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GANGLIONS L Y M P H A T I Q U E S

Les ganglions lymphatiques peuvent être considérés, au point de vue physiologique, comme des organes d’arrêt el de

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défense disséminés sur le trajet des vaisseaux blancs. Dans les maladies infectieuses ils sont très fréquemment atteints. Les microorganismes transportés par la lymphe s'y rassemblent, peuvent s’y grelfer et s’y multiplier en déterminant des adénites, suppurées ou non.

Certaines races sont plus sujettes que d’autres aux adénites. •Chez les noirs, la polymicroadénite est extrêmement fréquente; ce fait est en partie attribuable aux excoriations ou lésions de la peau si souvent parasitée chez les indigènes. Chez les créoles, aux Antilles, on observe quelquefois de l’adénite inguinale après le coït, sans gonocoque et sans excoriations (Corre).

Les adénites qui surviennent au cours d’une infection peuvent reconnaître comme agent pathogène soit un microbe spécifique, soit des microbes d’infection secondaire.

Peste. — L’engorgement des ganglions constitue le signe caractéristique de la forme la plus commune de la peste, la peste bubonique. Les bubons siègent aux aines, aux aisselles, au cou. ou derrière les oreilles. Chez la moitié des malades, en général, les bubons occupent dans l’aine le groupe des ganglions verticaux. Ils se montrent le plus souvent dès le premier jour, parfois plus lard, et s’accompagnent toujours d’une douleur lancinanLe très vive. Il y ale plus souvenl un ganglion plus gros que les autres dans un paquet ganglionnaire engorgé.

Siège. — Voici, d’après Mahé, par ordre de fréquence, les localisations que l’on rencontre le plus ordinairement :

1° A la partie interne et supérieure de la cuisse, dans le point où la veine saphène interne devient superficielle, à trois travers de doigt environ de l’arcade crurale ;

2° Dans le pli de l’aine, dans la région où siègent les bubons vénériens ;

3° Au cou, au niveau des ganglions sous-mastoïdiens, à l’angle de la mâchoire. Ces bubons cervicaux seraient plus fréquents chez les enfants;

4° Dans l'aisselle, où ils sont superficiels ou profonds;

5° Dans le creux poplité, où ils sonl très rares;

0° Enlin, on a vu des bubons à la partie moyenne et interne de la cuisse, au coude et au bras vers la partie inférieure du biceps (1).

Volume. — Le volume des ganglions pesteux est variable. Il peut être égal à celui d’un petit pois, à celui d’une noix ou d’une noisette ou à celui d'un œuf de poule. La réunion des ganglions hypertrophiés, qui s'agglomèrent, les ganglions internes se soudant pour ainsi dire avec les ganglions externes de la même région, peut former des masses pesant 2 livres, et des paquets gros comme une tète d’enfant, au pli de l'aine ou dans l’aisselle. Ces tumeurs sont dures, boss e 1 é es , i r ré g u 1 i è r e s .

Forme. — La forme des bubons pesteux est ronde, parfois allongée; on l’a comparée à celle d’aubergines ou de petits cornichons. Les bubons cruraux ont une base large; ils sont oblongs, leur grand axe dirigé obliquement de haut en bas et de dehors en dedans.

Nombre. — Le nombre des bubons esL très variable suivant les épidémies. Le plus souvent le bubon est unique; quelquefois il y eu a deux, ou davantage.

Son évolution est généralement la suivante. Annoncé par quelques douleurs lancinantes, il se développe assezlentemenl, en général, sans changements de coloration de la peau; mais il peut y avoir au début une rougeur phlegmoneuse au niveau

(1) La situation du bubon initial a une certaine importance au point de vue pronostic. Le rôle protecteur du ganglion sera d’autant plus ellicace que le ganglion ou le groupe de ganglions engorgé sera situé à une plus grande distance des organes céphaliques. Le bubon inguinal est moins grave que les bubons du cou. Plus il y aura d’obstacles ganglionnaires, plus il y aura de chances de préservation de l’organisme. Les bubons axillaires seraient cependant d'ordinaire bénins, d’après Aubert. Personnellement nous les considérons à peu de chose près comine aussi graves que les bubons cervicaux. D'après les observations de Koch et de Chrisly dans l’Ouganda, les bubons cervicaux pourraient n’étre pas toujours symptomatiques des formes graves de la peste, et on pourrait les observer dans des cas à marche chronique de peslis minor.

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<Iu ganglion enflammé, rougeur qui, pour un œil peu exercé, peut passer pour de l'érysipèle.

La piqûre des ganglions hypertrophiés laisse échapper une sérosité riche eu bacilles; dans 1rs cas rapidement mortels, les ganglions restent douloureux et durs. Lorsque la marche, de la maladie est moins rapide, il peut se produire une tuméfaction de la région et du membre correspondant qui a pu dans ■certains cas faire confondre la peste avec une lymphangite. Les ganglions dans lesquels se produit cette exsudation deviennent habituellement moins sensibles.

La suppuration est une terminaison fréquente et désirable; <dle survient vers le huitième jour et s’annonce par la rougeur et l'amincissement de la peau. Le pus renferme surtout des microbes d'infection secondaire; il est peu abondant, grisâtre et contient des lambeaux de tissu sphacélé. Après l’ouverture de la poche purulente, il reste un ulcère toujours très long à guérir, qu'il succède à l'ouverture chirurgicale ou à l’ouverture spontanée du bubon, par sphacèle de la peau. On peut observer de la suppuration accompagnée?, de gangrène (ulcères gangreneux) qui détruit les parties voisines et peut déterminer par érosion des hémorragies mortelles. Les ulcères qi:*i suivent l’ouverture des bubons pesteux laissent de larges cicatrices épaisses, à bords indurés.

La résorption simple s’observe dans certains cas terminés par guérison. Au contraire, dans certaines épidémies, la nonsuppuration, l’affaissement du bubon est un signe mortel.

L’examen bactériologique de la sérosité des bubons a été traité plus haut.

Paludisme. — Les complications portant sur le système lymphatique sont extrêmement rares dans le paludisme. Laveran dit n’en avoir jamais observé aucun cas. Les hypertrophies ganglionnaires que l’on constaterait parfois chez les paludéens, d’après certains auteurs, ont été considérées tantôt comme des complications de la malaria, tantôt comme étant sous la dépendance directe de l'hématozoaire. Elles s’ac- Maladics tropicales. 32

coin p agile ni de phénomènes fébriles rémittents, on s’observenl chez des individus plus ou moins atteints par la cachexie malarienne. Pour Sclieube, leur nature malarienne est douteuse. Il pense qu'il s’agit là de symptômes se rapportant b l'affection connue sous le nom de bubon climatique.

Bubons climatiques. — Sous ce nom, on désigne une all'eetion de nature indéterminée, caractérisée par de l'hypertrophie ganglionnaire et survenant parfois sous forme épidémique. Ce sont les ganglions du pli de l’aine qui sont le plus souvent atteints, puis les ganglions cruraux. Le gonflement est modéré au début, il arrive à atteindre le volume, d’un œuf de poule et même le volume du poing. La fumeur constitue alors une gêne réelle pour la marche. Les tumeurs ganglionnaires peuvent s’atrophier à la longue. Leur formation s’accompagne de fièvre rémittente. Les bubons peuvent persister pendant des semaines et même des mois et disparaître lentement. Il peut aussi survenir de la suppuration qui, si elle est abandonnée à elle-même, donne lieu à des trajets listuleux et à un écoulement de pus intarissable ou à une lymphangite grave. On a pensé qu’il s’agissait d une peste atténuée, et Koch a pu, dans certains cas observés dans l’Ouganda, isoler le bacille de Yersin de bubons qui, d’après Chrislv et Canllie, seraient endémiques dans la région située au sud du lac Victoria Nyanza. La nature paludéenne de ces accidents, ainsi que nous l’avons vu plus haut, n’est rien moins que démontrée, et nous pensons qu’ils doivent plutôt être rattachés, en partie à la filariose, et en partie à la peste.

Maladie du sommeil. — Les lésions précoces (b1 l’appareil lymphatique ont été signalées par tous les auteurs qui se sont occupés de maladie du sommeil. Indépendamment de l’hypertrophie ganglionnaire, qui peut dépendre des lésions «le grattage si communes chez certaines races de noirs, il y a une véritable adénite spécifique dans la maladie du sommeil. Tous les ganglions du corps, superficiels et profonds, peuvent elre atteints; les ganglions superficiels sont généralement

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petits, durs, indolents» ils ont le volume d’un pois, d'une fève ou d une noisette, formant par places de petits amas lobules. L'adénopathie affecte le type de la polymieroadénilc, rappelant celle de la tuberculose. Les ganglions internes, ainsi qu’on le constate à l’autopsie, sont beaucoup plus volumineux. Ceux du bile du poumon, du mésentère ont la forme et le volume do gros cornichons; on peut constater par la percussion l’augmentation de volume des ganglions intertrachéo-bronchiques. Ces ganglions ne contiennent pas toujours le trypanosome pathogène.

Verruga. — On observe également de l’engorgement ganglionnaire dans la verruga, surtout dans la forme aiguë; cet engorgement peut être très marqué el généralisé (aine, aisselle, cou, nuque) ; il cesse avec l’éruption.

Lèpre. — Dans la lèpre, les ganglions correspondant aux territoires lymphatiques envahis par les tubercules lépreux sont constamment hypertrophiés. On a signalé également chez les lépreux l'hypertrophie des ganglions mésentériques (carreau lépreux de Larrey).

Typhus exanthématique. — La suppuration des ganglions ne serait pas une complication rare du typhus. Murchison l a observée dans l’aisselle, dans l’aine, en dehors des régions parotidiennes ou sous-maxillaires dans lesquelles il semble bien que cet auteur ait décrit plutôt des phlegmons que de véritables bubons.

Dengue. — Dans certaines épidémies de dengue on a signal»1 l’engorgement des ganglions lymphatiques. Il est peu douloureux, peu marqué et se dissipe rapidement.

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