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CONTRACTURES

Béribéri. — Dans le béribéri on observe souvent des contractures, qui sont très rarement généralisées et ont le plus habituellement pour siège les muscles des mollets. Les muscles de la plante des pieds et ceux des cuisses peuvent être également rétractés, mais moins souvent. Les contractures au membre supérieur sont beaucoup plus rares. La rigidité des muscles du mollet détermine une modalité spéciale de la marche chez les malades : quand la paralysie a rétrocédé, et qu’ils peuvent, aller et venir, ils marchent sur la pointe du pied. Les muscles jumeaux sont souvent gros, durs et sensibles au loucher, surtout le jumeau interne.

Celle rigidité, lorsqu’elle devient permanente, gêne beaucouples convalescents, et peut nécessiter la section du tendon d’Achille.

Maladie du sommeil. — Dans la maladie du sommeil, on observe, d’une façon presque générale, des contractures à la dernière période de la maladie. Elles ont surtout pour siège les muscles fléchisseurs des membres et les sternomasloïdiens.

Lathyrisme. — Los contractures sont d'abord passagères dans le lathyrisme. Elles débutent aux membres inférieurs par de la raideur et un peu de tremblement. La démarche est caractéristique; les jambes sont en extension forcée, le talon est en l’air, les orteils sont fléchis; à chaque pas il se produit une trémulation de tout le corps. « Quand une jambe doit se mettre en mouvement, dit Bouclier, il y a une forte projection du corps en avant, suivie brusquement d'une contraction dans les muscles des gouttières vertébrales, amenant un mouvement

TROUBLES NERVEUX

de redressement de la partie 'supérieure du tronc. Il semble <|ue les hanches qui oscillent et surtout font osciller tout le corps aient à soulever un poids considérable. La jambe reste raide, le genou ne fléchit pas ou fléchit peu. » Au début de la maladie les contractures ne surviennent qu’à la suite d’une cause occasionnelle, d’un mouvement, d’un choc. Plus lard elles deviennent permanentes; la raideur paralytique des jambes, qui donne au lat Lyrique sa démarche caractéristique, fait alors place à une impotence presque absolue; la marche, qui jusque-là était possible avec l’aide d’un bâton, devient presque impossible, le malade nè pouvant plus se servir que •de ses muscles sacro-lombaires.

TROUBLES TROPHIQUES

Un certain nombre de troubles trophiques : ceux du tissu cellulaire et de la peau, sont décrits ailleurs (Voy. Œdèmes , Gangrène , etc.); nous n’y reviendrons pas. Nous ne nous occuperons ici que des troubles trophiques qui intéressent le système musculaire ou le système vasculaire.

ATROPHIES MUSCULAIRES

Lèpre. — Dans la lèpre à forme nerveuse, l’atrophie musculaire marche parallèlement à l’anesthésie. Il n’y a point paralysie, mais impotence fonctionnelle consécutive à l’atrophie. Plus le muscle est atrophié, et plus la contractilité musculaire est diminuée.

L’atrophie débute par les muscles de l’éminence thénar, puis ce sont ceux de l’éminence hypothénar et les interosseux qui sont atteints, ce qui donne à la main l’aspect d’une griffe. Les muscles de l’avant-bras, et principalement les extenseurs, s’atrophient à leur tour.

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La main <l<>s lépreux anesthésiques ne diffère en rien de celle des individus atteints d’atrophie, musculaire progressive. Elle est aplatie, ses saillies musculaires ont disparu et sont remplacées par des méplats. La face dorsale devient concave, la paume plate ou légèrement bombée, le pouce étant ramené Sur le même plan que les autres doigts. Ceux-ci sont fléchis : les premières phalanges sont dans l’extension forcée, les autres en flexion, a des degrés divers. 11 peut y avoir encore des déviations des doigts, vers le côté cubital, si bien que les phalanges sont en quelque sorte imbriquées. L'aspect de la main du lépreux ainsi déjetée sur le côté a été comparé par Jean sol me à celui de la main en coup de vent. Le poignet est parfois flécbi sur l’avant-bras, ou dévié du côté cubital.

Malgré ces déformations, les malades conservent une certaine habileté de leurs mains, à la condition de ne pas perdre de vue leur ouvrage.

Au membre inférieur, les muscles du pied, de la jambe, s’atrophient également. 11 én résulte une déformation des orteils et du pied (orteils en griffe, pied plat ou pied bot paralytique). Ces déformations peuvent rendre la marche très difficile ou même impossible.

L’atrophie ne se limite pas toujours aux avant-bras et aux jambes; dans dos cas, qui sont rares, elle peut gagner les muscles de Ja cuisse, du bras, les pectoraux, les deltoïdes et les muscles du dos. On a alors le tableau complet de l’atrophie musculaire progressive.

La face peut être également atteinte; l’atrophie frappe presque exclusivement les muscles superficiels, et cela d’une façon irrégulière, respectant les uns et frappant les autres. Elle est incomplètement bilatérale; il en résulte souvent un aspect grimaçant caractéristique. Elle frappe fréquemment quelques-uns des muscles de l’œil, donnant lieu à du strabisme ou à de l’ exophtalmie. Quand l’orbiculaire des paupières, qui est le muscle le plus souvent atteint, est atrophié, le malade

TROUBLES NERVEUX

in; peut plus fermer les yeux; la paupière inférieure est en eclropion et l’écoulement île la sécrétion lacrymale sur les joues est continu.

Lorsque c’est l’orbiculaire des lèvres qui est frappé, la lèvre inférieure pend et laisse écouler la salive.

Béribéri. — Dans le béribéri, d'après Biilz, l’atrophie musculaire n’est pas constante ; Simmons et Scheube pensent, au contraire, et c’est également notre avis, que chez tous les malades qui ont été plus ou moins paralysés il y a de l'amyotrophie. C'esl aux jambes que cette amyotrophie s’observe le plus fréquemment; elle se propage généralement de haut en bas, de la racine vers l'extrémité des membres. Au membre supérieur, elle peut frapper des groupes de muscles. Contrairement à ce qu’on observe pour le membre inférieur, elle débute par les mains, comme l’atrophie musculaire progressive, gagne les avant-bras et frappe certains muscles du tronc ou de la face. Quand l’atrophie musculaire est très marquée, la compression des muscles détermine uni, vive douleur.

Maladie du sommeil. — A la dernière période de la maladie du sommeil on observe une amyotrophie prononcée portant aussi bien sur les membres supérieurs que sur les membres inférieurs. La perte delà force musculaire, qui .est un symptôme de la maladie, est en rapport avec ces amyotrophie».

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