‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 95 sur 194 · II. lacertarum · texte numérisé non relu

II. lacertarum

Hæmamœba ou Plasmodium malariæ, agent pathogène du paludisme. — Lorsqu’on examine entre lame et lamelle, et par les procédés que nous avons indiqués plus haut, une goutte de sang frais, recueilli deuxlieures avant l’accès environ ou pendant l’accès chez un paludéen n’ayant pas pris de quinine, on aperçoit dans les globules tic petites taches claires, ternes, simulant des vacuoles, à bords mal définis. Ce sont là les petites formes, non pigmentées, du parasite. Ces formes, comme les formes plus grandes eL les formes pigmentées.

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changent de contour, poussent des prolongements, présentent en un mot des mouvements amiboïdes.

Les vacuoles que l'on observe dans les globules qui ont subi un commencement d’altération se distinguent des petites formes parasitaires par leurs bords plus nets; elles sont généralement brillantes et ne renferment jamais de pigment. Enfin, lorsqu’on colore la préparation, on n’aperçoit pas de karyosome à l’intérieur.

Fig. 4G. — Hématies ayant subi un commencement d'altération et pouvant être confondues avec des hématies renfermant des parasites, d’après Laveran et Blanchard.

A côté des parasites non pigmentés, on trouve des parasites généralement un peu plus gros renfermant un ou deux grains de pigment. On observe de même de grands parasites occupant presque tout le globule, renfermant un grand nombre de granulations pigmentaires.

Ces granulations proviennent de la digestion par le partisite de la substance de l'hématie. Elles sont animées de mouvements plus ou moins rapides.

Le parasite peut être accolé au globule rouge ou logé dans sa substance meme. 11 peut aussi, après destruction de l'hématie, avoir été englobé par un leucocyte, et il n'est pas rare de voir dans les préparations des parasites englobés dans des mononucléaires. D’autres fois, le parasite a été digéré et l’on ne retrouve plus dans le leucocyte que les amas de pigment ( leucocyte mélanifèré).

Les parasites pigmentés peuvent être très abondants dans les vaisseaux d’une région, où ils peuvent être plus nombreux que les hématies, comme cela se produit dans les accès per-

nicieux. Les organes irrigues par les vaisseaux prennent alors une couleur spéciale : couleur ardoisée du l’oie et de la rate, ardoisée ou hortensia du cerveau, dans les accès pernicieux.

A côté des éléments amiboïdes, on observe encore dans b* sang frais, et dans l'intérieur des hématies, des corps segmentés.

Ces corps segmentés proviennent de la division des formes précédentes. Ils ont été décrits par Laveran sous le nom de corps en rosaces ou en marguerites , mais ils présentent souvent aussi la forme d’une mûre ou une forme irrégulière. En l'ail, ces rosaces sont le plus souvent irrégulières; elles ressemblent à un amas de pelils parasites rangés sans ordre les uns à côté des autres. Sous cette forme, elles sont très communes dans les fièvres à type défini, tierce et quarte, que l’on observe, dans les climats tempérés et dans la zone prétropicale (Algérie).

Dans la zone tropicale, et dans les cas de fièvres malignes estivo-aulomnales, à type le plus souvent irrégulier, on ne rencontre que: très rarement dans les préparations les formes de division, qui sont, dans ces fièvres, généralement plus petites.

Celte absence tient, d’après Marchoux, à ce que les parasites, ayant atteint la phase voisine de celle de la reproduction, disparaissent de la circulation générale et s’amassent dans les tins capillaires. En réalité, ils se réfugient dans certains organes (capillaires du cerveau, du foie et de la rate) et l’on peut s’en procurer par ponction de la rate. Cette opération est quelquefois suivie d’accidents, aussi devra-t-on s’entourer des précautions, indiquées au chapitre Ponction cle la rate, en raison des dangers de déchirure ou d’hémorragies dus à la friabilité de l’organe, très congestionné pendant un accès fébrile.

La rupture des globules renfermant les formes de division du parasite du paludisme est la cause des accès de fièvre, par suite de la mise’ en liberté de principes toxiques que l’on

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suppose sécrétés par l'hématozoaire cl enfermés dans l'hématie avec les corps en rosaces.

La reproduction régulière du cycle vital de Y Hœmamœba dans le sang- explique donc la périodicité des accès fébriles dans le paludisme.

On rencontre aussi dans le sang- de quelques paludéens des corps ayant la forme de croissants, dans lesquels le pigment est irrégulièrement disséminé dans le corps du parasite ou rassemblé en forme de couronne au centre. Ces croissants, qui se rencontrent dans les accès à forme quotidienne ou dans les fièvres dites estivo-automnales ou malignes des Italiens, en Europe ou sur le littoral méditerranéen, en Algérie en particulier, sont relativement rares dans les lièvres tropicales: c’est un fait bien connu des médecins qui ont observé dans certaines colonies, et A. Plehn rapporte que, pendant une période de deux ans passés en Afrique, il n’en a vu qu’une fois. Cependant Marchoux signale leur présence constante à partir du douzième jour après le premier accès. D’après cet auteur, qui a observé au Sénégal, les croissants passent souvent inaperçus parce qu’on ne les recherche pas en dehors de la période fébrile.

Ce sont ces corps en croissants qui donnent naissance aux éléments flagellés (éléments mâles) ou aux éléments femelles. Dans la fièvre tierce, ou dans la fièvre quarte, dans lesquelles il ne se produit pas de corps en croissants, ces éléments sexués dérivent aussi de corps à forme ovale ou sphérique. Les éléments flagellés n’existent, pas dans le sang en circulationle stade à flagelles est le premier stade de l’existence extra-humaine de Y Hœmamœba.

Pour distinguer les corps à flagelles, on met une goutte de sang entre lame et lamelle sous le microscope; ce sang se coagule sur les bords de la lamelle, ce qui empêche la dessiccation. On peut alors voiries croissants s’arrondir. Ces croissants arrondis, ou, dans la fièvre tierce et la fièvre quarte, les corps ovales ou sphériques, poussent alors des proion-

gements, qui arrivent à avoir une longueur égale ou supérieure à celle du diamètre du parasite; ces éléments s’en délaclient, et deviennent libres dans le plasma sanguin.

Pour bien voir les corps à llagellqs dans les préparations de sang frais, on ne devra pas trop écraser la goutte de sang entre lame et lamelle et l'on examinera surtout la zone dans laquelle les hématies sont restées empilées, zone danslaquelle le parasite est moins comprimé, et peut pl us facilement pousser des prolongements (1).

De ce qui précède, le médecin qui exerce dans les régionstropicales devra retenir que les formes en croissant et les formes en rosaces, appelées aussi schizontes, sont très communes dans le paludisme des régions tempérées et dans le paludisme algérien, sur lesquels presque toutes les études actuelles ont été faites, mais qu’elles sont beaucoup plus rares et difficiles à déceler dans le sang de la circulation générale chez les paludéens que l'on observe sous les tropiques.

Préparations colorées. — On a l’habitude de décrire les parasites à l’état frais, mais pratiquement on les observe toujours après coloration.

Lorsque ces parasites ont été colorés par une des méthodes décrites plus haut, la méthode de Laveran ou de Giemsa, par exemple, les petites formes, qu’elles soient pigmentées ou non, présentent l’aspect d'une bague h chaton.

Le contour coloré en bleu de celte bague, contour linéairetrès fin, représente h' proloplasma de l'hématozoaire, protoplasma très réduit à ce stade. La partie non colorée, laquelle peut sembler, par suite de sa transparence, teintée par l'éosine comme le protoplasma globulaire, constitue un noyau incolorable que l’on désigne quelquefois, à cause de son apparence,

(1) Ainsi que l’ont démontré Ross et Grassi, les flagelles, qui sont des éléments- mâles, une fois libérés dans l'estomac du moustique, vont féconder d’autres éléments sphériques qui représentent des éléments femelles.

L’évolution de Y llœmamœba chez le moustique sort du cadre de ce livre et nous renverrons pour celte étude aux traités spéciaux.

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par le lerme «le noyau vacuolaire. Ce noyau renferme en un point «le sa périphérie une petite masse 1res riche en chromatine qui constitue le nucléole ou karyosome, et qui se colore en rouge violet par le mélange bleu-éosine. C’est ce karyosome. lorsqu’il occupe une position périphérique, qui constitue le chaton de la bague. La bande cle proloplasma bleu

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