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DIAGNOSTIC DU KÂLA-AZAR

D’après Manson et Low, on peut considérer deux formes de cette affection :

Dans la première, forme subaiguë, la maladie ressemble beaucoup au paludisme; on observe des accès de fièvre à forme récurrente avec température très élevée.

Ces accès sont rebelles à la quinine et arrivent en quelques mois à produire une cachexie intense.

L’accès de fièvre est quotidien ; il se montre dans l’après-midi, précédé de frissons et suivi de sueurs profuses. Le lendemain de l'accès, pendant la matinée, la température tombe souvent au-dessous de la normale pour remonter dans l’après-midi. La fièvre peul être aussi continue ou rémi tten te.

On remarque quelquefois des périodes de plusieurs semaines d’apyrexie ; d’autres fois la maladie est continue. En même temps la rate augmente de volume et l’anémie devient de plus en plus intense à ce point que le malade atteint présente des membres squelettiques contrastant avec un abdomen volumineux distendu par une rate énorme (fig. 9).

La durée de la maladie est de quelques mois; la mort se produit par cachexie, apoplexie, diarrhée, ou bien le malade est enlevé par une affection intercurrente.

Dans la seconde forme, forme chronique, le début ressemble toujours au paludisme, mais la fièvre est moins

forte que dans la forme subaiguë, l’hypertrophie de la raie et l’anémie sont moins marquées. Les périodes de rémission sont plus fréquentes et la durée de la maladie est plus considérable.

Dans les deux formes, la peau est généralement hyperpigmentée, comme celle des cachectiques paludéens.

Diagnostic différentiel. — Le diagnostic différentiel du kala-azar d’avec la malaria est évidemment très délicat et, jusqu’à l’année dernière, un grand nombre d’auteurs rattachaient cette affection au paludisme.

Les recherches des médecins anglais démontrent que lorsque l'on se trouve en présence d’accès à type quotidien, non influencés par la quinine et amenant, beaucoup plus rapidement. que la malaria, de l’hypertrophie de la rate et une anémie intense, et que, d’autre part, on ne retrouve pas de parasites dans le sang périphérique, il peut être nécessaire d’aller rechercher l'agent infectieux dans la rate par ponction de cet organe. La constatation du Piroplcisma Üonorani permettra de faire un diagnostic à l’abri de toute contestation.

On devra néanmoins s’assurer auparavant par des recherches minutieuses que le P. Donovani ne se trouve pas dans le sang périphérique, car, quoiqu’il y soit rare, il y a été retrouvé quelquefois pendant la période fébrile par Donovan (Laveran et Mesnil). Dans ce cas la ponction de la rate devient inutile. On peut aussi trouver le parasite dans les produits de raclage des ulcères cutanés qu’on observe souvent dans cette maladie.

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