OEDÈME
«lu tissu cellulaire, provoquée par la ponte des œufs de la Pilaire. Du tissu conjonctif, ccs œufs passeraient dans les conduits lymphatiques, où ils ne séjourneraient que peu de temps. Cette opinion a été confirmée par Kcrr (I).
ŒDÈMES S’OBSERVANT A TITRE D’ÉPIPHÉNOMÈNES DANS LES MALADIES TROPICALES
Œdèmes dans le paludisme. — La cachexie palustre, •comme toutes les cachexies, s’accompagne d’œdème mou, dépressihle et pâle. Cet œdème est d’abord limité aux parties déclives, il s’étend ensuite à toute une partie du corps. Il masque, par la bouffissure des traits qu'il provoque, l’émaciation du cachectique. La peau est plus ou moins tendue, craquelée, amincie au niveau des parties œdématiées; elle change de couleur et présente, soit des varicosités, soit des taches de purpura. Les cirrhoses paludéennes qui sont compliquées d'ascite peuvent également être accompagnées d’œdème des membres inférieurs et du scrotum, lorsque l'épanchement est nssez abondant pour comprimer la veine cave.
Triantaphyllidès a signalé des œdèmes, localisés ou généralisés, dans certaines formes larvées du paludisme.
Dans la fièvre bilieuse hémoglobinurique, les lésions rénales ■qui compliquent si fréquemment celle affection déterminent quelquefois des œdèmes et de l’anasarque.
La gangrène palustre est parfois précédée d’œdèmes.
Enfin, l’anémie, qui constitue une des lésions les plus constantes du paludisme, s’accompagne d'œdèmes légers, périmalléolaires, qui le plus souvent ne s’étendent pas plus haut que la jambe, et qui cèdent au traitement de l’anémie. Ces œdèmes ■siègent quelquefois aux paupières. Ils sont fugaces, légers, intermittents. Ils peuvent apparaître soit après un accès, soif •au moment du paroxysme fébrile.
(1) Journal of tropical medicine , janvier 1904, p. 8.
Dans les formes graves de l'anémie palustre, ils peuvent siéger aux membres, au tronc, au cou; ils surviennent subitement et disparaissent rapidement, mais seulement sous l'influence de la quinine (Grall).
Verruga. — Dans la verruga aiguë, on observe souvent un œdème, débutant, par les malléoles pour s'étendre ensuite aux jambes. Cet œdème se généralise exceptionnellement. Il est en général peu marqué, sauf lorsqu'il se fait une éruption confluente de verrugas au membre inférieur.
Pour Odriozola, il se rattache à l'anémie profonde qui est un des premiers symptômes de la forme aiguë de la maladie.
Filariose. — La thrombose lymphatique s’accompagne d’œdème dans l'adéno-lymphocèle. En amont du tronc lymphatique oblitéré, généralement au niveau des ganglions engorgés, apparaît une tuméfaction molle, indolente, sans chaleur ni rougeur, donnant au doigt la sensation molle et élastique d’une balle de caoutchouc (Gorrc). D’autres fois, une tuméfaction plus ou moins étendue se dessine; les troncs vasculaires disparaissent, confondus dans une masse de consistance ferme, qui acquiert une durcit' pierreuse et offre parfois en son centre comme la fausse fluctuation de certaines bossessanguines.
Dans l’éléphantiasis on observe au début des œdèmes: plus tard, par suite de la destruction des fibres élastiques, la peau devient dure et rénittente.
Ankylostomiase. — L’anémie grave que l’on observe dans les cas prononcés d’ankylostomiase s'accompagne d'œdèmes péri malléolaires et palpébraux d'abord fugaces, puis permanents. Ces œdèmes peuvent s’observer sur tout le corps, mais ils sont plus marqués à la face et aux extrémités ; le scrotum est souvent atteint.
Trypanosomiase . — Dans la fièvre à trypanosomes, un des symptômes caractéristiques est l’œdème péri-oculaire, qui infiltre les paupières et les régions commissurales. Cet œdème est surtout très intense le matin au réveil.