CONVULSIONS
La plupart des maladies infectieuses «1rs pays tempérés, ainsi que les intoxications, déterminent des phénomènes convulsifs, des contractions brusques et involontaires des muscles. Chez l’enfant, les convulsions sont très fréquentes au cours des pyrexies; chez l’adulte, il n'est presque pas de maladies infectieuses où l'on n’en ail mentionné. Dans les affections tropicales, il en est de même. Un observe d«‘S convulsions plus spécialement dans le choléra, dans le coup de
chaleur, dans la dengue, dans le béribéri et dans les fièvres palustres. Dans ces dernières, la prédominance des phénomènes convulsifs constitue une forme spéciale, Y accès pernicieux à forme convulsive.
Paludisme. — L'accès pernicieux convulsif s’observe plus souvent chez l’enfant que chez l’adulte. Chez ce dernier, on le désigne plutôt sous le nom d'accès épileptiforme. L’accès convulsif est relativement commun aux Indes, chez les enfants et chez les femmes dans l'état puerpéral (accès éclamptique). 11 débute par une fièvre intense, suivie de perte de connaissance et de convulsions violentes, généralisées, épileptiformes, accompagnées parfois d’incontinence d'urine et des matières fécales. L’accès convulsif ou épileptiforme est beaucoup plus grave chez l'adulte que chez l'enfant. Il se termine, en général, au bout de deux ou trois jours, par la mort dans le coma, le collapsus, ou bien par syncope. Les enfants succombent fréquemment aussi, quoique cet accès soit moins grave chez eux.
Ces accès, suivant Dubergé, ne s’observent que chez des personnes prédisposées.
Choléra. — Dans certaines épidémies de choléra, on a noté des convulsions cloniques, débutant aux membres inférieurs, s’étendant ensuite aux muscles du tronc. Ces convulsions, différentes des crampes, se généralisent au moment de la mort . Elles sont exceptionnelles.
Dengue. — Dans la dengue, on a signalé des convulsions chez les enfants, et, chez la femme, des crises hystériformes qui peuvent constituer le premier symptôme de l’affection.
Insolation. — Dans l'insolation, le coma dans lequel le malade est plongé peut être traversé par des mouvements convulsifs le plus souvent légers, mais parfois aussi généralisés. Il ne survient que plus rarement des convulsions épileptiformes ou tétaniques, qui persistent jusqu’au moment de la mort.
Maladie du sommeil. — Un observe fréquemment, dans la maladie du sommeil, des convulsions. Elles sont en général tardives. Les phénomènes nerveux se bornent le plus souvent
TROUBLES NERVEUX
pendant la période d’étal à un tremblement ehoréiforine, limité au membre supérieur, tremblement assez rapide et qui parfois est généralisé ; cependant la maladie peut être fréquemment aussi traversée par de grandes crises convulsives simulant une attaque d'épilepsie et précédées d'hallucinations. Pendant ces crises, la température s’élève, il y a incontinence de l'urine et des matières fécales, écoulement abondant de salive. Le coma qui suit ces crises peut être mortel.
Béribéri. — Dans le béribéri, on observe parfois des mouvements choréiques ou alhétosiques survenant à l’occasion de mouvements volontaires, et des tremblements rappelant ceux de la paralysie agitante. Ces tremblements peuvent se généraliser et devenir épileptiformes quelques moments avant la mort. Ils sont dus, sans aucun doute, à de l’œdème cérébral (Scheube).
CRAM PES
Choléra. — Les crampes, qui ne diffèrent des contractures que par leur caractère plus passager, constituent un des signes les plus caractéristiques et le symptôme le plus pénible du choléra asiatique. Elles sont plus violentes dans les cas graves et chez les sujets jeunes et vigoureux. Elles font partie des symptômes de la période algide. Elles sont extrêmement douloureuses, ne cessant un instant que pour reparaître quelques minutes après. Elles affectent surtout les muscles du mollet, d’où elles peuvent s’étendre à la plante des pieds, aux orteils, aux cuisses, et gagner le bras et la main. Elles ne siègent que d’une façon exceptionnelle au tronc: thorax, abdomen, et a la lace.
Les crampes surviennent spontanément ou sous l’influence du plus petit effort. Elles font saillir les muscles sous la peau, sous forme de fuseaux rigides et durs, et peuvent dur< r quelques heures ou persister plus longtemps : jusqu’au moment. de la mort dans les cas graves et très rapides.
Béribéri. — Dans le béribéri, les crampes douloureuses dans le mollet ne sont pas rares au début de la maladie. Elles peuvent durer jusqu’à quinze jours et disparaître ensuite.