SIGNES TIRÉS DE L’EXAMEN DU SANG
Les signes que l’on peut tirer de l’examen du sang, au cours des différentes maladies, peuvent être envisagés aux quatre points de vue suivants :
1° Modifications dans laparlie liquide ou séreuse;
2° Modifications des hématies;
3° Modifications leucocytaires;
4° Présence de parasites.
1° Modifications dans la partie liquide ou séreuse. — La
modification la plus sensible au point de vue quantité est la diminution de la masse totale; elle se rencontre principalement, dans le clioléraet, la dysenterie. Dans ces deux affections, les vaisseaux périphériques semblent, à l’autopsie, diminuésde calibro, le cœur est vide et les gros vaisseaux renferment un sang visqueux et épaissi. Cet état semble causé parla déperdition énorme des liquides que l'on observe dans ces deux maladies.
Au point de vue chimique, le sérum normalement alcalin peut présenter une réaction neutre ou même acide; c’est le cas général du sérum des cholériques.
Il peut renfermer un excès d urée dans toutes les affections où il se produit de l'urémie, par suite d’élimination rénale insuffisante ou même d'anurie; c’est ce qui se produit dans la fièvre jaune. 11 peut également renfermer des pigments biliaires, dans les accès bilieux; des produits de destruction des albumines, leucine, tyrosine, ou encore de l'hémoglobine et de la globuline dissoutes, ou des produits de transformation de l'hémoglobine, bématine et lïémine, dans la lièvre jaune et la lièvre bilieuse hémoglobinurique.
On peut également observer au microscope des grains de pigment mélanique extracellulaires libres dans le sérum sanguin, dans les cas d'imprégnation et de cachexie paludéennes profondes, ou de kala-azar ( t ) *
2° Modifications des hématies. — Dans les maladies, très nombreuses sous les tropiques, dans lesquelles on observe une abondante destruction globulaire (fièvre jaune, fièvre bilieuse hémoglobinurique, hémoglobinurie quinique, paludisme, fièvre de Malte), il n’est pas rare de rencontrer des hématies déformées ou décolorées, ayant subi la dégénérescence stellaire ou crénelée, ou ayant laissé échapper leur hémoglobine, ce qui se reconnaît à leur inaptitude à fixer l'éosine.
Dans ces affections, on s’aperçoit quelquefois immédia-
(l) Ch. Bentley, Journ. of trop, meil., janv. 1903, p. 8.
EXAMEN DU SANG
teinenl, à l'examen microscopique, <|uc las globules rouges soûl de taille très inégale. A côté de globules géants, atteignant un volume double de leur volume normal, on voit des globules nains, dix fois plus petits que les hématies normales.
Dans les préparations, il n’est pas rare non plus d’observer des hématies nucléées, dont le noyau se colore d’une façon extrêmement intense par le bleu de méthylène et l’hématéine, tandis que le protoplasma semble contenir moins d’hémoglobine que les hématies normales et lixer moins vivement l’éosine. Ces globules rouges nucléés, plus grands que les hématies normales, peuvent se rencontrer dans toutes les affections où il se produit une importante destruction globulaire ; ils indiquent, d’après certains auteurs, un processus de réparation très intense.
La destruction globulaire amène nécessairement une diminution dans le nombre des hématies, et, si celte diminution n’est pas compensée par une régénération rapide, on observe de l’anémie; mais, comme il arrive souvent aussi que les hématies contiennent une quantité d'hémoglobine inférieure à la normale, au point de vue de l’appréciation d'un état anémique, on devra plutôt s’appuyer sur l’hémoglobinimétric que sur la numération des globules.
Cette numération peut, à la vérité, donner des indications précieuses, le nombre des hématies pouvant tomber dans les anémies graves de 5000000 à 800 000 au millimètre cube. Cependant on peut observer des anémies du troisième degré dites intenses avec 4 000 000 de globules rouges au millimètre cube, ces globules présentant un titre hémoglobinimétrique très faible.
En résumé, le litre hémoglobinimétrique nous donne seul des résultats constants au point de vue de l'appréciation d'une anémie. Celte anémie peut être accompagnée ou non de diminution dans le nombre des hématies.
Au point de Arue des affections tropicales, voyons maintenant, quelle est la marche des altérations érythro-globulaires.
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Dans la verruga, le nombre des globules rouges peut s’abaisser jusqu’à un million et le taux héinoglobinique tomber à 4 p. 100.
Dans la fièvre des montagnes Rocheuses (Spotled fever), le nombre des hématies diminue de I /o et le taux de l'hémoglobine baisse de près de moitié.
Dans le béribéri , il y a diminution du nombre des bernatics, accompagnée d’un abaissement du taux liémoglobinique, mais seulement dans les cas graves (Scheube).
Dans la fièvre jaune et la fièvre bilieuse hémogl'&b inurique, de même que dans X hémoglobinurie qu'inique el la fièvre de Malte , il y a abondante destruction des hématies, dont le taux peut tomber à 2800 000 au millimètre cube et même au-dessous.
Celte destruction se rencontre également dans beaucoup d’autres maladies infectieuses, dans une proportion moindre. Elle cause alors un certain degré d’anémie dans la convalescence, mais, la régénération des globules suivant celle des tissus, la santé du malade se rétablit plus ou moins rapidement.
11 n’en est pas de même pour les affections chroniques, comme l’ankylostomiase et le paludisme.
Dans 1 ’ ankglos tom iase , l’anémie se produit graduellement, et la diminution des globules rouges arrive jusqu’à la limite extrême compatible avec la vie; dans cette anémie, l’abaissement du taux en hémoglobine suit exactement la diminution du nombre des hématies. Chaque hématie contient donc une quantité normale d’hémoglobine, mais, le nombre de ces hématies étant tombé au-dessous de la normale, la quantité d’hémoglobine que doit contenir f millimètre cube de sang tombe de la même quantité au-dessous de la normale.
Dans le paludisme aigu, la perle globulaire est très prononcée au premier accès, mais il y a tendance très active à la rénovation. C’est pour cela qu’un accès paludéen soigné dès le début peut, surtout lorsque le sujet quitte le pays et n’est
EXAMEN DU SANG
pas exposé aux réinfeetions, ne pas laisser de traces décelables par l'examen du sang.
Dans les accès suivants, la perte globulaire est, moindre: on dirait qu'il y a légère accoutumance du globule au poison malarien; mais, au fureta mesure que les accès se multiplient, la perte reste toujours sensible, tandis que la réfection globulaire se produit de moins en moins.
En même temps, les globules néoformés ont souvent une teneur en hémoglobine insuffisante, ce qui fait que le malade arrive très rapidement, au point de vue numérique, à des perles énormes en hématies accompagnées d'une perte importante en hémoglobine.
Dans le kala-azar, d’après les chiffres donnés par Manson. la perte globulaire ne serait pas très élevée, le taux des hématies variant de 3 500 000 à 4 000000.
Dans certaines affections, connue le choléra, la déperdition aqueuse amène une concentration du sang qui devient épais, poisseux et collant au doigt. La masse du sang peut être diminuée d’un quart et le nombre des hématies s'élever à 6200000, 6500000. Ces hématies, d'après llayem, ont néanmoins subi une dégénérescence fonctionnelle, qui les rend moins propres à l'hématose.
3° Modifications leucocytaires. — Ces modifications peuvent porter ou sur les caractères spéciaux des cellules blanches contenues dans le sang, ou sur leur quantité, soit qu’on l'envisage au point de vue absolu, soit qu'on l'envisage au point de vue de telle ou telle espèce de leucocytes.
Caractères spéciaux des leucocytes. — Dans la fièvre pdl udéennc. avant même la découyerledu parasite de Laveran. on avait signalé dos granulations mélaniques dans les leucocytes. Tous les auteurs avaient remarqué ces grains de pigment, que l’on rencontre principalement chez les cachectiques, et avaient rattaché à leur présence la teinte foncée que présentent la peau et les tissus des cachectiques paludéens.
Depuis la découverte de l’hématozoaire du paludisme, on a pu
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si* rendre compte que ces grains de pigment étaient les mêmes, que ceux que l’on rencontre dans l'intérieur des hématozoaires, ces derniers ayant été englobés et digérés par les leucocytes.
D’après Metchnikoff, la fonction phagocytaire appartient principalement dans le paludisme aux mononucléaires, et la quinine, d'après Bastianelli, provoque une augmentation des phagocytes parallèlement à une diminution des parasites dans le sang.
D'après Ch. A. Bentley (1), on pourrait rencontrer, quoique rarement, des leucocytes mélanifères dans le kala-azar .
Si l’on trouve dans les leucocytes des granulations pigmentaires résultantde la digestion des hématozoaires dans la malaria et le kala-azar, il est naturel que, pendant une période de la maladie, on puisse retrouver ces hématozoaires dans les leucocytes. Les faits ont pleinement confirmé cette manière de voir, et l’on peut dans le paludisme retrouver dans le sang périphérique des mononucléaires ayant englobé un grand nombre d'hématozoaires.
11 en est de même dans le kala-azar, où l’on retrouve dans le sang de la rate des polynucléaires et surtout des grandsmononucléaires ayant englobé un grand nombre des parasites désignés sous le nom de Piroplasma Donovani (Laveran et Mesnil).
Dans la fièvre jaune, Sternberg, en 1879, a signalé qu’il y avait beaucoup de globules blancs altérés et contenant des. corpuscules réfringents, qu'il considérait comme delà graisse, preuve, d’après lui, de la dégénérescence graisseuse des leucocytes.
Taux leucocytaire dans les diverses affections tropicales. — Dans le choléra , la leueocytose (augmentation du nombre des leucocytes) est des plus marquée, le nombre des globules blancs est doublé, triplé ou même quadruplé, et cela principalement aux dépens des lymphocytes. Okladnykh (2>
(1) Ch. A. Bentley, loc. cil.
(2) Okladnykh, Wratch, 1 8U2, n° 44, p. 1107.
EXAMEN 1)1 SANG
cite deux cas, dans lesquels les lymphocytes onl atteint le chiffre de 40000 à 45000 par millimètre cube.
Dans la fièvre récurrente , les oscillations de la courbe leucocytaire se font presque entièrement aux dépens des polynucléaires et, dans une proportion moindre, aux dépens des mononucléaires; les lymphocytes n’y sont pour rien. La polynucléose suit la courbe thermique, s'élevant avec la te ni péralure pendant les périodes fébriles (I).
Dans Y abcès hépatique , il y a également toujours leuco cylose et polynucléose, la proportion de polynucléaires pouvant aller jusqu’à 90 p. 100. Rogers s’appuie sur ce caractère pour différencier l'abcès hépatique de la lièvre intermittente, dans laquelle il y a leucopénie et mononucléose, et de la fièvre typhoïde, dans laquelle on constate de la leucopénie et de la lymphocytose (2).
Dans les cas de béribéri à forme grave, Scheube signale une leucocytose assez accentuée.
Dans la filariose du sang due à la Filaria nociurna , la leucocytose est très intense et, d’après les observations de Lovell Gulland, varie avec la présence, des blaires dans le sang périphérique. Dans un des cas qu’il rapporte, Lovell Gulland (3) a pu compter à 10 h. 15 du malin, en l'absence de blaires, 4 000 leucocytes et 0 p. 100 d’éosinophiles. A II heures du soir il constate l'existence de nombreuses blaires dans le sang qui contient 13 100 leucocytes et 9,5 p. 100 d'éosinophiles.
Dans la filariose due à la Filaria Bancrofti , on remarque donc une leucocytose intense avec éosinophilie; celle éosinophilie peut aller jusqu’à 12 p. 100.
Low a étudié les modibeations du sang dans les cas de parasitisme dû à la Filaria perstans et, d'après cet auteur, il n’y aurait ni leucocytose ni éosinophilie dans ces cas. Sur huit sujets, cinq n’en présentaient pas, et les trois autres qui
(1) Sawtrhcn ko et Melkich, Ann. de l'Institut Pasteur, J 90 J , p. .'il 7 .
(2) Rogers, Journ. of trop, med., mars 1903, p. 77-82.
(3) Lovel Gulland, Journ. of trop, med., sept. 1903, p. 277.
Maladies tropicales. 14
SEMEIOLOGIE DES MALADIES TKOP1GALES.
on présentaient avaienl des selles renfermant des œufs d'ascarides, de trichocéphale el d’ankvloslome.
Wurlz el Clerc oui signalé un cas d’éosinophilie intense due à la présence do F il aria l'oa (53 p. 100 d’éosinophiles).
Boycoll (1) signale un cas de bilharziose chez un adulte dans lequel la proportion des éosinophiles a monté do 12.2 à 47,6 p. 100, pour redescendre à 5.2 p. 100.
Le même auteur signale de l’éosinophilie chez des malades porteurs de tamias el oxyures \ cette éosinophilie ne se rencontre pas d’une façon constante chez tous les malades.
On connaît d’ailleurs, depuis longtemps déjà, l’éosinophilie déterminée par la présence de vers intestinaux ; elle' est presque constante dans Y ankylostomiase. Dans celle affection parasitaire. l’éosinophilie peut coexister, el même à un taux élevé, avec un chiffre presque normal de globules blancs.
Zappert cite deux cas d’ankylostomiase où le nombre* des globules blancs était de 4 300 au millimètre cube cl où il y avait une éosinophilie de 27,9 p. 100. Leichtenslern rapporte un cas dans lequel il a pu constater 72 p. J 00 d’éosinophiles.
Dans la lèpre, comme dans toutes les affections dans lesquelles il existe des lésions étendues de la peau, on observe assez souvent une leucocytose assez élevée accompagnée d'une éosinophilie plus ou moins intense (Darier).
Dans le paludisme, d’après kelsch. Vincent el Rudolph Poecli. il y a, au début de l’accès, leucocytose polynucléaire passagère. D’après Vincent, le chiffre des leucocytes s’élève brusquement pendant quelques minutes, au début même de l’accès el pendant la période de frisson. Il s’abaisse ensuite à un degré parfois considérable, soil pendant la période de chaleur ou à la fin de l’accès, soit le lendemain.
En ce qui concerne la leucopénie que l'on observe dans l’accès paludéen pendant la période fébrile, elle est admise
(1) Boycott. British med. Journ.. 14 nov. 11)03, p. 1207-1208.
EXAMEN DU SANG
par fous les ailleurs; il n’en esl pas de même de la leucoeytose passagère du début, qui a été contestée par Billet.
Rogers a démontré que cel le leucopénie est accompagnée de mononucléose et il s’appuie sur ce fait pour faire le diagnostic du paludisme d’avec la fièvre typhoïde.
Dans celle dernière affection, en effet, il y a également leucopénie, mais celte leucopénie est accompagnée de lymphocytose (au-dessus de 30 p. 100).
D’après Basset Smith (1), dans la fièvre de Malte il y a légère leucopénie avec diminution des polynucléaires et augmentation des grands mononucléaires. D’après cet auteur, la faculté phagocytaire serait diminuée dans les leucocytes chez les malades atteints de fièvre de Malte, ainsi que la sécrétion des substances bactéricides qui, se trouvant réduites dans le sang, laissent ce dernier exposé aux réinfections des rechutes.
Dans le kala-asar, Ch. A. Bentley signale une légère leucopénie avec diminution des polynucléaires, et légère augmentation des lymphocytes et des mononucléaires. Il y a également éosinophilie chez les malades examinés, mais fauteur fait remarquer que presque tous ces malades sont porteurs d’an k y 1 os tomes .
Ces observations ont été vérifiées par Manson (2).
D’après Rogers, l’augmentation des lymphocytes et des mononucléaires ne serait qu’apparente: le nombre des mononucléaires, n’étant pas augmenté d’une façon absolue, semble l'être relativement aux polynucléaires. Ces derniers en effet peuvent être réduits à et Rogers pense que cette diminution des polynucléaires est un des facteurs morbides de l’affection îles plus important, l’organisme se trouvant privé d’une partie de ses moyens de défense contre les divers agents infectieux.
Dans la spotted fever , Anderson (3) signale une leucocylose assez marquée, avec augmentation du nombre des
(1) Basset Smitli, Journ, of trop, rnecl., fevr. 1903, p. 38.
(2) Manson, liritisli med. Journ., janvier 1904.
(3) Anderson, IJygtenic Laboratory, bull, n" l‘4.
polynucléaires, et diminution des lymphocytes, des mononucléaires et des éosinophiles.
La moyenne qu’il a obtenue dans deux cas est la suivante :
Polynucléaires 77,7 p. 100.
Mononucléaires 11,4 —
Lymphocytes 10,0 —
Éosinophiles 0,0 —
PARASITES SANGUICOLES
Parmi les parasites vivant dans le sang', nous distinguerons comme précédemment les parasites animaux et les parasites d’origine végétale ou microbiens.
Parasites animaux. — Ces parasites appartiennent, ou à la famille des helminthes, ou à celle des protozoaires. Parmi les helminthes sanguicoles se trouvent six hilaires, dont une seule se montre dans -le sang à l’état adulte, les cinq autres s’y rencontrant à l’étal d’embryon. Les formes adultes de ces dernières vivent dans le tissu cellulaire de leur hôte.
Filaria Bancrofti ou nocturna. — Celle blaire se rencontre dans le sang de l’homme, à l’état d’embryon: elle est caractérisée par ce fait qu’on ne la rencontre dans la circulation périphérique que pendant la nuit.
Dès que le jour commence à baisser, verso ou 6 heures, les blaires apparaissent; elles augmentent de nombre jusqu'à minuit, moment auquel on peut en rencontrer jusqu’à 600 par goutte de sang et par préparation, ce qui en suppose environ 4o 000 000 dans toute l’ économie.
A partir de minuit, les blaires diminuent pour disparaître vers 8 ou 9 heures du matin.
Lorsque le malade veille la nuit et dort pendant la journée, la variation est inversée et la blaire se trouve dans son sangpendant son sommeil.
EXAMEN DU SANG
Cependant le sommeil n’est pas indispensable à la présence de la Filaria nocturna dans le sang-, car dans presque tous les cas elle y apparaît le soir, avant que le malade ne soit endormi, et s’v retrouve le matin quelques heures après son réveil. On observe souvent même dans cette apparition du parasite une irrégularité complète, la blaire se montrant dans le sang, chez le même individu, tantôt pendant le jour, tantôt pendant la nuit.
La Filaria nocturna est un parasite embryonnaire ; elle est enfermée dans une sorte de gaine dans laquelle elle se meut. Cette gaine est considérablement plus longue que le ver qu’elle renferme, et pend connue un sac vide à son extrémité caudale ou céphalique, quelquefois aux deux extrémités.
11 s’ensuit que le parasite s’agite dans le champ du microscope, mais ne change pas de place. 11 présente les dimensions suivantes :
1/3 de millimètre de longueur sur 7 à 8 de diamètre (diamètre d’une hématie). On peut enfin distinguer à son extrémité céphalique une couronne membraneuse dentée, qui découvre et recouvre alternativement cette extrémité, dont émerge une petite pointe très ténue (Yoy. fig. 42).
La Filaria nocturna , la plus importante des filai res sanguicoles, est la cause des varices lymphatiques et de la chylurie, du chylocèle, de l’ascite chyleuse et de la diarrhée chyleuse; elle peut causer des abcès, de la lymphangite, de l’adéno-
lymphocèle cl enfin le lympho-scrolum. De plus, on a pensé qu’elle déterminait, l’éléphanliasis des Arabes, malgré son
absence presque constante dans le sang des.
malades atteints d’éléphantiasis.
Filaria diurna. — Elle a été rencontrée par Manson sur la côte occidentale d’Afrique; elle a les mêmes caractères morphologiques, cl, les mêmes dimensions <[ue la précédente; elle ne peut s’en différencier que par sa présence constante dans le sang périphérique pendant le jour et par son absence pendant la nuit (1).
La périodicité de la Filaria diurna n’est pas toujours très.
Fig. 43. — Filaria diurna, d’après Pcnel.
régulière, ainsi que l’a remarqué Thorpe aux îles de la Société. L’expédition anglaise de l'école de Liverpool dans le Vieux Calabar a fait la même constatation. On peut trouver des. filaires qui, chez les mêmes individus et sans changement d’habitude du malade, présentent tantôt la'périodicité diurne, tantôt la périodicité nocturne.
(I) Manson avait émis l’hypothèse que la F. diurna est la forme embryonnaire de la F. loa; les observations de Dutfon. de Brumpt et de Raymond l’enel ( Thèse de Paris, 1904) semblent confirmer cette hypothèse.
Fig. 42. — ab, extrémité antérieure de la F, perslans ; cd, extrémité antérieure de la F. nocturna (Manson).
EXAMEN DU SANG
Filaria perstans. — Cet embryon mesure clans le sang Oram,2 de long sur o jx de large. J1 csl plus petit que les deux
Fig. 44. — Filaria perstans , d’après Pénel.
précédents, et ne possède pas de gaine ; il s’ensuit qu’il so -déplace dans une préparation de sang frais avec des mouvements serpentins.
La Filaria perstans n’a pas de membrane dentée à l’extrémité -céphalique, mais celte extrémité céphalique présente, comme celle -des filai res précédentes, une petite pointe rétractile en forme de crochet <lig. 42).
L’extrémité caudale, au lieu d’être effilée, est tronquée et brusquement arrondie ; c’est un caractère très important de la Filaria perstans.
Celte filairo n’a pas de périodicité ; elle ne semble pas amener de désordres dans l’économie. Avant la découverte du trypanosoma gambiense , Manson attribuait à celle filaire la maladie du sommeil.
Fig. 45. — Filaires embryonnaires, d’après Manson: a, F. noclurna ; b, F. diurna; c, F. Démarquait ; d, F. Ozzardi ; e, F. perstans.
Filaria Demarquaii. — Elle a à peu près les mêmes dimensions cl les mêmes caractères que la précédente, ne présente pas de gaine, cl s’en différencie par son extrémité caudale qui est effilée.
Filaria Ozzardi. — Elle a les mêmes caractères que la précédente et ne peut, à l’état embryonnaire dans lequel elle a été rencontrée dans le sang, en être distinguée.
Filaria Magalhaesi. — C'est une blaire adulte et sexuée qui a été trouvée dans le cœur d'un enfant mort à Rio-de- Janeiro, par Magalhaes. Ce parasite ressemble à un gros fil blanc; la femelle mesure loo millimètres de long sur 0mm,7 : le mâle 83 millimètres de long sur 0mm,4. L’extrémité caudale du mâle présente quatre paires de papilles préanales et quatre paires post-anales, ainsi que deux spiculés. Manson pense que la F. Magalhaesi peut être la forme adulte des blaires embryonnaires Demarquaii ou Ozzardi.
Bilharzia hematobia. — A côté des blaires, qui appartiennent à la famille des nématbelminlbes, ou helminthes ronds et fusiformes, on rencontre dans les pays chauds un helminthe plat, plalhelminthe sanguicole, à corps non segmenté (trématode); c’est la Bilharzia hematobia ou ver de Bilharz. Ce parasite présente, comme les distomes, deux ventouses, l'une buccale et l'autre ventrale, mais, tandis que presque tous les distomes sont hermaphrodites, le ver de Bilharz est unisexué.
Le mâle a l’aspect d’une feuille étroite et lancéolée que l'on aurait enroulée en forme de gouttière; il mesure la millimètres de long sur 1 millimètre de large. Il est muni d'une ventouse buccale et d’une ventouse ventrale et renferme dans l’intérieur de la gouttière (canal gynécophore) qu’il circonscrit le parasite femelle. Ce dernier est filiforme, plus long et plus étroit que le mâle; comme lui il a deux ventouses.
Les deux parasites sont accolés ventre à ventre et les orifices génitaux, qui se correspondent, sont situés direc-
EXAMEN DU SANG
temenl en arrière île la ventouse ventrale (Voy. fig. 12, P- 95).
Ce parasite vil dans le sang de la veine porte et de scs branches mésentériques, spléniques, vésicales, utérines et hémorroïdales.
11 n'est pas dangereux par lui-même, mais la femelle pond dans le sang des œufs qui sont munis d’une forte épine courte. Au moyen de celte épine, ces œufs s’insinuent dans les tissus et pénètrent dans la vessie, le rectum, les vésicules séminales, etc., occasionnant ainsi de petites hémorragies et, des lésions inflammatoires. On retrouve alors les œufs du parasite dans les urinés sanglantes ou les mucosités rendues avec les fèces. L’épine ou éperon est d’habitude terminal, cependant Sonsino et Mackie ont signalé que les œufs de Bilharsia, que l'on rencontre dans les mucosités provenant du rectum, portent souvent un éperon latéral.
Protozoaires sanguicoles. — Ces parasites se rencontrent dans deux embranchements de la famille des protozoaires, cl l’on peut distinguer les sporozoairessanguicoles et les flagellés sanguicoles.
Sporozoaires parasites du sang. — Par suite de leur analogie avec les coccidies, les parasites du paludisme, découverts en 1880 par Laveran, ont pu être classés dans l’embranchement des sporozoaires, à côté des coccidies, dont ils suivent à peu près complètement le cycle évolutif. Comme les coccidies, ce sont des parasites intracellulaires.
Les sporozoaires comprennent donc le genre Jlœmamœba (Laveran) ou Plasmodium (Marchiafava et Celli), dans lequel on range l'hématozoaire du paludisme.
Laveran réunit tous les hématozoaires endoglobulaires dans un seul groupe pour lequel il a créé le groupe Ilœmocylozoa.
Hématozoaires endoglobulaires ou ILemocytozoa.
1er genre Hœmamœba