CROISSANT, FEMELLE
1° La chromatine est ramassée en une masse compacte plus ou moins centrale.
2° Le prolopiasma se colore en bleu d’une façon plus intense que dans la forme mâle.
3° Le pigment est amassé en cercle autour du noyau ou réuni en masse.
4° Le croissant femelle a une forme plus longue et plus étroite que le croissant mâle.
L’administration de la quinine aux paludéens fait rapidement disparaître du sang périphérique les formes arniboïdes et les rosaces de Ylfœma/aœba; elle est sans effet sur les corps en croissants.
EXAMEN DU SANG
Dans les hématies parasitées, plusieurs auteurs ont signalé des granulations diverses; les premières en date sont les granulations de Schüfloer, granulations basophiles, que l’on rencontre sous forme de petits points foncés, tranchant sur la couleur rose de l’éosine; ces granulations coexistent dans les globules parasités avec de petites formes ou des formes amiboïdes de la lièvre tierce (Yoy. fig. 47, p. 223).
Stephens et Christophers (1) signalent l’ existence de granulations un peu différentes ; elles sont de forme très irrégulière et en très petit nombre (deux à six) dans les globules parasités ; elles ont été observées dans les cas de lièvre tierce maligne (forme rentrant dans le cadre des lièvres tropicales de Koch).
Ces dernières granulations semblent pouvoir être rapprochées de celles qui ont été décrites par Maurer (2) dans les hématies qui renferment des schizontes dans la lièvre tropicale.
Argutinskv (3) a également signalé dans les hématies qui renferment des corps en croissants, des granulations qu'il distingue des précédentes. La coloration de ces granulations exige une technique assez compliquée.
Différentes espèces ou variétés de ÏHæmamœba ou Plasmodium. — Se basant d’un côté sur la différence dans la durée de l’évolution du parasite dans le sang dans les divers types fébriles, d’un autre côté sur la grandeur des globules parasités et la présence des granulations de Schtiffner, enfin sur différents caractères morphologiques, les auteurs italiens reconnaissent plusieurs espèces de parasites de la malaria correspondant aux formes quarte, tierce et estivoautomnale, cette dernière se subdivisant elle-même en quotidienne vraie, fausse quotidienne ou double tierce et tierce maligne.
(1) Stephens et Christophers, Brilish med. Journal, mars 1903.
(2) Maurer, Cenlrulbl, f. Bakter., 1902.
(3) Argutinsky, Centralbl. f. Bakter ., 1903.
Maladies tropicales. 15
Les Allemands, avec Kocli, reconnaissent également plusieurs espèces de Plasmodium correspondant aux formes tierce, quarte et tropicale, cette dernière étant l’analogue de la fièvre estivo-automnale et se subdivisant de même.
Les Anglais, avec Manson, divisent les fièvres paludéennes en fièvres bénignes (tierce et quarte) et fièvres malignes comprenant la fièvre quotidienne pigmentée, la quotidienne non pigmentée et la tierce maligne. La division des fièvres tropicales, eslivo-auLomnales ou malignes, en trois autres formes, ayant chacune un parasite particulier nous semble tout à fait artificielle; et même, en ce qui concerne les trois types quarte, tierce et quotidienne, il est peu probable, ainsi que le pense Lavcran, qu’à ces trois types correspondent trois espèces différentes d ’ Hœmamœba.
Les caractères distinctifs des trois espèces de parasites d’après les auteurs étrangers sont donnés dans le tableau ci-contre.
Laveran fait remarquer à juste titre que ces caractères sont loin d’étre fixes, que, dans une préparation de fièvre tierce, par exemple, on peut rencontrer des rosaces à six ou huit nïérozoïtes, que la pigmentation est irrégulière, que la grandeur des hématies varie dans les anémies, en dehors de la présence de parasites, et que la constatation dans les globules rouges de granulations neutrophiles n’est pas un symptôme spécial au paludisme. Mais il a également remarqué, l’un des premiers, que les petites formes sont celles que l’on rencontre le plus souvent dans les fièvres tropicales, que les grandes formes sont plus spéciales à la fièvre tierce et que la fièvre quarte est plutôt caractérisée par une forme intermédiaire; aussi, tout en maintenant l'unité de l’espèce Hœmamœba, considère-t-il trois variétés : variété parva (fièvre tropicale), variété magna (fièvre tierce), variété quartana (fièvre quarte).
L'Hæmamœba malariæ dans la fièvre bilieuse hémoglobinurique. — L’étiologie de la fièvre bilieuse hémoglobi-
EXAMEN DU SANG
n urique a (Hé l’objet de nombreuses discussions. Les uns, voulant la détacher complètement du paludisme, ont décrit des parasites spéciaux; d’autres, avec Koch, ont incriminé la quinine, en faisant de cette affection une simple intoxication quinique. Nous avons vu, au chapitre du diagnostic du paludisme, page 92, que l’intoxication quinique hémoglobinurique se distingue de la bilieuse hémoglobinurique, cette dernière ayant un caractère infectieux bien net.
Un des arguments les plus sérieux qui aient été mis en avant pour détacher la fièvre bilieuse hémoglobinurique du paludisme a été la rareté des cas dans lesquels l’examen du sang révèle la présence des hématozoaires; mais il semble actuellement bien démontré que l’on retrouve presque toujours l'hématozoaire dans la bilieuse hémoglobinurique, lorsqu’on le recherche dans le sang, la veille du jour où se produit l’hémoglobinurie, et qu’on l’y retrouve encore dans plus de la moitié des cas au début de cette hémoglobinurie.
L’hématozoaire disparaît dans la suite ou est rendu moins visible dans le sang périphérique, par suite de l’abondante destruction globulaire qui accompagne l’hémoglobinurie.
« J’ai eu l’occasion, dit Laveran (1), d’examiner à plusieurs reprises du sang recueilli chez les mêmes malades : 1° pendant un accès franc précédant un accès bilieux hémoglobinurique, 2° pendant l’accès bilieux hémoglobinurique, et j’ai constaté que dans les premiers échantillons de sang on trouvait toujours des hématozoaires, qui faisaient défaut ou étaient rares dans les seconds. »
Stephens (2) réunit 150 cas de fièvre bilieuse hémoglobinurique dans lesquels l’hématozoaire a été recherché, et il résume les résultats que donne l’examen de ces 150 cas, dans le tableau suivant, dont la lecture permettra difficilement de conserver des doutes.
( I ) Laveran, Bull, de T Acad, de médecine, i déc. 1900.
{2) Stephens, Thomson Yales Laboratories, 1903, p. 193.
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