Brooa. Gaz. hebdomadaire, 1891, p
cédents connus, on crut à une hépatite aiguë. La tuméfaclion douloureuse, lentement progressive, observée sous e rebord costal, fut prise pour un abcès du foie qui venait pointer sous la paroi : c'était une voussure sans rougeur de la peau, étendue un peu à droite de la ligne médiane, du rebord des fausses côtes jusqu'au niveau de l'ombilic, sans œdème sous-cutané, mais avec empâtement phlegmoneux profond. A droite de cette tumeur on sentait le bord antérieur du foie débordant un peu les dernières côtes. L'hypertrophie hépatique, les commémoratifs de paludisme et de rectite dysentériforrae firent songer à un abcès du foie subaigu. Une laparotomie médiane sus ombilicale mena jusqu'au péritoine, et sur la lèvre droite de l'incision, vers la gaine du grand droit, quelques gouttelettes de pus vinrent sourdre d'un abcès situé dans la gaîne de ce muscle. Sans doute la situation de la tumeur survenant après traumatisme, avec fièvre modérée, devait faire penser à une affection locale. Sur un malade quelconque l'erreur n'eût certes pas été commise ; mais dans ce cas les commémoratifs, souvent si utiles au diagnostic des abcès du foie, ont induit en erreur et éveillé l'hypothèse d'une hépatite par dysenLérie et paludisme.
Aussi bien, une telle méprise n'est guère préjudiciable puisque dans les deux cas l'indication opératoire est identique. On se basera sur l'évolution lente de la tumeur, sans réaction générale, consécutive à un traumatisme, sur sa forme allongée verticale, sou siège exact, sa mobilité transversale souvent peu apparente, son indépendance des mouvements du foie pendant la reàpiration : tels sont les signes de l'abcès du grand droit.
La contracture de la paroi abdominale limitée au ventre supérieur du muscle droit, a peu de valeur : on la retrouve dans toute affection douloureuse du foie comm j dans un phlegmon de la r,;gion . Elle est en rapport plutôt avec la douleur qu'avec la suppuration, car elle manque
souvent dans les abcès centraux (Budd) ; pourtant T-wining en faisait un bon indice de la présence du pus (l).
On peut encore faire dans la tumeur une ponction que Sachs appelle akidopeir astique, et dont il attribue Tidée première à Middeldorpf (2). On enfonce en un point suspect une longue aiguill e et l'on s'arrête quand on suppose être dans le foyer. Alors de deux choses l'une: ou bien le bout externe de l'instrument bascule et fait des mouvements de pendule ; c'est que l'aiguille est dans un abcès du foie, et, comme cet organe adhérent à la paroi abdominale suit les mouvements respiratoires, l'aiguille monte et descend avec le foie; ou bien le bout externe de l'iastrument reste "immobile; c'est que l'aiguille est entrée dans un foyer de la paroi ; le muscle voisin ou siège de l'abcès ne se contracte pas, et l'instrument qui s'y trouve ne bouge pas davantage (Francoz).
H. — Pancréatite aiguë .
Cette maladie rare et partant peu connue a été confondue avec l'hépatite suppurée du lobe gauche ou du lobe de Spigel.
Dans un cas de Riboli (1837) une femme se plaignait de troubles digestifs, avec amaigrissement et sueurs nocturnes; l'épig.astre était tel qu'on pensait à une hépatite du lobe gauche : à l'autopsie, on trouva une pancréatite sujjpurée. Tommasini avait, paraît-il, soupçonné une affection du pancréas, en se basant sur la fièvre continue, les vomissements de liquides salivaires, les douleurs profondes, la teinte subictérique, les déjections muqueuses et blanchâtres, la stéarrhée et l'amaigrissement (3).