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I. DIAGNOSTIC DE L'INSOLATION ET DU COUP OE CHALEUR

L’action directe des rayons solaires détermine l'insolation; de même, une atmosphère surchauffée, à l’abri du soleil, détermine le coup de chaleur; les symptômes dans les deux cas sont les mêmes et peuvent revêtir des formes assez variables dans leur modalité et dans leur intensité.

Dans sa forme la plus simple, le tableau clinique de l'insolation et du coup de chaleur est le suivant : le malade est en proie à une céphalalgie intense, accompagnée souvent de vertige et de photophobie. 11 éprouve de la constriction du thorax et de l'angoisse; son visage est tantôt rouge et congestionné, tantôt pâle. La pupille est contractée, le pouls petit et rapide, la température élevée, il y a fréquemment des vomissements bilieux au début. L'intelligence est conservée pendant la première période de la maladie ; plus tard il peut survenir des accès délirants, avec hyperthermie, ou des convulsions généralisées auxquelles succède le coma. Les symptômes de I insolation sont plus ou moins accentués suivant la gravité des cas.

Lorsque le malade peut rendre compte des accidents qu’il éprouve H des circonstances dans lesquelles ils sont survenus, le diagnostic ne présente pas de difficultés. Il n’en est pas de Maladies tropicales. 2

même si l’on se trouve sans aucun commémoratif en présence d’un malade privé de connaissance et de sentiment.

Le thermomètre pouvant donner des indications, il ne faudra jamais négliger de prendre la température.

Diagnostic différentiel. — On peut confondre l’insolation avec l'accès pernicieux à forme cérébrale, la méningite cérébro-spinale et l'ictus apoplectique.

L’accès pernicieux à forme cérébrale, sous ses différentes formes, délirante, comateuse, convulsive, peut être d’autant mieux confondu avec l’insolation, que les manifestations cérébrales des deux affections revêtent souvent des formes identiques (1).

La forme comateuse de l'accès pernicieux succède à un ictus apoplectique, s’accompagnant de la perte de la connaissance et du sentiment: la forme convulsive rappelle un accès épileptiforme. Au cas où les commémoratifs feraient défaut, la température donnera quelques indications. Elle atteint ou dépasse 41° dans le coup de chaleur, sauf dans la forme syncopale; dans l’accès pernicieux, elle se tient aux environs de 39° ou 40° et les dépasse rarement. 11 faut savoir que le diagnostic différentiel est souvent très difficile, l’exposition prolongée au soleil, chez des individus surmenés et impaludés, pouvant reveiller des manifestations malariennes et même provoquer un accès pernicieux. La recherche de l’hématozoaire ne pourra trancher la question que s’il s'agit d’une insolation ou d’un coup de chaleur, non compliqués de paludisme.

Le diagnostic différentiel de l’insolation d’avec la méningite cérébro-spinale se fera moins souvent dans les pays tropicaux, où celte dernière maladie n’est pas fréquente, que dans les pays tempérés. 11 y a des symptômes communs aux deux affections. Cependant, dans la méningite cérébro-spinale la céphalalgie

(1) La forme délirante aigue de l’insolation était autrefois connue sous le nom de calenlure .

DIAGNOSTIC l)K L’INSOLATION ET DU COUD DE CHALEUR. 19

est violente, se propageant à la nuque et aussi le long de la colonne vertébrale, tandis que dans l’insolation elle esl surtout frontale; elle peut cependant siéger à l’occiput où elle se limite toujours.

La pupille est généralement contractée dans l’insolation, dilatée dans la méningite. Dans cette dernière affection, la température esl peu élevée, contrairement à ce qu’on observe dans le coup de chaleur. Le signe de Kernig, de règle dans la méningite, et qui consiste, comme on le sait, dans l’impossibilité, pour le malade, de passer du décubitus horizontal à la position assise, les jambes restant dans l’extension, n’a pas été recherché, à notre connaissance, dans le coup de chaleur.

L’insolation se distingue de l'hémorragie cérébrale par L absence d’hémiplégie. De plus, pendant les premières heures qui suivent la rupture vasculaire, la température reste normale, et ne s’élève à 39°, dans les cas à pronostic mauvais, que quelque temps après.

Dans le cas où le malade supposé atteint de coup de chaleur est dans le coma, le médecin devra faire le diagnostic différentiel des différents comas : coma alcoolique, etc. On se basera alors sur les renseignements fournis par le thermomètre et sur les commémoratifs, ainsi que sur l’évolution ultérieure de l’affection.

Dans la forme cardiaque ou syncopale du coup de chaleur, le diagnostic devra être fait avec l’accès pernicieux algide ou syncopal. Les accidents, dans cette forme d’insolation, sont subits : le malade tombe par terre, parfois au milieu d’une conversation; il se relève le plus souvent jusqu'à ce qu'il soit frappé par une nouvelle syncope, qui peut être prolongée, et même mortelle. Cette tonne du coup de chaleur s’observe chez les individus porteurs d’une tare cardiaque. C’est une insuffisance cardiaque aiguë. Elle s’accompagne, comme I accès algide, d hypothermie (33") lorsque le malade est dans le collapsus.

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