DIAGNOSTIC DE L’ULCÈRE PHAGÉDÉNIQUE DES PAYS CHAUDS
{Ulcère de Mozambique, Ulcère de f’Ye/nen,
Ulcère annamite, etc.).
L’ulcère phagédénique des pays chauds débute par une phlyctène plus ou moins étendue, à contenu séro-sanguinolent. La rupture de cette phlyctène met h nu un ulcère recouvert d’une membrane grisâtre et laissant suinter un liquide infect. Le centre de l’ulcère devient sanieux et la membrane grise disparaît, sauf sur les bords, qui sont indurés et tuméfiés, principalement chez les malades qui ne sont pas mis au repos.
L’ulcère gagne en largeur par sa périphérie; il gagne aussi en profondeur, attaquant les aponévroses, les muscles, les tendons et même les articulations. 11 peut se produire des fusées purulentes et de la septicémie. L’ulcère phagédénique des pays chauds semble contagieux et est considéré comme Maladies tropicales. 11
162 DIAGNOSTIC DES MALADIES Tli< ll'ICALES.
Ici par un grand nombre de praticiens. Il siège de préférence aux jambes cl aux pieds, mais on peut le rencontrer aussi aux membres supérieurs : mains, poignet, avant-bras.
Jl est toujours difficile à guérir. Il l’est d’autant plus que le malade est plus anémié, et l’on esl quelquefois obligé de rapatrier les malades qui en sont atteints cl qui sont incurables
Fig. 31. — Ulcère pliagédéniquu des pays cliauds.
dans les pays cliauds. L’intoxication opiacée, chez les l'umeur$ d’opium, esl également une cause fréquente de phagédénisme et d’atonie dans les processus de réparation.
Les cicatrices qui succèdent à ces ulcères sont souvent rétractiles; elles peuvent occasionner des difformités ou des raideurs articulaires. Souvent aussi elles sont 1res minces et s’ulcèrent facilement, ce qui amène fréquemment des récidives.
Diagnostic différentiel. — Le diagnostic de l'ulcère phagédénique d’avec les ulcères lépreux sera fait facilement par
DIAGNOSTIC DD PEM PIIIGUS CONTAGIOSÜS.
là constatation, dans les cas d’ulcères pbagédéniques, de l’absence de troubles de la sensibilité et par l’absence des bacilles de Hansen, dont on constate souvent la présence dans les ulcères lépreux.
Le diagnostic d’avec l’ulcère variqueux sera facile, grâce aux commémoratifs et à l’absence de varices chez le malade.
La distinction d’avec les ulcères syphilitiques sera souvent bien plus difficile. De l’avis d’un grand nombre d’auteurs, particulièrement en ce qui concerne les indigènes, un grand nombre des ulcères pbagédéniques relèvent dé la médication hydrargyrique ou iodurée, et, dans les cas douteux, en l’absence de tous commémoratifs, on devra toujours essayer de l’action spécifique du mercure.
Le diagnostic d’avec les ulcères paludéens, signalés par Kelsch et Kiener cl quelques autres auteurs, sera d’autant plus difficile que presque tous les cliniciens son! unanimes à déclarer que les ulcères pbagédéniques se développent surtout chez les cachectiques, et que quelques-uns, comme Cross, en font une simple manifestation paludéenne et l’appellent Malarial ulcer. Aussi, dans bien des cas, aura-t-on avantage à essayer de l’action spécifique de la quinine.
L’entité ulcère phagédénique des pays chauds sera-t-elle un jour démembrée et disparaîtra-t-elle pour être rattachée en partie à la syphilis et en partie au paludisme, de même que le bouton d’Orient semble pour certains auteurs pouvoir, dans un avenir assez rapproché, être rattaché définitivement au kala-azar? Il est en tout cas logique de penser actuellement que la chose est possible.