‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 180 sur 194 · L’APPAREIL LYMPHATIQUE DANS LES MALADIES · texte numérisé non relu

L’APPAREIL LYMPHATIQUE DANS LES MALADIES

Le système lymphatique : vaisseaux lymphatiques et ganglions, est souvent, atteint dans les pays chauds.

En dehors de l'érysipèle et des complications lymphangitiques banales dues aux microbes vulgaires de la suppuration et consécutives à des plaies septiques, on observe dans les pays chauds des affections du système lymphatique très nombreuses, dont certaines sont, probablement duos à des parasites, spéciaux aux régions tropicales, qui paraissent avoir une prédilection pour le système lymphatique. Il semble d'autre part que les métis et les créoles aient une certaine prédisposition pour les affections du système lymphatique.

Lymphangites aiguës. — Il existe une forme de lymphangite aiguë, de nature encore mal déterminée, observée au Brésil et à la Réunion, connue sous les noms (Y érysipèle de Rio-de-J cineiro , érysipèle blanc , lymphangite pernicieuse. Claudio de Silva et Rego en ont décrit deux formes : une forme fixe et une forme erratique. D'après ces auteurs, l’infection survient à la suite d’une écorchure, comme dans l’érysipèle ordinaire, et souvent chez des gens ayant eu ou souffrant encore d'un érysipèle. La maladie débute par un frisson intense semblable à celui de l’accès de fièvre intermittente. Le thermomètre monte à 40°, le pouls à 120 et on observe les phénomènes généraux habituels de tous les étals infectieux : céphalalgie, nausées, vomissements, etc. La rate est quelquefois un peu augmentée de volume, mais cela n est. pas constant. La douleur, siégeant au niveau des régions envahies, est toujours très vive. Le stade de chaleur fait plaça1

APPAREIL LYMPHATIQUE

à un stade de sueurs souvent abondantes et accompagnées d'une chute de température. Alors apparaît la rougeur de la peau, si (die n'existait pas auparavant, accompagnée des symptômes de la lymphangite ordinaire, cordons durs, douloureux, etc. La maladie petit se terminer en dix ou quinze jours par résolution, par suppuration, par gangrène ou par passage à l’état chronique.

Dans la forme erratique, les poussées lymphan'gitfques ont pour point de départ une région quelconque du corps et se succèdent rapidement. Le pronostic des deux formes est en général très grave.

On a voulu, en se basant sur le type de la lièvre dans cette infection des vaisseaux lymphatiques, la rattacher au paludisme. 11 est peu probable qu'il y ait un rapport quelconque entre ces deux affections. Pour Manson et d’autres auteurs, il est vraisemblable que ces formes d'érysipèle grave se rattachent à la filariose, mais on n'a donné encore aucune preuve à l’appui de cette hypothèse. Pour d'autres auteurs, certains cas de la maladie connue sous le nom d érysipèle t le Rio se rapprocheraient singulièrement de la peste.

Nous pensons (et nous avons pu en apporter la preuve à la Réunion) que sous le nom de lymphangite infectieuse on a décrit une maladie microbienne qui, le plus souvent, est la peste à bubons. La lymphangite infectieuse de la Réunion semble être la même affection que celle qui a été décrite en Amérique sous le nom d 'érysipèle de Rio.

Au cours de l’éléphantiasis ou observe des poussées de lymphangite aiguë et des manifestations érysipélateuses. Les complications s'accompagnent de fièvre, et surviennent à des intervalles irréguliers, souvent très espacés.

Varices lymphatiques. — Dilatation des troncs lymphatiques. — Ces manifestations de la filariose {F. nocturna) ont leur siège habituel à la racine de la cuisse, au niveau du triangle de Scarpa. On observe également des dilatations variqueuses des lymphatiques aux jambes, aux bras, sur le

tronc, au prépuce, sur le gland. Les varices peuvent êlre cylinclroïdes, donnant la sensation de cordons durs et noueux, ou être ampullaires, avec des dilatations irrégulières formant, sur le trajet des cordons lymphatiques, des tumeurs molles et dépressibles. Leur piqûre donne issue à de la lymphe.

Adéno-lymphocèles. — Les conduits lymphatiques intraganglionnaires peuvent, lorsque la dilatation est généralisée, transformer un ganglion en tissu réticulé et caverneux, par suite de la disparition du tissu adénoïde. Les ganglions ainsi dégénérés forment une masse molle, spongieuse; ils peuvent atteindre le volume du poing. Leur siège de prédilection est la région inguinale. Ils ne sont adhérents ni à la peau ni aux parties sous-jacentes. La peau qui les recouvre est blanche, line, souple. Leur consistance rappelle celle du lipome, ou y retrouve la même sensation particulière de fausse fluctuation. Les tumeurs ganglionnaires du pli de l'aine augmentent par la station verticale; lorsque le malade se couche, on les voit se vider peu à peu sans disparaître complètement. Elles sont absolument indolores et ne causent de la gène que. lorsque leur volume est considérable.

Lympho-scrotum. — Eu dehors des troncs lymphatiques, le réseau superficiel peuL être, mais bien plus rarement, le siège de dilatations variqueuses. La peau, généralement au niveau de la région inguinale ou crurale ou au niveau du scrotum (lympho-scrotum) ou des grandes lèvres, prend dans le cas de varices superficielles une coloration plus foncée et présente des petites élevures semblables à celles d'une peau d'orange, qui deviennent translucides, semblables à des vésicules, et ne tardent pas à crever, en laissant suinter un liquide opalin, qui n’est autre que de la lymphe.

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