Pimser. Wiener medicin. Wochens., 1883, p
Malgré tout il est des cas où le doute est encore permis, tant que le doigt n’est pas dans le foyer de suppuration.
B. — Pneumonie.
Après la pleurésie purulente, une affeclion toute voisine peut être simulée par l’abcès du foie: je veux parler de la pneumonie. Sa douleur, sa toux, sa matité ont pu donner le change ainsi que l'état général souvent grave au début et les phénomènes gastro-intestinaux (anorexie, vomissements, diarrhée et même ulcérations intestinales) (1). Sans doute les antécédents, le début brusque, le grand frisson, la douleur sans irradiations, l’expectoration et les signes physiques sont caractéristiques dans les cas normaux; mais l'erreur ‘fut commise plus d’une fois, et Haspel crut à une pneumonie chez un soldat qui après refroidissement fut pris de toux, fièvre vespérale avec coliques et diarrhée abondante, amaigrissement rapide, douleur au sein droit, râles crépitants et malité dans tout le côté droit. Le malade ne pouvait se coucher que sur le flanc droit, la respiration était pénible, la douleur profonde, exaspérée par la toux et les mouvements ; à l’autopsie au lieu d’une pneumonie on trouva un abcès du foie qui avait détruit presque tout le lobe droit (2). Fenwick (3), Moutard-Martin firent des erreurs analogues.
Certaines collections hépatiques présentent des signes physiques qui peuvent faire croire à une pneumonie : ce sont les abcès, ou même les kystes hydatiques, qui, situés dans la portion épaisse et supérieure du foie, s'ac-
1. Les uicérations intestinales signalées dans la pneumonie par Chomel, Grisolle, étaient assez fréquentes au temps de la méthode rasorienne.
2. Haspel, Recueil de mémoires de médec. et pharm. milit., &. 55, p. 66.