OEDÈME
culier <| lk*, survenu avec brusquerie et s'étant étendu avec rapidité, il rétrocède de même. S'il est apparu avec lenteur, il disparaîtra de moine. Il arrive parfois qu un malade se réveille et constate qu'il est devenu hydropique pendant la nuit (Manson). Par contre, à l’hôpital, d'une visite à l’autre, le médecin peut constater que le corps de tel malade, distendu par l'anasarque, a repris sa forme et son volume normal.
L’œdème béribérique peut apparaître et disparaître en quelques heures, la mobilité étant un de ses caractères les plus remarquables.
Dans certains cas, il est fugitif, et lorsque, ainsi que cela arrive fréquemment, il est localisé, il peut fort bien passer inaperçu.
L’exercice, le mouvement peuvent le faire disparaître.
L’œdème béribérique s’accompagne d’épanchement dans les séreuses (ascite, hydrothorax, hydropéricarde) et d’œdème du tissu cellulaire sous-muqueux (œdème de la glotte, nécessitant parfois la trachéotomie).
Il est vraisemblablement d’origine nerveuse. C'est un trouble trophique, de meme que la cyanose, l'épaississement plus. -ou moins marqué de la peau au niveau des parties œdématiées, l'hyperidrose et les différents exanthèmes qu’on observe dans certaines épidémies de béribéri. L'origine cardiaque de l'œdème béribérique, à laquelle, on pourrait songer en se l’appelant combien souvent il est accompagné de troubles du cœur, ms cadre pas avec ses localisations, sa mobilité et sa marche bizarre.
Hydropisie épidémique. — L’oedème, dans l'bydropisie épidémique, est généralisé; c’est un anasarque survenant rapidement, pouvant être précédé de prodromes (fièvre, diarrhée, vomissements).
Il ne commence pas toujours aux pieds et aux jambes. Il débute parfois par la main et l’avant-bras.
Quand il s observe tout d'abord aux pieds, parfois il ne dépasse pas les genoux, d'autres fois il envahit progressive-
ment les cuisses, le tronc et occupe I on I le corps. Dans certains cas il est extrêmement tenace et persiste pendant la convalescence; il peut même reparaître après avoir disparu, le malade étant en voie de guérison. Des épanchements dans les cavités séreuses l'accompagnent fréquemment.
Œdèmes erratiques, gonflements du Calabar (Calabar swellings). — Les médecins anglais ont désigné sous le nom de gonflements du Calabar {Calabar swellings ) des œdèmes localisés, survenant d’une façon intermittente, sans prodromes, dans certaines régions de l'Afrique et dans le bassin du Congo, sur le cours du haut Congo en particulier.
Ces œdèmes sont précédés d une sensation douloureuse, profonde, siégeant à l’endroit où le gonflement va apparaître. La région se tend et se tuméfie. La douleur et le gonflement durent plus ou moins longtemps, puis tout rentre dans l’ordre. Ces œdèmes peuvent se montrer aux membres et aussi au niveau des oreilles. Ils vont et viennent, disparaissent pour reparaître, après un temps plus ou moins long, soit à la même place, soit en un autre endroit du corps. Ils peuvent gêner les mouvements, par la raideur douloureuse qu’ils occasionnent, lorsqu'ils siègent au voisinage des articulations, aux genoux par exemple. Ils sont quelquefois symétriques, mais •c’est l’exception. Ils peuvent durer fort longtemps.
Dans le sang des personnes qui en sont atteintes on n'a révélé la présence d’aucun parasite, sauf dans deux cas où l’on a trouvé la Filaria diurna.
On rencontre ces œdèmes erratiques dans la zone de distribution géographique de la Filaria loa. L'un de nous a eu l'occasion de les observer chez une dame atteinte de Filaria loa. Ils siégeaient de préférence aux poignets, aux mains, à un doigt, comme dans les cas rapportés par Manson. L’extraction du parasite ne les a pas fait cesser, mais, comme l’œdème avait siégé parfois aux deux genoux, il est permis de croire qu'il existait plus d’un parasite dans le tissu cellulaire de la malade. Ces œdèmes, pour Manson, seraient dus à l'irritation