même degré que les jambes.
11 arrive souvent que la paraplégie ne frappe pas d'une façon égale les deux membres. Lorsque les membres sont affectés symétriquement, certains segments peuvent ne pas être pris simultanément. Dans certains cas,lq paralysie affecte la forme hémiplégique.
Dans le béribéri, on observe aussi des monoplégies et des paralysies d’autres groupes de muscles que ceux des membres ; les lombes, le diaphragme, dans les cas graves, peuvent être atteints. La paralysie peut rester limitée à un orteil, à un pied, à une seule jambe.
Les nerfs crâniens sont peu affectés, à l'exception des rameaux cardiaques du pneumogastrique, dont la paralysie s’annonce par des troubles de la circulation. Quand le récurrent est touché, ce qui est infiniment plus rare, il y a dysphonie ou même aphonie complète.
C’est à la paralysie des rameaux stomacaux du pneumogastrique que doivent être attribués les vomissements &i constants dans les cas mortels. Scheube a signalé, dans le même ordre d'idées, de l’œdème aigu des poumons dans la forme maligne de la maladie. Cet œdème est dû à la paralysie des rameaux pulmonaires du grand sympathique.
Le facial, le glosso-pharyngien, l'hypoglosse sont rarement atteints. Les paralysies oculaires, le strabisme, le ptosis ont été signalés.
Les paralysies dans le béribéri sont le plus souvent flasques. Leur marche et leur durée sont variables. Elles peuvent être transitoires, disparaître d’une façon brusque, et reparaître ensuite.
Maladie du sommeil. — Au cours de la maladie du sommeil, les paralysies peuvent affecter la forme hémiplégique,
monoplégique ou paraplégique. Les sphincters anal et vésical sont constamment paralysés à la dernière période de la maladie.
Dengue. — Dans la dengue, on a signalé au cours de certaines épidémies des paralysies partielles.
Insolation. — A la suite de l'insolation, on observe souvent des hémiplégies, avec ou sans aphasie.