Henderson. Lancet, 1883, &. IT, p
PE 7e Ta normal après une série de ponctions faites à la recherche d’un abcès qu'on ne trouva pas (1).
Mais celte aiguille exploratrice, comment l’enfoncer ? Perpendiculairement aux côtes, si l’on fouille l'organe dans sa portion thoracique ; obliquement en haut et en arrière, si l’on sonde dans sa portion abdominale un foie qui déborde assez peu les fausses côtes. Ponctionner d’abord à une petite profondeur et aspirer doucement; si dans le corps de la seringue le pus ne monte pas ou ne coule point dans le récipient de l’appareil Potain, pénétrer lentement plus loin jusqu’au foyer de l’abcès. L’aiguille qui entre dans une colleciion hépatique, où le pus est épais, ne donne pas celte sensation netle de cavité que l’on perçoit à la ponclion d’un épanchement pleural par exemple.
Le contenu d’un abcès du foie est très variable d'aspect, de couleur, de nature et d'éléments constituants. Tantôt c'est un pus louable, d’abcès chaud, gluaut, blanc ou jaunâtre, ou bien jaune-verdâtre s’il est coloré par la bile (2). Ce pus, couleur de bile, ne s’observe pas seulement dans les abcès biliaires ; ainsi Sachs sur 16 grands abcès du foie constata 8 fois la coloration d'origine biliaire du contenu (3). D’autres fois c’est une bouillie grumeleuse, épaisse, brun-rougeâtre, de couleur lie-de-vin ou chocolat, teintée du sang épanché dans le foyer, ou encore de coloration jaune-ocre. Renvers trouva dans un cas une sérosité jaune, crémeuse, d’odeur douceâtre, dont la couleur était due à d'innombrables petits cristaux rhombiques de bilirubine (4). En somme, cette couleur variable du pus dépend de la proportion de globules sanguins et de cellules hépatiques qu’il renferme. En général inodore, il a souvent une odeur fade, mais le
. Atsch. Lancet, 1889, I, 43,
. Zehnder. Munchen. medicinische Wochenschrift, 1890, p. 32 2. . Sachs. Archiv für Klin. Chirurgie, 1876.
. Renvers. Berliner Klin. Hochens., 1890, p.165.
ss
En CICR
simple voisinage de l'intestin lui pourra communiquer sa fétididé : c’est le cas de Justi où le pus sans aucun gaz élait très puant (1). Quelquefois une ouverture accidentelle par les bronches ou l'intestin y développe des gaz et le rend infect (Arnaud) (2), (Kreig) (3) ; ce sont les faits de Sistach où la poche ponctionnée donne du pus mêlé de gaz (4) et de Fraenkel où le pus fétide contenait de nombreuses bactéries (5). Dans l'observation d’Eon (Thèse de Paris, 1847) un abcès fournit un pus sanieux, mêlé de gaz d’odeur stercorale et gangréneuse: à lautopsie c’élait une collection du lobe droit communiquant avec le colon transverse.
L'examen du pus éclaire vivement la question du diagnoslic et du pronostic. Bruen a dans un cas reconnu l’origine du pus à la forme des cellules hépatiques (6) et Fenwick a montré que la présence de ces cellules nombreuses etintactes prouve une désagrégation rapide du tissu hépatique; que si au contraire, ces cellules sont absentes ou en voie de désintégration, c’est un signe de résolution de l’abcès, etle pronostic est plus favorable. Mais quand l’aiguille exploratrice est pelite, les fragmeuts de foie sont si minimes qu'il faut liquéfier le pus, afin de mieux déceler leur présence (7).
Outre ces fragments de cellules hépatiques, souvent déformées et infiltrées de graisse, le pus renferme de nombreux leucocytes plus ou moins altérés, des corps granuleux, des globules rouges, parfois fragmentés, des cristaux variés et des microorganismes (Arnaud). Les cristaux, dont on a vu le rôle colorant, ont été dans un
1. Justi. Deutsche Zeilschrift für Chirurgie, 1882, XVII, p. 166. 2. Arnaud. Marseille médical, 1887, p. 146.